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Éleveur félin : ce que la loi demande dès le premier chaton vendu

éleveur félin
Éleveur félin
Ce que vous allez trouver21 sections
  1. En bref : le métier d’éleveur félin
  2. Qui est éleveur ?
  3. Les déclarations
  4. La formation
  5. Le LOOF : affixe, déclarations et pedigree
  6. Les obligations sanitaires
  7. Choisir ses reproducteurs
  8. Les règles de reproduction
  9. Expositions, conformité et concours
  10. Vivre avec des reproducteurs
  11. Socialiser les chatons : la responsabilité de l’éleveur
  12. Prévenir les maladies dans une chatterie
  13. Les règles de vente
  14. La fiscalité et la protection sociale
  15. Élever, et la santé des races
  16. Les étapes pour se lancer, selon le LOOF
  17. Ce que le LOOF conseille aux futurs acheteurs
  18. Les qualités d’un bon éleveur
  19. Le quotidien
  20. Petit lexique de l’élevage félin
  21. Questions fréquentes

En France, la loi est simple et souvent méconnue : dès que vous détenez une chatte reproductrice et que vous vendez un seul de ses chatons, vous êtes éleveur. L’article L214-6 du code rural le définit ainsi, et Service-Public le rappelle : un particulier ne peut pas vendre un chaton né de sa chatte sans devenir éleveur, avec les obligations qui vont avec. Ces obligations varient surtout selon que vous vendez une seule portée par an ou davantage. Élever des chats de race est une activité exigeante, rarement un revenu principal, et qui engage la santé des chats que vous faites naître.

En bref : le métier d’éleveur félin

Définition légaleDétenir au moins une chatte reproductrice et céder à titre onéreux au moins un chaton
DiplômeAucun ; une formation est exigée au-delà d’une portée vendue par an
Lieu d’exerciceLe plus souvent au domicile de l’éleveur
DéclarationsBase nationale des opérateurs ; au-delà d’une portée par an, aussi Siret et DDPP
ReproductionAu plus 3 mises bas par période de 2 ans
VenteChaton de plus de 8 semaines, identifié, mère présentée à l’acheteur
RevenusBénéfices agricoles, TVA à 20 %

Qui est éleveur ?

L’article L214-6 du code rural définit l’élevage de chats comme « l’activité consistant à détenir au moins une femelle reproductrice » dont au moins un chaton est cédé à titre onéreux. Peu importe le nombre de chats ou de portées : la vente d’un seul chaton suffit. Service-Public précise que le particulier qui vend un chaton né de sa chatte devient automatiquement éleveur.

Les déclarations

Une seule portée vendue par an

L’article L214-6-2 du code rural allège les obligations des éleveurs qui ne cèdent pas plus d’une portée par an et par foyer fiscal. Service-Public distingue deux cas :

  • si vous élevez uniquement des chats de race inscrits au LOOF, le Livre officiel des origines félines, et déclarez au LOOF toutes les portées de vos chats, chacune avec un numéro spécifique, vous devez vous déclarer comme éleveur sur la base nationale des opérateurs chiens, chats et furets ;
  • dans les autres cas, les formalités diffèrent : Service-Public les détaille selon votre situation.

Plus d’une portée vendue par an

Vous devez alors, selon Service-Public :

  1. déclarer la création de votre élevage à l’Inpi, par le guichet unique des formalités des entreprises, comme une entreprise agricole ; vous recevez un numéro Siren et un numéro Siret ;
  2. déclarer votre activité à la DDPP, ou à la DDETSPP, au moins 30 jours avant toute vente, sur la base nationale des opérateurs, avec le formulaire de désignation de votre vétérinaire sanitaire.

L’absence de déclaration est punie de 30 000 € d’amende, précise Service-Public. La déclaration se renouvelle en cas de changement de responsable, d’activité, d’espèces détenues, ou de conditions d’hébergement, vétérinaire sanitaire compris.

La formation

Au-delà d’une portée vendue par an, au moins une personne de l’élevage doit justifier, selon l’article L214-6-1 du code rural et Service-Public :

  • d’une certification professionnelle en lien avec l’une des espèces élevées ;
  • ou d’une formation habilitée sur les besoins biologiques, physiologiques et comportementaux des animaux de compagnie, sanctionnée par une attestation de connaissances, l’Acaced ; la Draaf de votre région liste les formations habilitées.

Il n’existe pas de diplôme d’éleveur félin obligatoire. Le reste s’apprend auprès d’autres éleveurs, des vétérinaires et des clubs de race.

