Adopter un deuxième chat : bien choisir, puis présenter les chats pas à pas

Ce que vous allez trouver12 sections
- En bref : adopter un deuxième chat
- Avant d’adopter : faut-il vraiment un deuxième chat ?
- Quel chat choisir ?
- Où adopter son deuxième chat ?
- Avant l’arrivée : la santé des deux chats
- Préparer la maison
- Présenter les chats, étape par étape
- La vie à deux chats, au quotidien
- Comment savoir si vos chats s’entendent ?
- Reconnaître les tensions
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Un deuxième chat n’est pas toujours un cadeau pour le premier. Les lignes directrices 2024 de l’association américaine des vétérinaires félins (AAFP) le disent sans détour : un chat n’a pas forcément besoin d’un compagnon, et vivre avec un chat qu’il ne supporte pas est une source fréquente de détresse. Dans une grande enquête qu’elles citent, près de neuf foyers à plusieurs chats sur dix rapportaient des signes de tension entre chats, qui commençaient le plus souvent à l’arrivée d’un nouveau chat. Si vous vous lancez, trois règles : bien choisir le nouveau venu, doubler les ressources dans la maison, et présenter les chats très progressivement, sur des semaines, parfois des mois.
En bref : adopter un deuxième chat
| La question | Ce que disent les vétérinaires félins | La source |
|---|---|---|
| Mon chat a-t-il besoin d’un compagnon ? | Pas forcément : un chat peut souffrir de vivre avec un chat qu’il ne supporte pas | AAFP, 2024 |
| Quel chat choisir ? | Deux chats apparentés ou déjà liés s’entendent plus souvent | AAFP, 2024 |
| Deux chatons ensemble ? | Idéalement encore dans leur période de socialisation (2 à 9 semaines) | AAFP, 2024 |
| La maison ? | Des ressources en plusieurs endroits, et une pièce de transition | AAFP, 2024 ; AAFP et ISFM, 2013 |
| Les bacs à litière ? | Un par chat, plus au moins un | International Cat Care |
| Combien de temps ? | Plusieurs semaines, parfois des mois | AAFP, 2024 |
| Les laisser « régler ça entre eux » ? | Non | AAFP, 2024 |
Avant d’adopter : faut-il vraiment un deuxième chat ?
Le chat n’est ni solitaire, ni dépendant des autres chats
Les lignes directrices de l’AAFP démontent deux idées reçues. Le chat n’est pas un animal solitaire : son organisation sociale est souple, et certains chats recherchent la compagnie d’autres chats, quand d’autres préfèrent vivre seuls. Mais il n’est pas non plus dépendant de ses congénères : un chat ne « s’ennuie » pas forcément seul. L’AAFP met en garde : si certains chats souffrent de vivre sans autre chat, il est plus fréquent qu’un chat souffre de vivre avec des chats avec qui il n’a pas de lien et qu’il ne tolère pas.
Un animal très attaché à son territoire
Pour comprendre comment votre chat vivra l’arrivée d’un autre, pensez territoire. Sa maison, ses lieux de sieste, ses postes d’observation, sa gamelle, son bac, et même ses humains font partie de son univers familier, balisé par ses odeurs. Un nouveau chat qui débarque au milieu de tout cela n’est pas un camarade de jeu tombé du ciel : c’est un inconnu qui sent autre chose, et qui s’installe sur ses repères. D’où l’importance, pour que la cohabitation réussisse, que chacun puisse avoir ses propres lieux et ses propres ressources, et s’isoler quand il en a besoin. Avec le temps, beaucoup de chats finissent par partager un coussin ou un perchoir, mais ce choix doit venir d’eux : même quand ils dorment souvent ensemble, laissez toujours plusieurs couchages à leur disposition.
Après la perte d’un chat
L’AAFP précise qu’il n’est pas toujours nécessaire de remplacer un chat disparu : le chat qui reste peut vivre un deuil, ou être stressé par le changement, et un nouvel arrivant ajoute un bouleversement de plus.
Les questions à se poser
L’AAFP demande d’éviter les décisions sur un coup de tête, et de penser au bien-être de chaque chat :
- tous les chats, celui qui est là et le nouveau, sont-ils en bonne santé, avec une visite vétérinaire récente ?
