Punir un chat : pourquoi ça ne marche pas, et que faire à la place

Ce que vous allez trouver13 sections
- En bref : punir ou récompenser ?
- Pourquoi la punition ne marche pas
- Les « punitions » à bannir
- Ce que montrent les études
- Ce que dit la loi
- Ce qui marche : récompenser
- Corriger son chat sans le punir : la méthode
- Bêtise par bêtise : que faire à la place
- Comment punir un chat qui attaque ?
- Comment gronder un chaton ?
- Quand le comportement change
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Punir un chat ne marche pas, et les vétérinaires félins le déconseillent sans ambiguïté. Les lignes directrices de 2021 des associations vétérinaires américaines AAHA et AAFP sont nettes : crier, faire sursauter le chat, l’arroser d’eau ou le punir physiquement ne sert qu’à lui faire peur, et peut le pousser à fuir ou à se défendre en attaquant. Le priver de nourriture n’est jamais acceptable, et la punition abîme le lien entre vous. Ce qui fonctionne, c’est l’inverse : récompenser ce que vous voulez voir, et comprendre pourquoi il fait ce qui vous dérange. Une griffade, un pipi à côté ou une morsure ont presque toujours une cause, parfois médicale.
Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.
En bref : punir ou récompenser ?
| La question | La réponse | La source |
|---|---|---|
| Faut-il punir un chat ? | Non | AAHA et AAFP, 2021 |
| Que produit la punition ? | La peur, la fuite ou l’agression, et un lien abîmé | AAHA et AAFP, 2021 ; FelineVMA |
| Le vaporisateur d’eau ? | À proscrire, comme crier ou faire sursauter | AAHA et AAFP, 2021 |
| Le priver de nourriture ? | Jamais | AAHA et AAFP, 2021 |
| Punir un pipi à côté ? | Jamais | AAFP et ISFM, 2013 |
| Que faire à la place ? | Récompenser le bon comportement, chercher la cause | FelineVMA ; Cats Protection |
| Punir un chat qui attaque ? | Non : s’immobiliser, se retirer, rediriger vers un jouet | Cats Protection |
| Gronder un chaton qui mord ? | Non : ses dents ne doivent jamais viser les mains, dès le début | International Cat Care |
| Ce que montrent les études ? | Plus de punition va avec plus de problèmes et d’agressivité | Grigg et Kogan, 2019 ; O’Hanley et al., 2021 |
| Maltraiter un chat, que risque-t-on ? | Une contravention, ou un délit pour des sévices graves | Code pénal, R654-1 et 521-1 |
Pourquoi la punition ne marche pas
Elle fait peur
Les lignes directrices AAHA et AAFP de 2021 sur les étapes de la vie du chat consacrent un paragraphe entier à la punition, et il commence ainsi : les chats ne doivent pas être punis. Crier, faire sursauter le chat, l’arroser ou le punir physiquement ne fait que l’effrayer, et peut le conduire à s’enfuir ou à réagir de façon agressive. Le collier électrique ne doit jamais être utilisé. Retirer une ressource, comme la nourriture, n’est jamais approprié non plus. Et la punition altère le lien entre l’humain et l’animal.
Elle bloque l’apprentissage
L’association vétérinaire féline américaine, la FelineVMA, anciennement AAFP, explique pourquoi dans le glossaire de sa boîte à outils sur l’éducation positive. Elle appelle « aversifs » les événements ou gestes qui provoquent chez le chat des émotions de protection : peur, anxiété, douleur, frustration. Ces émotions freinent l’apprentissage et abîment la relation entre l’humain et le chat, et leur usage est déconseillé. Quand elles dépassent ce que le chat peut supporter, il ne peut plus apprendre ; on le voit à son corps : il se tapit, ses poils se hérissent, ses oreilles se couchent, ses pupilles se dilatent. Et si elles durent, elles nuisent à son bien-être.
Elle rate sa cible
Un chat qui griffe, fait pipi à côté ou mord ne vous « provoque » pas. La FelineVMA décrit la griffade comme un comportement propre à l’espèce, qui sert à entretenir les griffes et à marquer son territoire par l’odeur et par la vue. Un pipi hors du bac peut venir d’un bac sale, mal placé, d’une peur, ou d’une maladie, rappelle International Cat Care. Et une morsure pendant le jeu vient souvent d’un instinct de chasse mal dirigé, explique Cats Protection. Punir ne traite aucune de ces causes : le besoin reste là, et le chat a désormais peur de vous en plus.