L’Acaced, en pratique

La fiche de France compétences consacrée à cette attestation, enregistrée par le ministère de l’Agriculture, en donne les modalités :

  • Pour qui : au moins une personne en contact avec les animaux doit la détenir dans un élevage de chats qui cède à titre onéreux plus d’une portée par an, comme dans un refuge, une fourrière, une pension ou une animalerie.
  • Le contenu : huit domaines, le logement, l’alimentation, la reproduction, la sélection, la santé animale, le comportement, le transport et le droit. On y apprend par exemple à repérer les chaleurs, à connaître la gestation et la mise bas, à soigner les nouveau-nés, à lire une étiquette d’aliment, à reconnaître les signes d’alerte d’une maladie, et les bases de la génétique et des races.
  • L’évaluation : un questionnaire à choix multiple national, en ligne, par catégorie d’animaux ; il faut donc choisir la catégorie « chat ».
  • La durée de validité : 10 ans. L’attestation se maintient par une formation d’actualisation d’au moins 7 heures, sur les mêmes huit domaines.

La fiche actuelle court jusqu’au 31 décembre 2026 ; une nouvelle fiche, fondée sur un arrêté du 26 novembre 2024, prend le relais à partir du 1er janvier 2027, avec les mêmes huit domaines et la même validité de 10 ans. Les formations sont données par des organismes habilités : renseignez-vous auprès de la Draaf de votre région.

Le LOOF : affixe, déclarations et pedigree

Pour élever des chats de race en France, il faut passer par le LOOF, le Livre officiel des origines félines, qui tient le livre généalogique reconnu par le ministère de l’Agriculture.

L’affixe, le nom de la chatterie

Le LOOF explique que l’affixe est le nom d’élevage qui accompagnera le nom de chaque chaton né chez vous. Placé avant le nom du chat, c’est un préfixe ; après, un suffixe. Depuis le 31 mars 2025, un affixe est obligatoire pour déclarer une portée au LOOF. Seules les personnes majeures peuvent en posséder un. Il existe un affixe définitif, attribué à vie quel que soit le nombre de portées, et un affixe occasionnel, valable pour une seule portée et une seule fois ; dès la deuxième portée, il doit être transformé en affixe définitif. Au moment de notre consultation, le LOOF affichait un tarif de 200 € pour l’affixe définitif et de 50 € pour l’affixe occasionnel, déductibles du prix de l’affixe définitif, la transformation coûtant alors 150 € si le nom ne change pas. La demande se fait de préférence en ligne, sur MyLOOF, ou par l’intermédiaire d’un club affilié. Il faut proposer cinq noms, classés par ordre de préférence, dont deux sans nom ni diminutif de race ; chaque affixe doit être différent des autres par l’orthographe comme par la prononciation, et ne pas dépasser 18 caractères, espaces compris. Le LOOF conseille de choisir son affixe avant toute autre démarche pour ouvrir sa chatterie, et rappelle que l’inscription à l’I-CAD, sur la base nationale des opérateurs, est obligatoire pour tout éleveur.

De la saillie au pedigree

Le LOOF décrit les deux étapes qui mènent au pedigree d’un chaton :

  1. la déclaration de saillie et de naissance, signée par le propriétaire de la femelle et par celui de l’étalon, que le propriétaire de la femelle transmet au LOOF jusqu’au troisième mois révolu après la naissance ;
  2. la demande de pedigree, établie dans les huit mois suivant la naissance, une fois les chatons identifiés par puce et enregistrés à l’I-CAD ; tous les pedigrees d’une portée se demandent en une seule fois.

Seul l’éleveur, propriétaire de la mère, peut demander le pedigree : l’acheteur ne le peut en aucun cas, d’où l’importance de la mention « cédé avec un pedigree LOOF » sur l’acte de vente. Si le pedigree n’est pas encore prêt au moment de la vente, l’éleveur remet une copie de l’accusé de réception de sa demande. Le LOOF insiste sur un point : une personne qui cède un chat sous une appellation de race doit fournir le pedigree, quelle que soit la destination de l’animal, et il est illégal de le garder en attendant une preuve de stérilisation.

Pedigree bleu, vert ou orange

Depuis janvier 2015, chaque document généalogique du LOOF porte une couleur. Le bleu correspond au livre principal. Le vert signale une portée inscrite au registre expérimental, par exemple quand un mariage habituellement non autorisé ou une couleur non reconnue figure dans la généalogie. L’orange signale une portée inscrite au registre de l’apparence, parce qu’une partie de la généalogie est inconnue. Le pedigree existe aussi sous forme numérique, avec un QR code qui permet de vérifier ses informations et d’éviter les faux.