- la maison permet-elle de doubler les ressources et d’aménager une pièce de transition ?
- l’âge, le goût du jeu, la socialisation, la capacité d’adaptation et la santé de chacun sont-ils compatibles ?
Elle déconseille en général d’adopter un nouveau chat quand le chat déjà présent est âgé et a des problèmes de santé. Voyez notre page sur le vieux chat.
Ce qu’un deuxième chat change au quotidien
Avant de craquer pour une deuxième boule de poils, regardez aussi le côté pratique. Un deuxième chat, c’est :
- un budget presque doublé : nourriture, litière, visites chez le vétérinaire, vaccins, antiparasitaires, éventuellement une assurance, et quelques accessoires en plus, gamelles, bacs, couchages, griffoirs, parfois un deuxième arbre à chat ;
- plus de place, surtout en hauteur, pour que chacun puisse s’isoler ;
- plus de temps : deux séances de jeu, deux brossages, deux bacs à nettoyer, et l’œil sur la relation entre les deux ;
- une garde plus compliquée pendant vos absences : confier deux chats à un proche est moins simple qu’en confier un seul ;
- un engagement long : l’espérance de vie moyenne d’un chat suivi en clinique au Royaume-Uni est de 11,7 ans selon une étude de 2024 menée par le programme VetCompass, et beaucoup vivent bien plus longtemps. Votre nouveau compagnon sera là pendant de nombreuses années.
Un chat seul toute la journée : un compagnon, la bonne réponse ?
C’est la raison la plus souvent donnée : « Mon chat s’ennuie seul pendant que je travaille. » C’est parfois vrai, surtout pour un jeune chat d’appartement très joueur. Mais un deuxième chat ne résout pas l’ennui à coup sûr : si les deux ne s’entendent pas, vous aurez deux chats stressés au lieu d’un chat qui s’ennuie. Commencez par enrichir sa vie : jeux quotidiens avec vous, jouets distributeurs de croquettes, arbre à chat près d’une fenêtre, cachettes, griffoirs, courtes séances de jeu avant de partir et en rentrant. Si votre chat reste agité, pot de colle ou destructeur malgré tout, et qu’il est jeune, sociable et en bonne santé, un compagnon bien choisi peut alors lui apporter beaucoup.
Quel chat choisir ?
Deux chats de la même famille
Selon l’AAFP, les recherches montrent que des chats apparentés restent plus souvent liés, avec moins de tensions et plus de comportements amicaux. Adopter deux chats déjà liés en même temps peut donc être une bonne option :
- pour deux adultes ou deux seniors, choisissez des chats déjà liés ou apparentés ;
- pour deux chatons, l’idéal est qu’ils soient encore dans leur période de socialisation, entre 2 et 9 semaines.
Certains refuges proposent une adoption à l’essai, en famille d’accueil, qui permet de voir si deux chats peuvent s’entendre.
L’écart d’âge : chaton, adulte ou senior ?
L’AAFP cite l’âge et le goût du jeu parmi les critères de compatibilité les plus importants. Concrètement :
- Deux chatons jouent ensemble, se défoulent l’un sur l’autre et grandissent en apprenant à vivre à deux : c’est souvent la combinaison la plus simple, surtout s’ils viennent de la même portée.
- Un chaton et un jeune adulte joueur peuvent très bien s’entendre : le plus âgé trouve un partenaire de jeu, le plus jeune un modèle.
- Un chaton et un chat âgé est une combinaison plus délicate. Un chaton déborde d’énergie, saute sur tout ce qui bouge et réclame du jeu à toute heure ; un chat âgé, qui aime son calme et son confort, peut vivre cette présence comme une agression permanente. Si vous tenez à accueillir un jeune chat auprès d’un senior, préférez un adulte calme, déjà connu pour son caractère.
- Deux adultes : l’avantage, c’est qu’on connaît déjà le tempérament du nouveau venu. Demandez au refuge ou à la famille d’accueil comment il se comporte avec d’autres chats.
Plus l’écart d’âge et d’énergie est grand, plus il faut prévoir de lieux où le plus calme peut se mettre à l’abri, en hauteur ou dans une pièce où l’autre n’entre pas. Pensez aussi à l’avenir : dans dix ans, le chaton d’aujourd’hui sera un adulte dans la force de l’âge, et votre chat actuel, un senior qui aura besoin de tranquillité.
