Chat constipé : reconnaître les signes, et quand voir le vétérinaire

Ce que vous allez trouver17 sections
- En bref : le chat constipé
- Les signes
- Les causes
- Les chats les plus exposés
- Des selles normales, c’est quoi ?
- Combien de jours sans selles avant de s’inquiéter ?
- Le chat âgé, le plus concerné
- Le chat à poils longs
- Après une opération ou avec un traitement
- Le chaton constipé
- Quand consulter le vétérinaire ?
- Faire boire un chat, au quotidien
- Ce qu’il ne faut pas faire à la maison
- Le chat qui sort
- Les idées reçues
- Prévenir la constipation
- Questions fréquentes
Un chat constipé a du mal à faire ses selles, en fait rarement, ou plus du tout. International Cat Care prévient que c’est très inconfortable, et que sans traitement, cela peut s’aggraver : les selles durcissent, peuvent bloquer le côlon, et des épisodes répétés peuvent aboutir à un mégacôlon, un côlon dilaté qui ne se contracte plus. Les causes sont variées : douleur, manque d’eau, litière qui déplaît, maladies. Si votre chat force sans rien produire ou semble souffrir, prenez rendez-vous chez le vétérinaire. Et attention : un chat qui force peut aussi avoir du mal à uriner, ce qui est une urgence.
Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.
En bref : le chat constipé
| La question | La réponse |
|---|---|
| Les signes ? | Efforts, douleur, selles rares, petites, dures et sèches |
| Constipation ou problème urinaire ? | Difficile à distinguer ; un chat qui n’arrive pas à uriner est une urgence |
| Les causes ? | Douleur, déshydratation, litière, maladies, obstruction |
| Le risque ? | Obstipation, puis mégacôlon |
| Quand consulter ? | S’il force, souffre ou ne produit rien |
| Prévenir ? | Faire boire, de la pâtée, plusieurs bacs |
| Des laxatifs pour humains ? | Jamais sans le vétérinaire |
Les signes
International Cat Care liste les signes d’un chat constipé :
- il force et a du mal à faire ses selles ;
- il gratte et reste longtemps dans le bac ;
- il crie de douleur en faisant ses selles ;
- il en fait moins souvent ;
- ses selles sont petites, dures et sèches.
Il peut aussi faire des allers-retours au bac en forçant sans résultat. Parfois, surtout quand les selles bloquent le côlon, il n’émet qu’un peu de liquide, qui ressemble à de la diarrhée. Dans les cas graves, il perd l’appétit et vomit.
L’association vétérinaire britannique PDSA ajoute d’autres signes à surveiller :
- du sang dans les selles ou autour de l’anus ;
- un chat qui lèche beaucoup son derrière et l’arrière de son corps ;
- un ventre douloureux : il se tient voûté, ou grogne quand on le touche ;
- un chat abattu, qui a moins d’énergie ;
- un appétit en baisse, et parfois des vomissements.
Le manuel vétérinaire Merck note aussi que les selles finalement émises ont souvent une odeur très forte. Et si quelque chose gêne leur passage, comme une masse, elles peuvent sortir fines, en forme de ruban.
Attention à l’urgence urinaire
International Cat Care souligne qu’il est difficile de savoir si un chat force pour faire ses selles ou pour uriner. Or un chat qui n’arrive pas à uriner peut avoir l’urètre bouché, ce qui est une urgence absolue, rappelle le centre de santé féline de l’université Cornell. Les lignes directrices 2025 d’International Cat Care sur les maladies du bas appareil urinaire le confirment : le signe le plus fréquent d’une obstruction de l’urètre est un chat qui force sans résultat dans son bac, parfois en miaulant, et les propriétaires peuvent le prendre pour de la constipation. Cette obstruction touche presque exclusivement les mâles. Au bout de 24 heures, d’autres signes apparaissent, vomissements, perte d’appétit, abattement, faiblesse, et le chat peut s’effondrer. La PDSA donne un indice, sans garantie : la queue est souvent relevée quand le chat essaie de faire ses selles, et plutôt baissée quand il essaie d’uriner ; la différence est particulièrement difficile à faire chez la femelle. Dans le doute, appelez le vétérinaire sans attendre, surtout pour un mâle. Voyez aussi notre article sur le chat qui fait pipi partout.
Les causes
International Cat Care cite plusieurs causes, qui peuvent s’additionner.