Les « punitions » à bannir
Voici les gestes que les vétérinaires félins déconseillent, et ce qu’ils provoquent :
- Crier : l’AAHA et l’AAFP citent le fait de crier parmi les punitions qui ne font qu’effrayer le chat.
- Le faire sursauter, avec un bruit fort ou un objet jeté : même effet.
- L’arroser d’eau, au vaporisateur ou au pistolet à eau : cité nommément par les mêmes lignes directrices.
- Le frapper, ou toute punition physique : peur, fuite, agression.
- Le collier électrique : à ne jamais utiliser.
- Le priver de nourriture ou d’une autre ressource : jamais approprié.
- Frotter son nez dans ses besoins : les lignes directrices AAFP et ISFM de 2013 sur les besoins du chat précisent que le marquage et l’élimination hors du bac ne doivent jamais être punis.
- Crier quand il vous mord : Cats Protection rappelle que les mouvements brusques et les bruits forts rendent le chat encore plus effrayé, stressé ou excité, et plus enclin à mordre de nouveau.
Ce que montrent les études
Les vétérinaires ne s’appuient pas seulement sur des principes. Plusieurs études ont regardé ce qui se passe, en pratique, chez les propriétaires qui punissent leur chat.
Une enquête auprès de 547 propriétaires
En 2019, Emma Grigg et Lori Kogan ont publié une enquête en ligne, anonyme, menée auprès de 547 propriétaires de chats vivant aux États-Unis. L’enquête leur demandait, entre autres, comment ils réagissaient quand leur chat faisait une bêtise. Les réponses :
| Réaction déclarée | Part des propriétaires |
|---|---|
| Rediriger le chat vers autre chose | 90,3 % |
| Faire un bruit fort, par exemple en tapant dans les mains | 85,2 % |
| Crier | 77,0 % |
| L’arroser d’eau | 51,4 % |
| Le frapper ou lui donner un coup de pied | 10,9 % |
La punition est donc très répandue, y compris chez des propriétaires bien intentionnés. Or l’enquête trouve un lien net : plus un propriétaire a recours à la punition, plus il signale de problèmes de comportement. À l’inverse, les propriétaires qui connaissaient le mieux les besoins des chats punissaient moins, signalaient moins de problèmes, et toléraient mieux ceux qui restaient.
L’étude reste prudente : c’est une corrélation, qui ne dit pas si la punition cause les problèmes, ou si ce sont les problèmes qui poussent à punir. Mais un autre résultat éclaire le mécanisme : les propriétaires d’accord avec l’idée que les chats font souvent des bêtises, comme uriner hors du bac, « pour se venger » de leur maître, avaient davantage tendance à punir. Autrement dit, une idée fausse sur le chat va de pair avec la punition.
Punition et agressivité
Une étude publiée en 2021 dans Applied Animal Behaviour Science a interrogé les propriétaires de 262 chats adultes, âgés de 1 à 6 ans, qui avaient tous été placés en famille d’accueil par un refuge quand ils étaient chatons. L’équipe a croisé leurs réponses avec les dossiers du refuge. Résultat :
- quand le propriétaire déclarait utiliser la punition, la probabilité que le chat se montre agressif face aux personnes, aux objets ou aux situations inconnus était plus élevé ;
- la punition allait aussi avec une probabilité plus élevée d’agression sévère envers les humains, et envers les autres animaux ;
- à l’inverse, quand le propriétaire déclarait utiliser la récompense, la probabilité d’agressivité envers lui était plus faible.
Là encore, il s’agit d’associations, pas de preuves de cause à effet. Mais elles vont toutes dans le même sens.
Ce qu’en retiennent les spécialistes
En 2023, une revue consacrée aux idées reçues sur le comportement social du chat, publiée dans The Veterinary Journal, cite ces travaux : la punition, comme les réprimandes à voix forte ou les coups, est contre-productive, parce qu’elle peut provoquer ou aggraver des problèmes comme les morsures ou les griffures. La revue y voit la preuve que le public comprend encore mal le comportement du chat, et citent justement la croyance selon laquelle le chat « se venge ».