Un éleveur dérogataire et le LOOF

Pour un éleveur qui ne cède qu’une portée par an et par foyer fiscal, le LOOF précise que le numéro de portée qu’il délivre suffit pour publier les annonces de cession, mais que le certificat d’enregistrement du chat au LOOF sera nécessaire pour finaliser la vente. Le LOOF conseille à ces éleveurs de suivre la formation Acaced, obligatoire pour les professionnels, et propose lui-même des sessions.

Les obligations sanitaires

Service-Public détaille ce que doit mettre en place un élevage :

  • un vétérinaire sanitaire, désigné par formulaire auprès de la DDPP ;
  • un règlement sanitaire, établi avec lui : plan de nettoyage et de désinfection, règles d’hygiène, soins et surveillance des animaux, quarantaine des nouveaux arrivants ;
  • des visites du vétérinaire sanitaire, au moins deux par an, ou une seule pour un élevage de moins de 10 chats de plus de 4 mois, en l’absence de problème ;
  • un registre de suivi sanitaire et de santé, et un registre des entrées et sorties des animaux, à présenter aux services de contrôle.

Les locaux doivent protéger les chats du climat, des contaminations, des blessures et du stress, répondre à leurs besoins, permettre de maîtriser la reproduction et d’empêcher les fugues, et se nettoyer facilement.

Service-Public signale aussi qu’un arrêté du 19 juin 2025 fait évoluer ces règles : transmission d’informations sanitaires à l’Icad à partir de 2027, registre des entrées et sorties dématérialisé à partir de 2029.

Choisir ses reproducteurs

Les tests génétiques

Élever, c’est aussi choisir des reproducteurs sains. Le LOOF a mis en place une grille de qualification des reproducteurs, à plusieurs niveaux : inscrit, conforme après un examen de conformité, sélectionné, recommandé, puis deux niveaux d’élite fondés sur la qualité des descendants. À partir du niveau « sélectionné », des tests génétiques de santé, propres à chaque race, sont exigés. Quelques exemples tirés de cette grille :

  • le persan, le british, le selkirk rex : test de la polykystose rénale, ou PKD ;
  • le ragdoll : test d’une forme de cardiomyopathie hypertrophique propre à la race ;
  • le norvégien : test de la glycogénose de type 4 ;
  • le siamois, l’oriental, l’abyssin : test d’une forme d’atrophie progressive de la rétine ;
  • le scottish fold : test de la mutation responsable des oreilles pliées, qui touche aussi les os et les articulations.

Le LOOF exige aussi que les chats blancs soient testés pour la surdité, par un examen de l’audition appelé PEA ou BAER, pour accéder à certains niveaux de la grille. Son conseil scientifique publie des fiches santé sur ces maladies, destinées aux éleveurs comme aux propriétaires.

L’identification génétique

Le LOOF permet aussi de faire figurer sur le pedigree l’empreinte génétique du chat, et une compatibilité de filiation. Pour que la filiation soit indiquée, les deux parents doivent eux-mêmes avoir été identifiés génétiquement, et aucun pedigree n’est délivré sur la base d’une filiation incompatible. Le prélèvement est fait par un vétérinaire, et le laboratoire transmet le résultat au LOOF avec l’autorisation du propriétaire.

Les règles de reproduction

Service-Public résume les règles applicables :

  • seuls des animaux en bonne santé, ayant fini leur croissance, et, pour les femelles, à partir de leur deuxième cycle, peuvent être mis à la reproduction ;
  • la reproduction entre parents et enfants, ou entre frères et sœurs, est interdite ;
  • une femelle met bas au maximum 3 fois par période de 2 ans ;
  • une femelle qui a subi 3 césariennes n’est plus mise à la reproduction ;
  • une chatte de 6 ans ou plus doit être examinée par un vétérinaire avant toute mise à la reproduction, qui confirme par écrit l’absence de contre-indication ;
  • la chatte gestante s’installe à la maternité environ une semaine avant la mise bas ;
  • les chatons ont chaque jour des contacts avec des chats adultes et des humains pendant leurs premiers mois, et ne sont pas séparés de leur mère avant 8 semaines, sauf nécessité exceptionnelle dans leur intérêt ;
  • les reproducteurs réformés sont stérilisés avant d’être cédés, sauf contre-indication médicale, et leur devenir doit respecter leur bien-être.