Le caractère de chacun
« Qui se ressemble s’assemble » vaut assez bien pour les chats. Un chat calme et casanier acceptera plus facilement un autre chat tranquille ; un chat très actif sera souvent ravi d’avoir un compagnon aussi turbulent que lui. Observez votre chat : comment réagit-il aux visiteurs, aux chats qu’il aperçoit par la fenêtre, aux changements dans la maison ? Un chat très craintif, très attaché à vous, ou qui se montre facilement agressif, aura sans doute plus de mal à partager son territoire. Rien n’est jamais certain : il est impossible de prédire à coup sûr la réaction d’un chat, mais ces indices aident à choisir.
Adopter deux chats en même temps
Adopter deux chats d’un coup évite qu’un chat installé voie arriver un intrus sur son territoire : les deux découvrent la maison ensemble. C’est encore plus simple s’ils se connaissent déjà. Les associations et les refuges savent souvent quels chats s’entendent bien, et proposent parfois des duos à adopter ensemble : vous évitez ainsi une séparation à deux chats déjà liés, et vous partez sur de bonnes bases. L’AAFP va dans le même sens : des chats apparentés ou déjà liés restent plus souvent proches.
Mâle ou femelle ? Deux femelles ou deux mâles ?
C’est la question que se posent le plus souvent les futurs adoptants, et la réponse de la recherche est décevante pour qui cherche une règle simple : aucune des lignes directrices consultées ne recommande une combinaison de sexes plutôt qu’une autre. Celles de l’AAFP expliquent que les groupes de chats s’organisent selon la familiarité, l’âge et les affinités entre individus, pas selon une hiérarchie rigide.
Une grande enquête américaine de 2019, auprès de près de 2 500 propriétaires de plusieurs chats, cite une étude menée dans un service vétérinaire de comportement : les mâles y étaient plus souvent à l’origine des agressions, mais celles-ci visaient aussi souvent un chat du même sexe qu’un chat du sexe opposé. Autrement dit, deux femelles ne s’entendent pas forcément mieux qu’un mâle et une femelle, ni deux mâles moins bien. Ce qui compte davantage, selon l’AAFP : que les chats soient apparentés ou déjà liés, leur âge, leur tempérament, leur goût du jeu, et leur stérilisation. Pour les différences entre mâles et femelles au quotidien, voyez notre article mâle ou femelle.
Un ou deux chats en appartement ?
La taille du logement ne décide pas de tout. Une revue systématique publiée en 2022 n’a pas trouvé de lien constant entre le nombre de chats d’un foyer et leur bien-être : les autres facteurs, sociaux et environnementaux, comptent au moins autant que le nombre de chats. Dans l’enquête de 2019, ni la taille du logement, ni un nombre suffisant de ressources ne prédisaient fortement la fréquence des conflits. Ce qui compte, rappelle l’AAFP, c’est la façon dont les ressources sont réparties, pour que chaque chat puisse manger, boire, se cacher, se percher et faire ses besoins sans croiser l’autre. Dans un appartement, cela veut dire exploiter la hauteur : étagères, arbres à chat, couchages en hauteur.
Et la stérilisation ?
Faites stériliser les deux chats. Le livret d’International Cat Care consacré au chaton rappelle que la stérilisation évite les portées non désirées et limite des comportements liés à la maturité sexuelle : un mâle non castré marque davantage avec son urine et se bat plus souvent. Voyez notre article sur la stérilisation.
Où adopter son deuxième chat ?
Les associations et les refuges accueillent de nombreux chats, adultes et chatons, et connaissent en général leur caractère, leur état de santé et leur façon de vivre avec d’autres chats : c’est précieux pour choisir un compagnon compatible. Adopter en refuge, c’est aussi libérer une place pour un autre animal. Pour un chat de race, adressez-vous à un éleveur dont les chats sont inscrits au LOOF, le livre officiel des origines félines. Méfiez-vous des petites annonces qui proposent des chatons très jeunes, sans identification ni document.