La douleur
Un chat arthrosique peut avoir mal en entrant dans le bac ou en se mettant en position. Une lésion du côlon ou du rectum, un abcès ou une maladie de peau autour de l’anus peuvent aussi le retenir. Voyez notre article sur l’arthrose du chat.
Le manque d’eau
Le côlon réabsorbe l’eau des selles. Un chat qui boit peu, ou qui se déshydrate, en réabsorbe davantage : ses selles deviennent sèches et dures. L’association cite la maladie rénale chronique, fréquente chez le chat âgé, qui augmente l’urine et peut déshydrater légèrement le chat.
La litière et le bac
Un chat peut se retenir si son bac est sale, s’il doit le partager avec d’autres chats, si la litière ne lui plaît pas, si le bac est dans un endroit bruyant, ou s’il y a vécu quelque chose de désagréable. Les granulés de bois, durs sous les pattes, peuvent aussi le rebuter. Voyez notre guide du bac à litière.
Les maladies et les accidents
International Cat Care cite certains troubles métaboliques, comme un manque d’hormone thyroïdienne, rare chez le chat, ou un manque de potassium ou de calcium dans le sang ; des lésions nerveuses, par exemple après un accident ou une traction sur la queue ; et le rétrécissement du bassin après une fracture mal consolidée, des cicatrices, des tumeurs ou des corps étrangers.
Un obstacle dans l’intestin
Le manuel Merck explique que l’obstacle le plus fréquent se trouve à l’intérieur même du côlon : des matières mal digérées et fermes, comme des poils, des os ou de la litière, se mêlent aux selles et ne passent plus, surtout quand le chat boit trop peu ou se retient. La PDSA cite aussi un objet avalé qui ne passe pas, un os, un jouet ou une boule de poils, une tumeur, un prolapsus rectal, c’est-à-dire une partie de l’intérieur de l’anus qui sort, et qui peut aussi être la conséquence des efforts, ou encore des poils emmêlés autour de l’anus, qui bouchent littéralement la sortie. Le manuel Merck ajoute les compressions du côlon depuis l’extérieur, par un bassin rétréci après une fracture mal consolidée ou par des ganglions grossis.
Le stress et la météo
La PDSA explique que le stress peut à lui seul rendre un chat constipé : disputes et bruit à la maison, bacs trop peu nombreux, arrivée d’un nouvel animal ou d’une nouvelle personne, nouveau chat dans le voisinage. Elle note aussi qu’un chat qui fait d’habitude ses besoins dehors peut se retenir quand il fait mauvais temps. Voyez notre article sur le stress du chat.
D’autres maladies qui déshydratent
Outre la maladie rénale chronique, la PDSA cite le diabète et certains médicaments, comme les diurétiques, parmi les causes de déshydratation qui durcissent les selles. Les lignes directrices 2026 d’International Cat Care sur la maladie rénale chronique précisent que la constipation peut y signaler une déshydratation chronique ou un manque de potassium dans le sang.
Le mégacôlon
Des mois de constipation sévère peuvent dilater le côlon et lui faire perdre, peu à peu et définitivement, sa capacité à se contracter. Le mégacôlon peut aussi apparaître sans cause identifiée : on parle alors de mégacôlon idiopathique. Le manuel Merck précise que la cause du mégacôlon reste souvent inconnue. Il cite aussi, parmi les causes nerveuses de constipation, la malformation de la moelle épinière au niveau du sacrum propre au manx, ce chat sans queue, ainsi que les lésions de la moelle épinière ou des nerfs du bassin.
Les chats les plus exposés
Les chats âgés et en surpoids, dont le côlon se contracte moins bien, les chats atteints de maladie rénale chronique, souvent légèrement déshydratés, et ceux qui ont déjà eu des épisodes de constipation sont les plus à risque. Le manuel vétérinaire Merck cite aussi un aliment inhabituel avalé, un apport d’eau insuffisant, un chat qui se retient à cause du stress, d’un bac sale ou d’une douleur, et certains médicaments, comme les opioïdes, les diurétiques, les antihistaminiques ou les anticholinergiques. Si votre chat suit un traitement et devient constipé, signalez-le au vétérinaire. International Cat Care note que la constipation chronique est un problème assez fréquent, surtout chez le chat âgé. Voyez notre page sur le vieux chat.
Des selles normales, c’est quoi ?