Cats Protection rappelle qu’une chatte peut être fertile dès 4 mois, alors qu’elle n’a fini sa croissance que vers 10 à 12 mois. Voyez notre page sur la gestation du chat, et sur le développement du chaton.

Expositions, conformité et concours

L’examen de conformité

Le LOOF décrit l’examen de conformité comme une démarche volontaire, qui garantit au propriétaire que son chat correspond au standard de sa race et ne présente pas de défaut empêchant la conformité. Il est réservé aux chats inscrits au livre d’origines, entiers ou stérilisés, âgés d’au moins dix mois, et réalisé par un juge habilité. Le juge vérifie que le chat correspond à son inscription, identification, sexe, race, couleur, puis qu’il possède les critères morphologiques de base de sa race, sans anomalie décelable. C’est aussi la condition du niveau « conforme » de la grille de qualification des reproducteurs.

Les expositions félines

Selon le LOOF, les chats adultes, à partir de dix mois révolus, peuvent recevoir en exposition des certificats d’aptitude, qui mènent aux titres de champion, jusqu’à Grand Champion d’Europe, inscrits ensuite sur le pedigree. Les chats stérilisés concourent dans des classes à part. Les certificats sont attribués par rapport au standard de la race, noté sur 100 points : le LOOF indique, par exemple, qu’un certificat d’aptitude au championnat correspond à 93 points sur 100, un chat dans le standard et sans défaut majeur, alors que le plus haut certificat, à 98 points, ne doit récompenser qu’un chat presque parfait. Le juge peut refuser d’attribuer un certificat si aucun chat ne le mérite. Les chatons, eux, concourent pour un qualificatif, comme « excellent » ou « très bon ». Pour un éleveur, les expositions sont un moyen de faire juger ses chats, de rencontrer d’autres éleveurs et de faire connaître sa chatterie.

Des chats au Salon de l’agriculture

Depuis 2018, les chats de race ont leur place au Concours général agricole, pendant le Salon international de l’agriculture. Le LOOF rappelle que ce concours, créé en 1870, récompense les meilleurs animaux reproducteurs français, et qu’il est le seul organisme habilité à y inscrire les chats. Seuls les chats ayant atteint les niveaux supérieurs de la grille de qualification, « recommandé » ou « élite », peuvent être sélectionnés, en fonction de leur descendance et de leurs résultats. L’édition 2027 se tiendra du 27 février au 7 mars, selon le LOOF.

Vivre avec des reproducteurs

Les mâles entiers

Garder un étalon demande une organisation particulière. Cats Protection rappelle que les mâles deviennent pubères vers sept à neuf mois, et que, non castrés, ils cherchent activement des femelles. International Cat Care explique que le marquage urinaire est plus fréquent chez les chats non stérilisés, souvent plus territoriaux, qui transmettent ainsi des informations chimiques sur leur disposition à s’accoupler ; la castration réduit nettement ce comportement. L’association note aussi que le risque de marquage augmente avec le nombre de chats dans la maison, à cause du stress social et de la compétition pour l’espace et les ressources. Un espace dédié aux mâles, facile à nettoyer, avec de quoi grimper, jouer et se reposer, facilite la vie de tous, à condition de leur réserver chaque jour du temps de contact pour qu’ils restent sociables.

Les chattes reproductrices

Chez la femelle, International Cat Care décrit des chaleurs qui reviennent environ toutes les deux semaines, avec un comportement marqué : frottements, roulades, marquage et cris. La réglementation impose de ne mettre à la reproduction que des chattes en bonne santé, ayant fini leur croissance et à partir de leur deuxième cycle, et limite le nombre de mises bas, comme décrit plus bas. Entre deux gestations, la chatte doit retrouver une bonne condition physique.

La retraite des reproducteurs

Quand un reproducteur arrête sa carrière, Service-Public rappelle qu’il doit être stérilisé avant d’être cédé, sauf contre-indication médicale, et que son devenir doit respecter son bien-être. Un chat réformé peut ainsi trouver une nouvelle famille, et y vivre une retraite de chat de compagnie. Voyez notre page sur la stérilisation.