Quelques règles, rappelées par Service-Public, s’appliquent à toute cession :
- un chaton ne peut pas être cédé avant l’âge de huit semaines ;
- le chat doit être identifié, par puce ou tatouage, avant d’être cédé ;
- si vous achetez ou adoptez un chat pour la première fois, vous devez signer un certificat d’engagement et de connaissance des besoins de l’animal au moins sept jours avant de le recevoir.
Un troisième chat, et plus ?
Les mêmes règles valent, en plus exigeantes. L’enquête de 2019 citée plus haut a montré que les signes de conflit sont plus fréquents à mesure que le nombre de chats augmente. Chaque nouveau chat demande de nouvelles ressources, réparties dans la maison, et une nouvelle introduction progressive, avec chacun des chats déjà présents. Ne vous fiez pas au fait que les deux premiers s’entendent bien : l’arrivée d’un troisième peut bousculer leur équilibre.
Avant l’arrivée : la santé des deux chats
Faites examiner le nouveau venu par le vétérinaire avant de le mettre en contact avec votre chat. Les recommandations de 2020 de l’AAFP sur les rétrovirus du chat demandent de connaître le statut de chaque chat à risque vis-à-vis de la leucose féline et du virus de l’immunodéficience féline, et de le tester dès que possible après son acquisition. Un seul test ne suffit pas toujours : il faut parfois le répéter. Votre vétérinaire vous dira aussi où en sont ses vaccins et ses traitements antiparasitaires. Voyez notre article sur les vaccins du chat.
Préparer la maison
Des ressources en plusieurs endroits
L’AAFP demande d’ajouter, dans les pièces principales, des cachettes, des endroits sûrs, des perchoirs ou des arbres à chat, des bacs à litière, des points d’eau et de nourriture, et des griffoirs. Les lignes directrices de l’AAFP et de l’ISFM sur les besoins environnementaux du chat posent le même principe : des ressources séparées, pour que chaque chat puisse y accéder sans croiser les autres.
Pour la litière, International Cat Care recommande un bac par chat, plus au moins un, répartis dans la maison et pas tous au même endroit : sinon, un chat peut en bloquer l’accès à l’autre. Voyez nos guides du bac à litière et de l’arbre à chat.
Une pièce de transition
Le nouveau chat arrive d’abord dans une pièce à lui, qui ferme bien, équipée de nourriture et d’eau, d’une litière, de perchoirs à différentes hauteurs, de cachettes, d’un couchage, d’un griffoir et de jouets. Retirez ce qui pourrait être dangereux, comme les plantes ou les fils électriques.
Les phéromones
L’AAFP propose de brancher des diffuseurs de phéromones de synthèse 24 à 48 heures avant l’arrivée du nouveau chat, dans la pièce principale et dans la pièce de transition. Voyez notre guide des phéromones pour chat.
Les récompenses
Repérez à l’avance les friandises et les jeux que préfère chaque chat, le nouveau compris : ils serviront de récompenses tout au long des présentations.
La liste avant le jour J
- une pièce de transition qui ferme bien, vidée de ce qui est dangereux ;
- dans cette pièce : gamelles, eau, bac à litière, couchage, cachette, griffoir, perchoir, jouets ;
- dans le reste de la maison : un bac de plus, des gamelles, des perchoirs et des cachettes répartis dans plusieurs pièces ;
- une caisse de transport couverte pour le trajet ;
- les friandises et les jouets préférés de chaque chat ;
- un rendez-vous chez le vétérinaire pour le nouveau venu ;
- des diffuseurs de phéromones branchés un ou deux jours avant, si vous choisissez d’en utiliser ;
- et du temps : évitez d’accueillir un nouveau chat juste avant de partir en vacances, pendant un déménagement ou une période chargée.
Présenter les chats, étape par étape
L’AAFP décrit une introduction en plusieurs étapes. Elle prévient : cela peut prendre plusieurs semaines, voire des mois. Et si une tension apparaît à un moment, revenez à l’étape précédente : avancer malgré les signes de tension peut installer une tension durable.
- L’arrivée. Amenez le nouveau chat dans sa caisse couverte, directement dans la pièce de transition, fermez la porte et ouvrez la caisse. Laissez-le sortir quand il le veut.