Pour repérer un problème, il faut connaître le rythme de son chat. La PDSA indique que la plupart des chats font leurs selles une à trois fois par jour, plus souvent pour les chatons, tout en rappelant que chaque chat est différent. Des selles normales sont moulées, fermes mais pas dures, et se ramassent facilement ; des selles petites, très dures et sèches, en petites billes, évoquent la constipation. Les lignes directrices 2021 de l’AAFP sur le chat âgé citent d’ailleurs les grilles d’évaluation des selles, que les vétérinaires utilisent pour noter leur consistance.
Le plus simple est de jeter un œil au bac chaque jour, en le nettoyant : combien de selles, quel aspect, et combien de boules d’urine si vous utilisez une litière agglomérante. Pour un chat qui a déjà été constipé, noter ces observations quelques jours d’affilée est très utile au vétérinaire. Pour un chat qui sort et fait ses besoins dehors, c’est plus difficile : soyez attentif aux autres signes, et proposez-lui un bac à l’intérieur, surtout par mauvais temps.
Combien de jours sans selles avant de s’inquiéter ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes, et aucune de nos sources ne donne de seuil universel en jours : chaque chat a son rythme. International Cat Care définit la constipation par des selles qui restent plus longtemps que la normale dans le côlon, et deviennent plus sèches et plus dures. Retenez surtout les signes qui imposent de consulter : un chat qui force sans résultat, crie, reste longtemps dans le bac, perd l’appétit, vomit, semble abattu ou a mal au ventre, signes que le manuel Merck cite aussi. Et si vous ne savez pas s’il force pour faire ses selles ou pour uriner, appelez le vétérinaire sans attendre. La PDSA va dans le même sens : elle conseille de contacter le vétérinaire dès que les habitudes de votre chat changent ou que vous vous inquiétez, et dès les premiers signes de constipation, parce que le problème peut s’aggraver s’il traîne. Autrement dit, ce n’est pas un nombre de jours qui doit décider, c’est l’écart par rapport à son rythme habituel et la présence de signes d’inconfort.
Le chat âgé, le plus concerné
Les lignes directrices 2021 de l’AAFP sur le chat âgé décrivent la constipation comme un problème digestif fréquent chez le chat vieillissant, aux causes probablement multiples. Le transit ralentit avec l’âge, ce qui laisse aux selles le temps de se déshydrater. Un manque de potassium peut ralentir l’intestin, et une constipation peut signaler un excès de calcium dans le sang. Surtout, la douleur de la posture et le passage de selles dures entretiennent le problème : le chat qui a mal se retient, ses selles durcissent, et il a encore plus mal la fois suivante.
Pour un vieux chat, pensez donc à tout ce qui rend le passage au bac plus facile :
- un bac à bords bas, avec une litière fine et douce, comme le conseille International Cat Care pour les chats qui ont du mal à bouger ;
- un bac à chaque étage, pour qu’il n’ait pas d’escalier à monter ;
- un traitement de la douleur arthrosique, sur prescription, qui peut l’aider à prendre la position ;
- des bilans réguliers chez le vétérinaire, qui surveillera ses reins, son potassium et son calcium ;
- de l’eau et de la pâtée, pour compenser un transit plus lent.
Le chat à poils longs
La PDSA conseille de brosser régulièrement un chat à poils longs, pour éviter que des nœuds se forment autour de son derrière et gênent le passage des selles. Le brossage limite aussi la quantité de poils qu’il avale en faisant sa toilette, poils que le manuel Merck cite parmi les matières qui peuvent se mêler aux selles et les bloquer. Si des nœuds collés de selles se sont déjà formés autour de l’anus, faites-les couper avec précaution, au besoin par le vétérinaire ou un toiletteur, sans tirer ni blesser la peau.
Après une opération ou avec un traitement
Le manuel Merck demande au vétérinaire de rechercher une opération récente ou un traitement en cours parmi les causes d’une constipation, et cite plusieurs familles de médicaments qui peuvent y contribuer, dont les opioïdes, antidouleurs souvent utilisés autour d’une chirurgie. Un chat qui ne fait pas de selles dans les jours qui suivent une opération, ou qui force, doit donc être signalé à la clinique. Ne modifiez jamais un traitement de vous-même : c’est au vétérinaire de décider.