Socialiser les chatons : la responsabilité de l’éleveur

Un chaton passe ses premières semaines chez l’éleveur, et c’est là que se joue une grande partie de son caractère. International Cat Care explique que la période clé de socialisation se situe entre deux et sept semaines, et cite des recherches montrant que des chatons manipulés par quatre ou cinq personnes différentes, hommes, femmes, adultes et enfants, avant sept semaines, sont plus sociables une fois adultes. L’association insiste aussi sur la découverte progressive des objets et des bruits d’une maison ; sans ces expériences, un chaton peut avoir du mal à faire face à la nouveauté, et développer plus tard des problèmes de comportement liés à la peur. La réglementation va dans le même sens, en imposant des contacts quotidiens avec des chats adultes et des humains pendant les premiers mois, rappelle Service-Public. Voyez notre page sur le développement du chaton.

Prévenir les maladies dans une chatterie

Les maladies infectieuses circulent plus facilement là où vivent beaucoup de chats. International Cat Care range les élevages parmi les lieux les plus exposés au coryza, et conseille aux éleveurs des mesures supplémentaires : isoler les nouveaux arrivants, dépister les reproducteurs et vacciner tôt les chatons, selon un protocole défini avec le vétérinaire. L’association signale aussi que le stress de la mise bas peut réactiver l’herpèsvirus chez une chatte porteuse, au risque de contaminer ses chatons. Pour la péritonite infectieuse féline, elle note que les jeunes chats et les chats de race sont plus souvent touchés. Le règlement sanitaire établi avec le vétérinaire, avec sa quarantaine, son plan de nettoyage et sa surveillance, n’est donc pas une simple formalité : c’est la première protection des chatons.

Les règles de vente

Selon Service-Public et l’article L214-8 du code rural :

  • vous ne vendez que les chatons nés dans votre élevage, et présentez physiquement la mère à l’acheteur avant la vente ;
  • le chaton a plus de 8 semaines ;
  • il est identifié par puce ou tatouage et enregistré à l’Icad avant la cession, à vos frais ; voyez notre page sur l’identification du chat ;
  • vous remettez une attestation de cession, un certificat vétérinaire, et un document d’information sur les besoins du chat ;
  • l’acheteur signe un certificat d’engagement et de connaissance, et la cession ne peut intervenir moins de sept jours après ;
  • la vente à un mineur est interdite sans le consentement de ses parents.

Chat de race ou « d’apparence »

L’article L214-8 du code rural réserve le nom de « chat de race » aux chats inscrits à un livre généalogique reconnu par le ministère de l’Agriculture, le LOOF pour les chats. Service-Public précise ce que doit indiquer une annonce : la race et le numéro d’identification de la mère si le chaton est inscrit au LOOF ; sinon, la mention « n’appartient pas à une race », ou « d’apparence » suivie du nom d’une race si l’éleveur peut en garantir l’apparence adulte. L’annonce indique aussi le sexe, le lieu de naissance, et le nombre de femelles reproductrices et de leurs portées.

Les vices rédhibitoires

Service-Public liste les maladies qui peuvent justifier l’annulation d’une vente de chat : la leucopénie infectieuse, ou typhus, la péritonite infectieuse féline, et les infections par le virus leucémogène félin et par le virus de l’immunodéficience féline. L’éleveur qui apprend qu’un chat qu’il a vendu est atteint d’une maladie contagieuse doit prévenir les acheteurs des animaux qui ont été en contact avec lui.

Les annonces en ligne

Les offres de cession d’animaux en ligne sont en principe interdites, sauf dans une rubrique dédiée comportant des messages de sensibilisation, et seuls les éleveurs et les vendeurs peuvent y publier des annonces de vente, précise Service-Public. Depuis le 1er janvier 2024, l’article L214-6-3 du code rural interdit aussi la vente de chats et de chiens en animalerie.

La fiscalité et la protection sociale

Service-Public indique que la vente d’animaux de compagnie est soumise à la TVA à 20 %, et que les revenus sont imposés au titre des bénéfices agricoles. Côté MSA :

  • une seule femelle reproductrice : aucune cotisation ;
  • de 2 à 7 femelles : une cotisation de solidarité ;
  • à partir de 8 femelles : possibilité d’affiliation comme chef d’exploitation agricole.

Côté prix de vente, nous avons relevé en septembre 2026 les annonces de 130 éleveurs de chats de race, pour 30 races : 116 d’entre eux vendent leurs chatons entre 1 000 et 2 000 €, avec un prix médian autour de 1 500 €, et les extrêmes vont de 580 € à 2 500 € et plus. Un chaton destiné à la reproduction se vend souvent plusieurs centaines d’euros de plus. Le détail par race est sur notre page des races de chat. Ces prix ne disent rien du bénéfice : il faut en retirer la nourriture, les vaccins, l’identification, les tests génétiques des reproducteurs, les frais du LOOF, les saillies éventuelles et les soins de la mère.