Ce que dit la loi
En France, l’article R654-1 du code pénal punit le fait, sans nécessité, publiquement ou non, d’exercer volontairement des mauvais traitements envers un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité. C’est une contravention de la 4e classe, punie d’une amende. Le tribunal peut aussi confier l’animal à une association de protection animale. Les sévices graves et les actes de cruauté relèvent de l’article 521-1 : c’est un délit, puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, et le fait d’être le propriétaire ou le gardien de l’animal est une circonstance aggravante.
La France a aussi ratifié la convention européenne pour la protection des animaux de compagnie : une loi du 8 juillet 2003 en a autorisé la ratification, et le décret du 11 mai 2004 l’a publiée. Deux articles concernent directement l’éducation du chat :
- l’article 7 interdit de dresser un animal de compagnie d’une façon qui nuit à sa santé et à son bien-être, notamment avec des moyens qui provoquent des blessures ou des douleurs, souffrances ou angoisses inutiles ;
- l’article 10 demande d’interdire les interventions chirurgicales non curatives, et cite nommément l’ablation des griffes. Des exceptions sont prévues si un vétérinaire l’estime nécessaire pour des raisons médicales ou dans l’intérêt de l’animal. Le dégriffage n’est donc pas une réponse à un chat qui abîme le canapé.
Ce qui marche : récompenser
Le renforcement positif
La FelineVMA recommande le renforcement positif comme méthode d’éducation de premier choix. Le principe : ajouter quelque chose d’agréable, une friandise, un jeu, un contact que le chat apprécie, juste après un comportement, pour qu’il le répète. Elle décrit plusieurs façons de s’y prendre :
- saisir un comportement que le chat fait de lui-même, comme s’asseoir, et le récompenser ;
- le façonner par petites étapes, en récompensant chaque progrès jusqu’au comportement complet ;
- le guider avec une friandise ou un jouet, utile mais parfois moins efficace pour les comportements complexes ;
- choisir la bonne récompense, en proposant plusieurs friandises ou jouets et en observant celui que le chat préfère, à ce moment-là.
Le bon moment
Apprendre, pour un chat, c’est associer des événements, rappelle la FelineVMA. La récompense doit donc tomber juste après le comportement. Quand ce n’est pas possible, un signal neutre, un clic, un mot ou un geste, associé d’abord à une friandise, permet de « marquer » l’instant exact. C’est le principe du clicker. Cats Protection prévient que cet apprentissage peut prendre de quelques jours à quelques mois, et demande d’être patient et de ne jamais punir le chat quand il se trompe ; si vous vous sentez agacé, faites une pause. Voyez notre page pour dresser un chat.
Ce qu’un chat peut apprendre
Les lignes directrices AAHA et AAFP notent que les chatons, et même les chats plus âgés, peuvent apprendre beaucoup de choses grâce à un renforcement positif bien synchronisé : venir quand on les appelle, entrer dans leur caisse de transport, monter sur un petit tapis pour l’examen vétérinaire, et même accepter le brossage, la coupe des griffes, les soins d’oreilles ou la prise de médicaments. Autant de situations où la contrainte, et donc la punition, deviennent inutiles.
Corriger son chat sans le punir : la méthode
« Corriger » son chat, ce n’est pas le punir : c’est changer ce qu’il fait. Les recommandations des vétérinaires et des associations se résument en quatre temps.
1. Répondre au besoin avant qu’il ne déborde
La plupart des « bêtises » sont des comportements normaux au mauvais endroit : griffer, chasser, grimper, se cacher. Cats Protection conseille de donner au chat un accès facile à tout ce dont il a besoin, nourriture, eau, litière, griffoir et cachettes, sans devoir le partager avec d’autres chats. Ajoutez des jouets en quantité : cannes à pêche, jouets à « bourrer » de coups de pattes, jouets à l’herbe à chat, balles de ping-pong, et distributeurs de nourriture qui l’obligent à « chasser » ses repas. L’association le dit clairement : pour éviter qu’il ne reporte sur vous son instinct de chasse, donnez-lui assez de jouets adaptés.