Le chaton constipé
Le tout jeune chaton
Un chaton de moins de deux semaines ne fait pas ses besoins seul, explique International Cat Care : c’est sa mère qui déclenche le réflexe en lui léchant la région située sous la queue. Un chaton orphelin, ou dont la mère ne s’occupe pas, doit donc être aidé après chaque repas, en stimulant doucement cette zone, jusqu’à ce qu’il devienne autonome. Sans cette aide, il ne peut ni uriner ni déféquer. Si vous élevez un chaton au biberon, demandez au vétérinaire de vous montrer le geste.
Au sevrage
Au fil du sevrage, les chatons deviennent capables de faire leurs besoins seuls, sans l’aide de leur mère. C’est aussi une période de changement d’alimentation. International Cat Care note par ailleurs que les vers intestinaux peuvent poser problème chez le chaton, avec un ventre gonflé, une perte d’appétit et un amaigrissement. Un chaton qui force, a le ventre gonflé, ne mange plus ou vomit doit être vu rapidement : chez un très jeune animal, les troubles digestifs sont plus souvent sérieux, et la déshydratation vient plus vite. Voyez notre article sur le développement du chaton.
Quand consulter le vétérinaire ?
Si votre chat force pour faire ses selles, semble inconfortable, ou n’arrive à rien produire, International Cat Care conseille de prendre rendez-vous. Le vétérinaire interrogera sur les habitudes du chat, l’examinera, et pourra proposer des analyses de sang et d’urine, des radiographies ou une échographie, voire une coloscopie.
Urgent ou pas : les repères
| Ce que vous voyez | Que faire |
|---|---|
| Il force sans rien produire, surtout un mâle, et vous ne savez pas s’il urine | Appelez le vétérinaire tout de suite |
| Il force et vomit, ne mange plus, est abattu ou a mal au ventre | Consultation rapide |
| Selles plus rares, petites et dures, chat par ailleurs en forme | Appelez le vétérinaire pour un rendez-vous |
| Chaton qui force, ventre gonflé, ne mange plus | Consultation rapide |
| Chat déjà suivi pour constipation, nouveaux signes | Recontactez le vétérinaire sans attendre la récidive complète |
Préparer la consultation
Le manuel Merck insiste sur l’importance de l’histoire du chat pour trouver la cause. Avant le rendez-vous, notez :
- la date des dernières selles normales, et l’aspect des dernières selles : dures, en billes, liquides, avec du sang ;
- s’il urine normalement, et combien de boules d’urine vous trouvez dans le bac ;
- ce qu’il mange et boit, et tout changement récent d’alimentation ;
- s’il a pu avaler quelque chose d’inhabituel : os, jouet, ficelle, litière ;
- ses traitements en cours, une opération récente, une chute ou un accident, même ancien, qui aurait pu toucher le bassin ;
- tout changement dans la maison : nouveau bac, nouvelle litière, nouvel animal, déménagement.
Une photo des selles peut aider, tout comme une courte vidéo de votre chat au bac, qui montre au vétérinaire sa posture et ses efforts, et l’aide à distinguer un problème de selles d’un problème urinaire. Apportez aussi la liste de ses traitements et le nom de son alimentation. Pour l’examen, la PDSA explique que le vétérinaire peut sentir les selles accumulées en palpant le ventre, faire un toucher rectal, parfois sous sédation, et proposer si besoin des analyses de sang et d’urine, des radiographies et une échographie. Le manuel Merck ajoute un examen neurologique, et, en cas de constipation chronique ou récidivante, le dosage de l’hormone thyroïdienne et une analyse d’urine.
Le traitement
Il dépend de la cause, de la gravité et de la durée du problème. Un chat très constipé peut devoir être hospitalisé, perfusé, et libéré des selles sous anesthésie. Ensuite, le vétérinaire peut prescrire un aliment adapté, des lavements, des laxatifs, des médicaments qui aident le côlon à se contracter, ou des antidouleurs pour un chat arthrosique. Quand le traitement médical ne suffit pas, une chirurgie qui retire la plus grande partie du côlon peut être proposée ; International Cat Care indique qu’à long terme, ses résultats sont en général très bons. Le manuel Merck précise qu’après cette chirurgie, une diarrhée légère à modérée peut persister quelques semaines, voire quelques mois.