Un petit élevage fait donc rarement vivre son éleveur ; nous n’avons pas trouvé de source fiable sur les revenus moyens de la profession.

Élever, et la santé des races

Élever des chats de race engage leur bien-être. Une revue de 2025 sur le bien-être des chats de race au Royaume-Uni rappelle que certaines conformations extrêmes, comme les faces très écrasées ou l’ostéochondrodysplasie liée aux oreilles pliées du scottish fold, nuisent aux chats, et invite à considérer aussi les pratiques d’élevage. Un éleveur sérieux s’informe des maladies héréditaires de sa race et des dépistages disponibles. Voyez par exemple nos fiches du scottish fold et du persan.

Les étapes pour se lancer, selon le LOOF

Le LOOF propose une marche à suivre pour ouvrir une chatterie professionnelle. Elle recoupe en grande partie les obligations légales décrites par Service-Public :

  1. adhérer à un club de race, pour être accompagné, de l’affixe aux conseils d’installation et de santé ;
  2. faire les démarches administratives de création d’une entreprise agricole ;
  3. se déclarer auprès des services de l’État chargés de la protection des populations ;
  4. obtenir un numéro Siret : l’élevage félin est une activité agricole à part entière, avec la tenue d’un registre des entrées et sorties et d’un registre sanitaire ;
  5. tenir une comptabilité, même simplifiée ;
  6. choisir un vétérinaire et élaborer le règlement sanitaire ;
  7. faire un plan des locaux, avec leurs affectations : quarantaine, nurserie, infirmerie ;
  8. se renseigner sur l’autorisation de transport d’animaux vivants, si nécessaire.

Le LOOF rappelle aussi que la vente de chatons est soumise aux règles du commerce : une facture est obligatoire, accompagnée d’un document d’information sur les besoins de l’animal, d’un certificat vétérinaire et d’une copie du document de l’I-CAD. Pour les démarches précises et à jour, Service-Public reste la référence : la réglementation évolue, comme le montre l’arrêté du 19 juin 2025, et certaines étapes décrites par le LOOF, rédigées avant ces changements, peuvent avoir été simplifiées ou modifiées.

Ce que le LOOF conseille aux futurs acheteurs

Un éleveur doit aussi savoir ce que ses clients vont regarder. Le LOOF conseille aux futurs acheteurs de se rendre chez l’éleveur, pour voir le comportement des chatons et des adultes dans leur milieu habituel et les conditions d’élevage. Il rappelle que le chaton de race doit avoir un pedigree LOOF, qui indique ses ascendants sur quatre générations, alors qu’un chat « d’apparence » garantit seulement une ressemblance à l’âge adulte. Et s’il est légal d’acquérir un chaton dès huit semaines, identifié, le LOOF estime préférable d’attendre trois mois révolus, pour un chaton pleinement sociabilisé et complètement vacciné. Un éleveur qui applique ces principes, et qui les explique, rassure ses acheteurs. Voyez aussi notre annuaire des chatteries.

Les qualités d’un bon éleveur

Au-delà des obligations légales, le métier est exigeant. Il demande :

  • de la disponibilité, jour et nuit au moment des mises bas, et tous les jours pour les soins ;
  • des connaissances solides en génétique, en reproduction, en santé et en comportement, entretenues par des formations ;
  • de la rigueur dans la tenue des registres, les déclarations et l’hygiène ;
  • de l’éthique : sélectionner des reproducteurs sains, refuser les conformations extrêmes, stériliser les reproducteurs réformés, et savoir refuser une vente si la famille ne convient pas ;
  • un vrai sens du contact, avec les chats comme avec les futurs adoptants, que l’éleveur conseille et accompagne souvent bien après la vente.

Le quotidien

Service-Public dresse, à travers les obligations, un portrait du travail : soins quotidiens et surveillance de la santé, nettoyage et désinfection, tenue des registres, suivi de chaque chatte reproductrice, socialisation des chatons avec des humains et des chats adultes, sélection des familles.

Et chaque chaton vendu doit trouver une bonne famille. Voyez notre guide pour adopter un chaton, qui décrit ce qu’un acheteur attentif demandera.