2. Rediriger vers une alternative
Quand le chat fait ce qui vous gêne, proposez-lui tout de suite une alternative acceptable : un jouet à la place de votre main, un griffoir à côté du canapé. C’est d’ailleurs la réaction la plus courante chez les propriétaires interrogés par Grigg et Kogan, citée par neuf sur dix. International Cat Care insiste sur le moment : il faut être prêt à orienter le chat vers un jouet avant qu’il ne s’en prenne aux mains ou aux pieds, surtout quand il est en pleine énergie.
3. Récompenser le bon choix
Quand il utilise l’alternative, récompensez-le aussitôt, avec une friandise, un jeu ou une caresse qu’il aime. C’est le renforcement positif, que la FelineVMA recommande en premier choix. Avec le temps, le bon comportement devient plus intéressant que l’ancien.
4. Se retirer quand ça dérape
Si le chat est trop excité, ou effrayé, n’insistez pas. Cats Protection conseille de lui laisser l’espace et le temps de se calmer, en lui permettant de partir et de se cacher s’il le veut. Si les morsures continuent pendant le jeu, laissez-le seul un moment. Ce n’est pas une punition : c’est lui laisser redescendre.
Bêtise par bêtise : que faire à la place
Il griffe les meubles
La griffade est un besoin, pas une bêtise. Les lignes directrices AAFP et ISFM demandent de laisser chaque chat marquer, en griffant et en se frottant, les endroits où se trouvent ses ressources. La FelineVMA précise que ses préférences varient selon la matière, corde ou carton par exemple, et l’orientation, verticale, horizontale ou inclinée, et peuvent changer avec l’âge. Proposez donc un griffoir qui lui plaît, là où il griffe aujourd’hui, et récompensez-le quand il s’en sert. Voyez notre guide du griffoir.
Il fait pipi à côté de sa litière
Ne le punissez jamais : les lignes directrices AAFP et ISFM sont formelles. International Cat Care liste les causes les plus fréquentes :
- un bac sale, ou une litière parfumée qui gêne son odorat ;
- un bac mal placé, dans un passage, ou près de sa gamelle ;
- pas assez de bacs : la règle générale est un bac par chat, plus un ;
- une mauvaise expérience dans le bac, par exemple un médicament donné à ce moment-là ;
- une maladie, comme une cystite, la diarrhée, le diabète ou l’hyperthyroïdie ;
- une peur, souvent liée à d’autres chats.
Si le problème persiste, International Cat Care conseille de contacter votre vétérinaire. Voyez nos pages sur le chat qui fait pipi partout et sur l’odeur d’urine.
Il mord ou attaque vos mains
Cats Protection explique qu’un chat qui mord pendant le jeu ou les caresses est souvent surexcité, et reporte sur vous son instinct de chasse. Cela arrive notamment aux chatons qu’on a encouragés à jouer avec les doigts et les pieds : ils continuent adultes, avec des dents et des griffes plus pointues. Que faire :
- jouez avec des jouets, canne à pêche, jouet à « bourrer » de coups de pattes, balle, plutôt qu’avec vos mains ;
- évitez de réagir par des gestes brusques ou des cris, qui l’excitent ou l’effraient davantage ;
- repérez les signes de peur ou de surexcitation, et arrêtez avant la morsure ;
- laissez-le tranquille s’il est effrayé : la plupart des chats préfèrent qu’on les laisse seuls.
Voyez nos pages sur le chat qui mord et les jeux et jouets.
Il est agressif
Cats Protection rappelle qu’un chat effrayé préfère en général fuir et se cacher ; il n’attaque qu’en dernier recours, s’il se sent pris au piège, et montre d’abord des signes : feulement, corps plaqué au sol, oreilles aplaties, yeux écarquillés, dos rond. Face à un chat agressif, le premier réflexe est toujours le vétérinaire, pour écarter une cause médicale, puis, si besoin, un comportementaliste qualifié. Voyez notre page sur le chat agressif.
Comment punir un chat qui attaque ?