- L’échange d’odeurs. Quand tous les chats sont détendus, en général après quelques jours, échangez chaque jour des tissus portant l’odeur de chacun, comme un morceau de couchage, entre la pièce de transition et le reste de la maison. Continuez jusqu’à ce qu’aucun chat ne réagisse mal à l’odeur de l’autre.
- Les joues. Si tout va bien, frottez un tissu sur les joues et le menton de chaque chat, là où se trouvent ses glandes à odeur, et déposez-le près de l’autre.
- Le jeu de part et d’autre de la porte. Attachez deux jouets aux deux bouts d’une ficelle passée sous la porte fermée, un de chaque côté, et faites jouer les chats en même temps, 5 à 20 minutes, en arrêtant avant qu’ils se lassent. Si l’un souffle ou grogne à la porte, ne le grondez pas : éloignez les chats de la porte.
- L’exploration. Quand le nouveau chat est installé, enfermez le premier dans une autre pièce et laissez le nouveau explorer la maison, puis inversez.
- Se voir. Commencez par de courtes séances où les chats se voient sans pouvoir se toucher, derrière une porte vitrée ou une barrière haute, en surveillant leur langage corporel.
- Se rapprocher. Enfin, sous surveillance, laissez-les être proches, l’un en harnais ou dans une caisse partiellement couverte, en ayant sous la main une couverture ou un carton pour couper le contact visuel si la tension monte. Allongez peu à peu ces moments.
N’essayez jamais de caresser ou de porter un chat qui souffle, grogne, fouette de la queue ou marque : il peut rediriger sa frustration sur la personne la plus proche.
Comment faire accepter un chaton à un chat adulte ?
La méthode est la même que pour deux adultes, avec quelques précautions. Le chaton, curieux et sans gêne, voudra aller vers le grand trop vite : c’est pourquoi la pièce de transition est aussi utile pour lui. Donnez au chat adulte des lieux où le chaton ne peut pas le suivre, en hauteur ou derrière une chatière, et jouez beaucoup avec le chaton pour qu’il dépense son énergie ailleurs que sur son aîné. Un chat adulte qui souffle ou donne un coup de patte sans griffes pose ses limites : c’est normal. S’il poursuit le chaton, le coince ou le blesse, revenez à l’étape précédente.
Ne pas oublier le premier chat
Pendant que tout le monde s’extasie sur le nouveau venu, le premier chat voit sa vie bouleversée. Gardez ses habitudes : mêmes heures de repas, mêmes lieux de sieste, même temps de jeu et de câlins avec vous. Il doit associer l’arrivée de l’autre à de bonnes choses, friandises, jeux, attention, et non à la perte de ce qu’il avait. Évitez de déplacer son bac, sa gamelle ou son couchage préféré pour faire de la place au nouveau.
La vie à deux chats, au quotidien
Les repas
Donnez à chacun sa gamelle, dans des endroits séparés, pour qu’aucun ne mange sous le regard de l’autre. Si l’un est un chaton, il a besoin d’une alimentation adaptée à sa croissance : nourrissez-le à part, pour que l’adulte ne finisse pas sa ration. Si l’un des chats suit un régime prescrit par le vétérinaire, une gamelle qui ne s’ouvre qu’en lisant la puce du bon chat peut aider. Les recommandations de 2018 de l’AAFP sur l’alimentation soulignent d’ailleurs que des chats qui mangent côte à côte gagnent souvent à avoir des coins repas séparés : dans un foyer à plusieurs chats, elles conseillent des postes de repas assez éloignés, hors de vue les uns des autres, en profitant aussi de la hauteur, pour réduire le stress.
Le jeu
Jouez avec chaque chat, et avec les deux quand ils sont prêts : deux cannes à pêche, une dans chaque main, à bonne distance, pour que personne ne se sente en compétition pour le même jouet. Le jeu relâche les tensions et crée de bons moments partagés. Si l’un se met à l’écart dès que l’autre joue, prévoyez aussi des séances seul à seul.
La chatière et les chats du voisinage
Un chat du voisinage qui entre dans la maison, ou qui se montre derrière la vitre, peut faire monter la tension entre vos propres chats : l’AAFP cite les chats extérieurs parmi les menaces pour le groupe. Une chatière qui ne s’ouvre qu’à la puce de vos chats garde les intrus dehors.