Petit lexique de l’élevage félin

  • Chatterie : l’élevage de chats, et par extension les locaux qui l’abritent.
  • Affixe : le nom de la chatterie, placé avant (préfixe) ou après (suffixe) le nom de chaque chaton, selon le LOOF.
  • Étalon : le mâle reproducteur ; reproductrice : la femelle mise à la reproduction.
  • Portée : l’ensemble des chatons nés d’une même mise bas.
  • Déclaration de saillie et de naissance : le document, signé par les propriétaires des deux parents, qui déclare la portée au LOOF.
  • Pedigree : le document généalogique qui indique les ascendants du chat sur quatre générations et atteste sa qualité « de race ».
  • RIEX et RIA : les registres expérimental et de l’apparence du LOOF, signalés par un pedigree vert ou orange.
  • Conformité : l’examen par un juge qui vérifie que le chat correspond au standard de sa race.
  • Éleveur dérogataire : l’éleveur qui ne cède pas plus d’une portée par an et par foyer fiscal, avec des obligations allégées.
  • Acaced : l’attestation de connaissances pour les animaux de compagnie d’espèces domestiques, exigée au-delà d’une portée vendue par an.

Questions fréquentes

Peut-on vendre les chatons de sa chatte sans être éleveur ?

Non. Selon l’article L214-6 du code rural et Service-Public, détenir une chatte reproductrice et vendre au moins un de ses chatons fait de vous un éleveur, avec les obligations correspondantes.

Comment devenir éleveur de chats ?

Tout dépend du nombre de portées. Pour une seule portée vendue par an et par foyer fiscal, les obligations sont allégées, selon que vos chats sont inscrits au LOOF ou non. Au-delà, il faut déclarer la création de l’élevage, qui vous donne un numéro Siren, déclarer l’activité à la DDPP au moins 30 jours avant toute vente, et qu’au moins une personne de l’élevage détienne une certification professionnelle ou l’attestation de connaissances, l’Acaced, qui se valide par un questionnaire national et vaut 10 ans. Dans tous les cas, un chaton doit être identifié avant d’être cédé.

Combien de temps est valable l’Acaced ?

10 ans, selon France compétences. Elle se maintient par une formation d’actualisation d’au moins 7 heures, qui porte sur les huit domaines de la formation initiale.

Faut-il un diplôme pour devenir éleveur félin ?

Aucun diplôme n’est obligatoire. Mais au-delà d’une portée vendue par an, une personne de l’élevage doit détenir une certification professionnelle ou l’attestation de connaissances, l’Acaced, obtenue après une formation habilitée.

Qu’est-ce qu’un affixe ?

Le nom de la chatterie, placé avant ou après le nom de chaque chaton, selon le LOOF. Depuis le 31 mars 2025, il est obligatoire pour déclarer une portée au LOOF.

Qui demande le pedigree d’un chaton ?

L’éleveur, propriétaire de la mère : le LOOF précise que l’acheteur ne peut en aucun cas le demander lui-même. La demande se fait dans les huit mois suivant la naissance, après l’identification des chatons.

Que veut dire un pedigree vert ou orange ?

Selon le LOOF, le vert signale une portée inscrite au registre expérimental, et l’orange au registre de l’apparence, quand une partie de la généalogie est inconnue. Le bleu correspond au livre principal.

Un éleveur peut-il garder le pedigree jusqu’à la stérilisation du chaton ?

Non. Le LOOF rappelle qu’une personne qui cède un chat sous une appellation de race doit fournir le pedigree, et qu’il est illégal de le garder en attendant une preuve de stérilisation.

Quels tests génétiques pour un reproducteur ?

Ils dépendent de la race : la grille du LOOF cite par exemple la polykystose rénale chez le persan ou le british, une cardiomyopathie chez le ragdoll, ou une atrophie de la rétine chez le siamois, et un test de surdité chez les chats blancs.

À partir de quel âge un chat peut-il être exposé ?

Selon le LOOF, les certificats d’aptitude sont réservés aux chats adultes, de dix mois révolus ; les chatons concourent pour un qualificatif. Les chats stérilisés ont des classes réservées.

À quel âge un éleveur doit-il céder ses chatons ?

La loi fixe un minimum de huit semaines, avec identification. Le LOOF estime préférable d’attendre trois mois révolus, pour un chaton sociabilisé et complètement vacciné.

Que devient un reproducteur à la retraite ?

Service-Public impose qu’il soit stérilisé avant d’être cédé, sauf contre-indication médicale, et que son devenir respecte son bien-être. Il peut ensuite devenir un chat de compagnie dans une nouvelle famille.