C’est la question que beaucoup se posent après une morsure ou une griffure. La réponse des spécialistes est la même : on ne le punit pas, parce que la punition augmente la peur ou l’excitation qui ont provoqué l’attaque. On cherche plutôt à comprendre de quel type d’attaque il s’agit, car chacune a sa solution.
Sur le moment
Cats Protection donne des consignes simples :
- ne bougez pas brusquement et ne criez pas : les mouvements soudains et les bruits forts rendent le chat encore plus effrayé, stressé ou excité, et plus enclin à mordre de nouveau ;
- laissez-lui de l’espace et du temps pour se calmer, avec la possibilité de s’éloigner et de se cacher ;
- cherchez ensuite la cause : montrait-il des signes de peur ou de stress ? Était-il surexcité par le jeu ou les caresses ?
Si ses dents ont percé la peau, Cats Protection conseille de nettoyer la plaie à l’eau tiède savonneuse, de la sécher doucement et de la couvrir d’un pansement propre, puis de consulter un médecin si elle s’infecte ou ne guérit pas.
Il vous saute sur les chevilles, ou vous enlace le bras
Le chat qui attrape votre bras ou votre jambe avec ses pattes avant, mord et donne des coups de pattes arrière reproduit un geste de chasse classique : c’est ainsi qu’il maîtrise une grosse proie, explique Cats Protection. Il détourne sur vous son instinct de chasseur, faute de proie adaptée. La réponse n’est pas de le gronder, mais de lui donner de quoi chasser : un jouet à bourrer de coups de pattes arrière, une canne à pêche, et des séances de jeu régulières.
L’association remarque aussi qu’une personne qui bouge beaucoup les doigts ou les pieds attire plus souvent les attaques qu’une personne assise, calme et immobile. Et qu’un chat attaque plus volontiers celui qui réagit fort à la morsure, car ses mouvements l’excitent davantage.
Il vous lèche, puis vous mord
Se lécher entre chats, ou lécher un humain, sert d’ordinaire à créer du lien et à partager les odeurs. Quand la morsure suit, ou précède, le chat est probablement surexcité, ou d’humeur joueuse, selon Cats Protection. Orientez son énergie vers un jouet, et s’il continue à mordre, laissez-le seul un moment pour qu’il se calme.
Il vous mord pendant les caresses
Une étude britannique publiée en 2021, menée au refuge de Battersea à Londres, a montré qu’après une courte formation à trois règles de caresse, laisser le chat choisir, surveiller ses signes de gêne et caresser les bonnes zones, les chats se montraient plus amicaux et moins agressifs avec des inconnus. Une petite étude américaine de 2022, sur trois chats de refuge, a observé que leurs morsures servaient à faire cesser les caresses. Cats Protection conseille des séances de jeu et de caresses courtes, de quelques minutes, réparties dans la journée, et de s’arrêter quand le chat commence à s’exciter. La plupart des chats n’aiment pas qu’on leur frotte le ventre, même quand ils le montrent. Le détail des trois règles est sur notre page consacrée au chat qui mord.
Il attaque parce qu’il a peur
Un chat effrayé préfère fuir et se cacher ; il n’attaque qu’en dernier recours, s’il se sent coincé. Cats Protection liste les signes qui préviennent : feulement, corps plaqué au sol, oreilles aplaties, yeux écarquillés, dos rond, queue tendue, moustaches pointées vers l’avant, poils hérissés. Dès que vous les voyez, laissez-le tranquille et offrez-lui une issue. Si l’agressivité est nouvelle, parlez-en au vétérinaire : elle peut venir d’une douleur. Un autre chat de la maison, ou un chat du voisinage qui envahit son territoire, peut aussi le stresser, et il peut alors reporter son agressivité sur vous, même si vous n’y êtes pour rien.
Comment gronder un chaton ?
Un chaton qui mordille les doigts ou attaque les pieds est attendrissant. C’est pourtant le moment de réagir, sans le gronder.