Les absences
Pour les vacances, deux chats restent en général plus sereins chez eux, avec un voisin, un proche ou un gardien qui passe chaque jour, que dans un lieu inconnu. Si vous devez les confier en pension, demandez s’ils peuvent partager un espace, seulement s’ils s’entendent vraiment bien.
Comment savoir si vos chats s’entendent ?
Les signes d’une bonne relation
Selon l’AAFP, des chats liés dorment souvent blottis ou enroulés l’un contre l’autre, se toilettent mutuellement, se frottent l’un contre l’autre et se touchent le nez. Plus ces comportements sont fréquents, plus la relation est solide ; leur absence peut au contraire signaler une tension. Dans l’enquête américaine de 2019, les comportements amicaux étaient plus fréquents que les conflits : dormir dans la même pièce venait en tête, puis la toilette mutuelle, dormir en se touchant et se toucher le nez, et un contact physique entre chats était observé au moins une fois par jour dans environ la moitié des foyers.
Jeu ou bagarre ?
Courses-poursuites, lutte, morsures sans gravité : ces gestes se voient dans le jeu comme dans la bagarre, et l’AAFP reconnaît que la différence n’est pas toujours facile à faire. Ses repères :
- deux chats qui luttent sans vocaliser sont très probablement en train de jouer ;
- une poursuite à sens unique, avec des vocalisations, des pauses immobiles et peu de contact prolongé, n’est probablement pas un jeu : un chat traite alors l’autre comme une proie ou un jouet ;
- des chats qui se battent montrent rarement des comportements amicaux le reste du temps.
Des vidéos de leurs interactions aident beaucoup votre vétérinaire à faire la différence.
Combien de temps faut-il ?
L’AAFP parle de plusieurs semaines, parfois de plusieurs mois. Dans l’enquête de 2019, 73,3 % des propriétaires avaient remarqué des signes de conflit dès les premières présentations, et la qualité de la relation entre les chats était liée à l’impression laissée par ces débuts. C’est une raison de plus pour prendre son temps : une introduction ratée laisse des traces, une introduction patiente pose de bonnes bases.
Quand peut-on les laisser seuls ensemble ?
Seulement quand ils passent de longs moments ensemble, sous vos yeux, sans aucun signe de tension : ni regard fixe, ni passage bloqué, ni poursuite à sens unique. Au début, quand vous partez, remettez le nouveau dans sa pièce ; puis laissez-les ensemble pour de courtes absences, en gardant partout des lieux où chacun peut se mettre à l’abri. Certains duos n’en arrivent jamais au câlin : deux chats qui s’ignorent paisiblement, chacun avec ses lieux, vivent aussi très bien ensemble.
Deux chats qui s’ignorent : un échec ?
Pas du tout. Beaucoup de propriétaires rêvent de deux chats lovés dans le même panier, mais une cohabitation réussie, c’est d’abord une cohabitation sans stress. Deux chats qui se croisent sans se regarder de travers, mangent chacun à leur place et dorment chacun dans leur coin ont trouvé leur équilibre. Ce qui doit alerter, ce n’est pas l’absence de câlins, ce sont les signes de tension décrits plus bas.
Reconnaître les tensions
L’AAFP explique que la plupart des signes de tension sont discrets : un chat qui en fixe un autre du regard, ou qui lui bloque le passage dans un couloir ou devant le bac. D’autres sont plus visibles : souffler, feuler, donner des coups de patte, se battre. La tension peut aussi se voir à un toilettage excessif, à des griffades ou à des marquages urinaires, ou à des besoins faits hors du bac. Dans ce dernier cas, International Cat Care conseille de consulter d’abord le vétérinaire, pour écarter une cause médicale.
Ni « dominance », ni punition
L’AAFP rappelle qu’il n’existe pas de preuve que les tensions entre chats viennent d’une lutte pour la dominance. Elles viennent le plus souvent d’une compétition pour les ressources, ou de ce qui menace le groupe : un nouveau chat, un chat du voisinage, une douleur, une maladie. Elle demande de ne pas laisser les chats « régler ça entre eux », de ne pas les forcer à s’entendre, et de ne jamais punir un chat qui menace l’autre.