Un étalon marque-t-il forcément son territoire ?

Le marquage urinaire est plus fréquent chez les chats non stérilisés, selon International Cat Care, et augmente avec le nombre de chats dans la maison. Un espace dédié, facile à nettoyer, est souvent nécessaire.

Comment vérifier qu’un pedigree est authentique ?

Le pedigree numérique du LOOF porte un QR code sécurisé, relié à sa base de données, qui permet d’en vérifier les informations. L’acheteur peut aussi vérifier sur le site du LOOF que le pedigree de son chat a bien été demandé.

Faut-il un affixe pour une seule portée ?

Oui, depuis le 31 mars 2025, pour déclarer une portée au LOOF. Il existe un affixe occasionnel, valable pour une seule portée et une seule fois, à transformer en affixe définitif dès la deuxième.

Qu’est-ce que le Concours général agricole des chats ?

Un concours organisé pendant le Salon international de l’agriculture, qui récompense des chats reproducteurs sélectionnés par le LOOF parmi les niveaux les plus élevés de sa grille de qualification.

Un éleveur doit-il tester ses reproducteurs ?

La loi n’impose pas de tests génétiques, mais le LOOF les exige pour accéder aux niveaux « sélectionné » et supérieurs de sa grille de qualification, avec des tests propres à chaque race, et un test d’audition pour les chats blancs. Pour un acheteur, c’est un gage de sérieux à demander à l’éleveur, résultats à l’appui, avant de réserver un chaton.

Combien de portées une chatte peut-elle avoir ?

Chez un éleveur, une chatte met bas au maximum 3 fois par période de 2 ans. Elle n’est plus mise à la reproduction après 3 césariennes, et doit être examinée par un vétérinaire avant toute reproduction à partir de 6 ans.

À quel âge peut-on vendre un chaton ?

Après 8 semaines, identifié et enregistré à l’Icad, avec une attestation de cession et un certificat vétérinaire. L’acheteur signe un certificat d’engagement au moins sept jours avant.

Un chat sans pedigree peut-il être vendu comme chat de race ?

Non. Seuls les chats inscrits au LOOF peuvent être dits « de race ». Les autres sont annoncés comme n’appartenant pas à une race, ou « d’apparence » suivie du nom de la race si l’éleveur peut garantir leur apparence adulte.

Un éleveur félin doit-il cotiser à la MSA ?

Pas avec une seule femelle reproductrice. De 2 à 7 femelles, il paie une cotisation de solidarité ; à partir de 8, il peut être affilié comme chef d’exploitation.

Sources (21)
  1. Service-Public — Élevage de chiens et de chats : quelle est la réglementation ? (vérifié le 5 janvier 2026) (nouvel onglet)
  2. Légifrance — Code rural et de la pêche maritime, chapitre IV : la protection des animaux (articles L214-6, L214-6-1, L214-6-2, L214-6-3, L214-8) (nouvel onglet)
  3. Cats Protection — Cat reproduction (nouvel onglet)
  4. Roberts et al., A framework to refocus the conversation around the welfare of UK purebred cats, Animal Welfare, 2025 (Europe PMC) (nouvel onglet)
  5. France compétences — RS5650, Exercice des activités liées aux animaux de compagnie des espèces domestiques (attestation de connaissances) (nouvel onglet)
  6. France compétences — RS7613, même certification, à partir du 1er janvier 2027 (nouvel onglet)
  7. LOOF — Les affixes (nouvel onglet)
  8. LOOF — Le pedigree LOOF (nouvel onglet)
  9. LOOF — Comment devenir éleveur (nouvel onglet)
  10. LOOF — Grille de qualification des reproducteurs (nouvel onglet)
  11. LOOF — Identification génétique (nouvel onglet)
  12. LOOF — Les fiches santé (nouvel onglet)
  13. International Cat Care — Bringing up a litter of kittens: behavioural considerations (nouvel onglet)
  14. International Cat Care — Cat flu (upper respiratory infection) (nouvel onglet)
  15. International Cat Care — Feline infectious peritonitis (FIP) (nouvel onglet)
  16. LOOF — Introduction aux titres (nouvel onglet)
  17. LOOF — Examen de conformité (nouvel onglet)
  18. LOOF — Le Concours général agricole (nouvel onglet)
  19. LOOF — Conseils d’achat (nouvel onglet)
  20. International Cat Care — Urine spraying in cats (nouvel onglet)
  21. International Cat Care — Cat pregnancy (nouvel onglet)

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