Pourquoi c’est maintenant que tout se joue
Cats Protection explique qu’un chat qui mord pendant le jeu a souvent été encouragé, chaton, à jouer avec les doigts et les orteils, pendant la période où il est le plus influençable, entre deux et sept semaines. S’il apprend que les mains et les pieds sont des jouets, il continuera à les attaquer adulte, avec des dents et des griffes bien plus pointues. International Cat Care le dit sans détour, dans son livret consacré au chaton : les mains ne sont pas des jouets. Ne laissez pas votre chaton griffer ou mordre vos mains ou vos pieds, même pour jouer : ce qui paraît amusant chez un petit fait mal, et peut blesser, chez un adulte.
Ce qu’il faut faire à la place
International Cat Care conseille :
- d’anticiper : avoir un jouet prêt, et orienter le chaton vers lui avant qu’il ne s’en prenne à vos mains, surtout quand il est très excité ;
- de préférer les cannes à pêche, qui le tiennent à distance de vos mains, les jouets à bourrer de coups de pattes, et ceux qu’on peut lancer ou faire rouler loin de soi ;
- d’occuper son énergie avec des jeux qu’il mène seul, comme les distributeurs de nourriture ou les chasses aux croquettes ;
- de ne jamais le laisser seul avec une canne à pêche munie d’une ficelle ou d’un élastique, qui pourrait s’enrouler autour de son cou ou de sa patte.
L’association met aussi en garde contre le pointeur laser : le chaton peut être frustré de ne jamais rien attraper, et le laser peut abîmer ses yeux. Voyez notre page pour adopter un chaton.
Quand le comportement change
Un chat qui se met soudain à faire ce qu’il ne faisait pas n’est pas en train de vous défier. Les lignes directrices AAHA et AAFP demandent qu’un chat âgé qui présente un comportement nouveau ou inhabituel soit examiné pour une cause médicale : un changement d’usage de la litière peut venir d’une maladie urinaire, de la constipation, du diabète, d’une douleur ou d’une faiblesse ; des miaulements la nuit, d’une baisse de la vue ou de l’ouïe, d’un déclin cognitif, d’une douleur, d’hyperthyroïdie ou d’hypertension. Et Cats Protection rappelle que la douleur peut expliquer une morsure inhabituelle.
Un chat stressé peut aussi changer de comportement. Cats Protection conseille de lui donner un accès facile à tout ce dont il a besoin, nourriture, eau, litière, griffoir, cachettes, sans devoir le partager avec d’autres chats, et d’éviter bruits forts et bouleversements. Voyez notre page sur le stress du chat.
Les erreurs fréquentes
- Croire que le chat « se venge » : il répond à un besoin, une peur ou une douleur. Dans l’enquête de Grigg et Kogan, c’est justement cette croyance qui allait avec davantage de punition.
- Crier, arroser, faire sursauter : il a peur de vous, pas de son geste.
- Punir un pipi à côté au lieu d’en chercher la cause.
- Jouer avec les mains avec un chaton, puis s’étonner qu’il morde adulte.
- Oublier de récompenser les bons comportements.
- Bouger mains et pieds devant un chat excité : ils deviennent des proies.
- Prolonger les caresses au-delà de ce que le chat accepte, au lieu de faire des pauses.
- Attendre avant de consulter quand un comportement change soudain.
Questions fréquentes
Peut-on punir un chat ?
Non. Les lignes directrices AAHA et AAFP de 2021 disent que les chats ne doivent pas être punis : crier, arroser ou frapper ne fait que les effrayer, et peut les rendre fuyants ou agressifs.
Le vaporisateur d’eau est-il une bonne méthode ?
Non. Les mêmes lignes directrices citent l’eau parmi les punitions qui ne font qu’effrayer le chat. Mieux vaut lui proposer une alternative, comme un griffoir, et récompenser son usage.
Faut-il mettre le nez du chat dans son pipi ?
Jamais. Les lignes directrices AAFP et ISFM disent que l’élimination hors du bac ne doit jamais être punie. Cherchez la cause : bac, emplacement, peur, ou maladie à faire vérifier par le vétérinaire.
Comment faire comprendre « non » à un chat ?
Plutôt que d’interdire, montrez ce qui est permis et récompensez-le, en offrant une alternative à ce qui vous gêne. La FelineVMA recommande le renforcement positif comme méthode de premier choix.
Comment punir un chat qui attaque ?