Les signes les plus fréquents
L’enquête de 2019 donne une idée de ce que l’on voit dans les foyers : le regard fixe est le signe de conflit le plus courant, observé au moins une fois par jour dans 44,9 % des foyers, suivi des poursuites, de la traque, de la fuite, des mouvements de queue, des feulements et des cris. Plus il y a de chats dans la maison, plus ces signes sont fréquents. L’AAFP estime que les tensions touchent, selon les enquêtes, de 62,2 à 87,7 % des foyers à plusieurs chats.
Séparer deux chats qui se battent
Ne vous interposez jamais à mains nues entre deux chats qui se battent : vous risquez une morsure ou une griffure sérieuse. Faites un bruit fort, frappez dans vos mains, ou glissez un coussin, une couverture ou un grand carton entre eux. Une fois séparés, laissez chacun se calmer dans une pièce à part, plusieurs heures si besoin, avant de les remettre progressivement en présence.
Quand un chat revient du vétérinaire
Il arrive qu’un chat qui rentre de chez le vétérinaire, ou d’une hospitalisation, soit accueilli par des feulements par son compagnon, même après des années de bonne entente : il porte des odeurs inconnues, et l’autre ne le reconnaît plus tout à fait. Laissez-le quelques heures dans une pièce à part, frottez-le avec un tissu imprégné de l’odeur de la maison, et remettez-les en présence doucement. En général, tout rentre dans l’ordre rapidement ; si ce n’est pas le cas, reprenez les étapes de présentation.
Les phéromones d’apaisement
Un essai contrôlé de 2019, mené auprès de 45 foyers où des chats s’agressaient, a comparé un diffuseur de phéromone d’apaisement à un placebo pendant quatre semaines, en plus de conseils de comportement. Les agressions diminuaient dans les deux groupes, un peu plus avec le diffuseur, avec une différence juste au seuil de signification. Les auteurs parlent d’un traitement prometteur, à confirmer : c’est une aide, pas une solution à elle seule.
Si la tension persiste
Revoyez d’abord la répartition des ressources, et parlez-en au vétérinaire, qui peut vous orienter vers un vétérinaire comportementaliste. L’AAFP reconnaît que, dans certains cas, les chats ne peuvent pas continuer à vivre ensemble ; confier alors l’un d’eux à un nouveau foyer est la solution la plus respectueuse. Voyez aussi notre page sur le chat agressif.
Les erreurs fréquentes
- Adopter un deuxième chat sur un coup de tête.
- Mettre les deux chats ensemble dès le premier jour.
- Partager un seul bac, une seule gamelle, un seul griffoir.
- Avancer malgré les signes de tension.
- Punir un chat qui souffle ou menace l’autre.
- Croire que les chats « régleront ça entre eux ».
- Choisir un chaton débordant d’énergie pour tenir compagnie à un chat âgé et fatigué.
- Délaisser le premier chat au profit du nouveau venu.
- Nourrir les deux chats côte à côte, dans la même pièce.
- S’interposer à mains nues entre deux chats qui se battent.
Questions fréquentes
Mon chat a-t-il besoin d’un compagnon ?
Pas forcément. Les lignes directrices 2024 de l’AAFP rappellent qu’un chat ne dépend pas de ses congénères, et qu’il est plus fréquent qu’un chat souffre de vivre avec un chat qu’il ne supporte pas que de vivre seul.
Combien de temps faut-il pour que deux chats s’acceptent ?
Plusieurs semaines, parfois des mois, selon l’AAFP. Revenez à l’étape précédente dès qu’une tension apparaît.
Vaut-il mieux adopter deux chatons de la même portée ?
Des chats apparentés restent plus souvent liés, selon les recherches citées par l’AAFP. Pour deux chatons, l’idéal est qu’ils soient encore dans leur période de socialisation, entre 2 et 9 semaines.
Combien de bacs à litière pour deux chats ?
Au moins trois, selon International Cat Care : un par chat, plus au moins un, répartis dans la maison.
Faut-il prendre un mâle ou une femelle comme deuxième chat ?