La PDSA décrit la prise en charge selon la gravité. Pour une constipation légère, le vétérinaire peut prescrire un laxatif, conseiller un changement d’alimentation, des moyens de faire boire davantage le chat et une meilleure installation des bacs, et parfois faire un petit lavement directement dans le rectum. Un chat déshydraté doit d’abord être réhydraté avant de pouvoir évacuer ses selles. Un chat très constipé peut avoir besoin d’une anesthésie pour qu’on retire les selles. Le manuel Merck précise que retirer toutes les selles peut demander deux ou trois tentatives sur autant de jours, que les laxatifs sont à éviter chez un animal déshydraté, parce qu’ils aggravent la déshydratation, et que leur usage prolongé est à déconseiller, sauf s’il est nécessaire pour éviter les récidives.
L’huile de paraffine : le danger par la bouche
C’est l’un des « remèdes » les plus recherchés, et l’un des plus risqués. Le manuel vétérinaire Merck est net : l’huile minérale, c’est-à-dire l’huile de paraffine, ne doit être utilisée que par voie rectale, à cause du risque de pneumonie par inhalation quand on la donne par la bouche. Un chat peut en effet en inhaler une partie pendant qu’on la lui fait avaler, et l’huile passe alors dans ses poumons. Le même manuel précise que ces laxatifs lubrifiants n’ont qu’un effet modéré, utile seulement dans les constipations légères. Ne donnez donc jamais d’huile de paraffine à votre chat à la seringue ou dans sa gamelle sans l’avis du vétérinaire, qui choisira la voie et le produit.
Huile d’olive, beurre et autres remèdes de grand-mère
L’huile d’olive, le beurre ou d’autres corps gras sont souvent conseillés sur internet. Nous n’avons trouvé aucune source vétérinaire qui les évalue chez le chat, ni qui en recommande l’usage. Le risque est de retarder une consultation utile pendant que la constipation s’aggrave. Le manuel Merck et International Cat Care orientent plutôt vers ce qui a fait ses preuves : l’eau, une alimentation humide et, sur avis vétérinaire, un aliment plus riche en fibres.
Citrouille, son de blé, psyllium : des fibres, mais pas sans avis
Ces « astuces » circulent beaucoup, et elles ont une part de vérité : le manuel Merck cite le son de blé, le psyllium et la citrouille parmi les sources de fibres que l’on peut ajouter à une pâtée, et explique que ces fibres absorbent l’eau, ramollissent les selles, augmentent leur volume et aident le côlon à se contracter. Beaucoup de chats constipés y répondent bien. Mais le même manuel pose une condition importante : l’animal doit être bien hydraté avant de commencer, pour éviter que les fibres ne forment elles-mêmes un bouchon dans un côlon déjà encombré. C’est pourquoi ces ajouts se décident avec le vétérinaire, qui vérifiera d’abord que le chat n’est ni déshydraté, ni bloqué, ni atteint d’une autre maladie, et qui choisira la source et la quantité. Pour un chat qui force sans rien produire, aucune fibre ne remplace la consultation.
Jamais de lavement pour humains
Les lavements vendus en pharmacie pour les humains ne conviennent pas au chat. Le manuel Merck rappelle en particulier que les lavements contenant du phosphate doivent être évités chez le chat : ils peuvent provoquer de graves déséquilibres des sels minéraux du sang, parfois mortels. Si un lavement est nécessaire, c’est le vétérinaire qui le fait, souvent sous sédation.
Pas de remède maison
Ne donnez pas à votre chat un laxatif ou un produit pour humains : International Cat Care cite les laxatifs parmi les médicaments humains toxiques pour le chat. Les « remèdes naturels » qu’on lit souvent n’ont pas été évalués ; demandez toujours l’avis du vétérinaire.
Faire boire un chat, au quotidien
L’eau est le premier levier contre les selles dures, et c’est aussi celui sur lequel vous avez le plus de prise. Une étude de 2026 publiée dans le Journal of Feline Medicine and Surgery rappelle qu’on estime que les chats boivent trop peu, surtout ceux nourris uniquement de croquettes, et que, dans les recherches précédentes, augmenter l’humidité de la ration, avec de la pâtée ou des croquettes additionnées d’eau, augmentait la quantité totale d’eau reçue, même si le chat buvait un peu moins à la gamelle. Quelques idées pratiques :
- de la pâtée, en totalité ou en partie de la ration, selon les conseils du vétérinaire ;
- plusieurs points d’eau, dans différentes pièces, comme le conseille International Cat Care, et à l’écart de la gamelle de nourriture et du bac ;
- de l’eau fraîche et propre chaque jour, dans un récipient large et peu profond, que certains chats semblent préférer ;
- de l’eau qui coule, pour les chats qui la préfèrent, comme le note la PDSA : robinet qui goutte sous surveillance ou fontaine, sans attendre de miracle, car tous les chats ne boivent pas plus pour autant ;
- une surveillance de la quantité bue : un chat qui se met soudain à boire beaucoup plus qu’avant doit aussi être vu par le vétérinaire : les lignes directrices 2021 de l’AAFP sur le chat âgé citent la soif augmentée parmi les signes de maladie rénale chronique qui peuvent passer inaperçus.