Ne le punissez pas. Cats Protection conseille de ne pas bouger brusquement ni crier, de lui laisser de l’espace pour se calmer, puis de chercher la cause : peur, surexcitation pendant le jeu ou les caresses, ou douleur si le comportement est nouveau.
Comment gronder un chaton qui mord ?
Pas en le grondant : en ne laissant jamais ses dents et ses griffes viser vos mains ou vos pieds, même pour jouer. International Cat Care conseille d’avoir toujours un jouet prêt, comme une canne à pêche, et de l’orienter vers lui avant qu’il ne s’attaque à vous.
Comment faire obéir un chat ?
Pas par la crainte : la punition ne fait que l’effrayer. Mais il apprend très bien par la récompense. Les lignes directrices AAHA et AAFP citent, parmi ce qu’un chat peut apprendre avec un renforcement positif bien synchronisé, venir quand on l’appelle ou entrer dans sa caisse de transport. Voyez notre page pour dresser un chat.
Mon chat se venge-t-il ?
Non. C’est une idée reçue, que les spécialistes du comportement félin relèvent comme une mauvaise compréhension du chat. Dans une enquête publiée en 2019, les propriétaires qui y croyaient avaient davantage tendance à punir.
Taper sur le nez d’un chat, est-ce grave ?
C’est une punition physique, que les lignes directrices AAHA et AAFP déconseillent : elle ne fait qu’effrayer le chat, et peut le pousser à fuir ou à se défendre. Une étude de 2021 associe la punition à davantage d’agressivité envers les humains.
Le dégriffage est-il une solution pour les meubles ?
Non. La convention européenne pour la protection des animaux de compagnie, ratifiée par la France, demande d’interdire l’ablation des griffes à des fins non curatives. Proposez plutôt un griffoir adapté, là où il griffe aujourd’hui.
Que risque-t-on à maltraiter un chat ?
En France, l’article R654-1 du code pénal punit les mauvais traitements volontaires envers un animal domestique d’une amende de 4e classe. Les sévices graves sont un délit, puni par l’article 521-1 de trois ans d’emprisonnement et d’une amende.
Mon chat fait des bêtises depuis peu, pourquoi ?
Un changement soudain doit faire penser à une cause médicale ou à un stress. Les vétérinaires recommandent de faire examiner un chat qui adopte un comportement nouveau.
Sources (16)
- AAHA et AAFP — 2021 Feline Life Stage Guidelines (PDF) (nouvel onglet)
- FelineVMA — Glossary of terminology used in the Positive Reinforcement Training Toolkit (nouvel onglet)
- Ellis et al., AAFP and ISFM Feline Environmental Needs Guidelines, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2013 (PDF) (nouvel onglet)
- Légifrance — Code pénal, article R654-1 (mauvais traitements envers un animal) (nouvel onglet)
- Légifrance — Code pénal, article 521-1 (sévices graves ou actes de cruauté envers les animaux) (nouvel onglet)
- Cats Protection — Why does my cat bite me? (nouvel onglet)
- Cats Protection — Aggressive cats (nouvel onglet)
- Cats Protection — Tips for clicker training a cat (nouvel onglet)
- International Cat Care — Soiling indoors (nouvel onglet)
- Grigg et Kogan, Owners’ attitudes, knowledge, and care practices: exploring the implications for domestic cat behavior and welfare in the home, Animals, 2019 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- O’Hanley, Pearl et Niel, Risk factors for aggression in adult cats that were fostered through a shelter program as kittens, Applied Animal Behaviour Science, 2021 (DOI) (nouvel onglet)
- Croney et al., CATastrophic myths part 1: common misconceptions about the social behavior of domestic cats, The Veterinary Journal, 2023 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- Haywood et al., Providing humans with practical, best practice handling guidelines during human-cat interactions increases cats’ affiliative behaviour and reduces aggression and signs of conflict, Frontiers in Veterinary Science, 2021 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- Fritz et al., Functional analysis and treatment of aggression exhibited by cats toward humans during petting, Journal of Applied Behavior Analysis, 2022 (PubMed) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Kitten booklet (PDF, 2024) (nouvel onglet)
- Légifrance — Décret n° 2004-416 du 11 mai 2004 portant publication de la convention européenne pour la protection des animaux de compagnie (nouvel onglet)
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