Aucune recommandation vétérinaire ne privilégie une combinaison de sexes. Les agressions visent aussi souvent un chat du même sexe qu’un chat du sexe opposé, selon une étude citée en 2019. Le lien de parenté, l’âge, le tempérament et la stérilisation comptent davantage.
Deux chattes peuvent-elles cohabiter ?
Oui, autant que d’autres combinaisons : rien n’indique que deux femelles s’entendent moins bien. Stérilisez-les, doublez les ressources et présentez-les progressivement.
Comment savoir si deux chats s’entendent ?
Selon l’AAFP, des chats liés dorment blottis, se toilettent mutuellement, se frottent l’un contre l’autre et se touchent le nez. Un regard fixe, un passage bloqué ou des poursuites à sens unique signalent une tension.
Comment faire accepter un chaton à mon chat adulte ?
Suivez les mêmes étapes que pour deux adultes, en donnant au grand des lieux où le chaton ne peut pas le suivre, et en jouant beaucoup avec le chaton pour qu’il dépense son énergie. Un adulte qui souffle pose ses limites ; s’il poursuit ou coince le chaton, revenez à l’étape précédente.
Mon chat crache sur le nouveau chat : est-ce normal ?
Oui, surtout au début : souffler et feuler sont des signaux de mise à distance. Ne le grondez pas, éloignez les chats et revenez à l’étape précédente. Ce qui doit inquiéter, c’est une tension qui dure ou s’aggrave au fil des semaines.
Faut-il deux gamelles et deux arbres à chat ?
Deux gamelles, oui, dans des endroits séparés. Pour l’arbre à chat, l’important est que chacun puisse se percher sans croiser l’autre : un grand arbre avec plusieurs plateformes peut suffire, mais plusieurs perchoirs répartis dans la maison, c’est mieux.
Où adopter un deuxième chat ?
En association ou en refuge, qui connaissent le caractère de leurs chats et leur façon de vivre avec d’autres chats, ou chez un éleveur inscrit au LOOF pour un chat de race. Un chaton ne peut pas être cédé avant huit semaines, et il doit être identifié.
Mon premier chat est triste depuis l’arrivée du nouveau : que faire ?
Gardez ses habitudes, ses lieux et son temps de jeu avec vous, et ralentissez les présentations. S’il mange moins, se cache beaucoup ou fait ses besoins hors du bac, consultez le vétérinaire.
Deux chats qui s’ignorent, est-ce grave ?
Non. Une cohabitation réussie, c’est d’abord une cohabitation sans stress : deux chats qui mangent et dorment chacun dans leur coin, sans se menacer, ont trouvé leur équilibre. Ce qui doit alerter, ce sont les signes de tension, pas l’absence de câlins.
Que faire si mes chats se battent ?
Séparez-les sans les toucher, par exemple avec une couverture ou un carton, reprenez l’introduction à une étape antérieure, et parlez-en au vétérinaire. Ne punissez jamais un chat : l’AAFP le déconseille.
Sources (12)
- Rodan et al., 2024 AAFP intercat tension guidelines: recognition, prevention and management, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2024 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- Ellis et al., AAFP and ISFM Feline Environmental Needs Guidelines, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2013 (PDF) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Choosing a litter tray for your cat (nouvel onglet)
- International Cat Care — Soiling indoors (nouvel onglet)
- International Cat Care — Kitten booklet, 2024 (PDF) (nouvel onglet)
- Elzerman et al., Conflict and affiliative behavior frequency between cats in multi-cat households: a survey-based study, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2019 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- Finka et Foreman-Worsley, Are multi-cat homes more stressful? A critical review of the evidence associated with cat group size and wellbeing, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2022 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- DePorter et al., Evaluation of the efficacy of an appeasing pheromone diffuser product vs placebo for management of feline aggression in multi-cat households, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2019 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- Little et al., 2020 AAFP Feline Retrovirus Testing and Management Guidelines, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2020 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- Service-Public — Avoir un chien ou un chat : quelles sont les règles ? (F34877) (nouvel onglet)
- Teng et al., Life tables of annual life expectancy and risk factors for mortality in cats in the UK, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2024 (PMC) (nouvel onglet)
- Sadek et al., Feline feeding programs: addressing behavioural needs to improve feline health and wellbeing, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2018 (PMC) (nouvel onglet)
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