Ne changez pas brutalement l’alimentation d’un chat : faites la transition sur plusieurs jours, et demandez conseil au vétérinaire si votre chat a déjà été constipé ou suit un régime.
Ce qu’il ne faut pas faire à la maison
- Donner de l’huile de paraffine par la bouche, ou tout autre laxatif pour humains.
- Faire un lavement vous-même, surtout avec un produit de pharmacie : ceux qui contiennent du phosphate sont dangereux pour le chat, rappelle le manuel Merck.
- Tenter de retirer des selles à la main ou avec un objet : vous risquez de blesser l’anus ou le rectum, et d’être griffé ou mordu par un chat qui souffre.
- Ajouter des fibres à un chat déshydraté ou qui force sans rien produire : elles peuvent aggraver le bouchon.
- Attendre plusieurs jours pour voir si un chat qui force et souffre va finir par y arriver.
- Changer brutalement toute son alimentation sans avis.
Le chat qui sort
Un chat qui fait ses besoins dehors cache souvent ses selles, et vous ne les voyez jamais : un début de constipation passe alors inaperçu. Soyez attentif aux autres signes, un chat qui se lèche beaucoup le derrière, se tient voûté, mange moins ou semble abattu. La PDSA note qu’un chat qui sort peut se retenir par mauvais temps : un bac à l’intérieur, propre et au calme, lui laisse une solution de repli, surtout l’hiver et pour un chat vieillissant qui sort moins.
Les idées reçues
- « Ce n’est qu’une constipation, ça va passer. » La PDSA conseille de contacter le vétérinaire dès les premiers signes : le problème peut s’aggraver vite, jusqu’au blocage.
- « Il fait un peu de liquide, c’est donc une diarrhée. » Pas forcément : un peu de selles liquides peut passer autour de selles dures qui bouchent le côlon, expliquent International Cat Care et la PDSA.
- « Il force, il est constipé. » Il peut aussi avoir l’urètre bouché, surtout si c’est un mâle : c’est une urgence.
- « Un peu d’huile de paraffine, c’est naturel et sans risque. » Par la bouche, elle peut passer dans les poumons, rappelle le manuel Merck.
- « Les croquettes riches en fibres suffisent. » Sans eau, les fibres ne font pas leur travail : l’hydratation passe avant tout.
- « Seuls les vieux chats sont concernés. » Ils sont les plus exposés, mais un chaton, un chat stressé, un chat à poils longs ou un chat qui a avalé un objet peuvent aussi être constipés.
Prévenir la constipation
International Cat Care conseille :
- de faire boire votre chat, en lui proposant de l’eau à plusieurs endroits ;
- de lui donner de la pâtée plutôt que des croquettes seules : une revue de 32 études publiée en 2026 confirme que la pâtée augmente nettement la quantité d’eau que reçoit un chat ;
- de soigner le bac : plusieurs bacs, bien placés, de la bonne taille ; pour un chat qui a du mal à bouger, un bac à bords bas avec une litière fine et douce.
Le vétérinaire peut aussi conseiller un aliment plus riche en fibres, parfois un aliment diététique, à n’utiliser que sur son avis. Le manuel Merck juge les fibres alimentaires préférables aux autres laxatifs, parce qu’elles sont bien tolérées, plus efficaces et plus physiologiques, et recommande, pour prévenir les récidives, une alimentation riche en fibres, un accès permanent à l’eau et de nombreuses occasions de faire ses besoins. International Cat Care ajoute qu’une alimentation humide et riche en fibres aide le chat à produire des selles régulières et plus molles.
La PDSA complète la liste pour un chat en bonne santé :
- le faire bouger : jouer avec lui chaque jour, car le surpoids et l’obésité favorisent la constipation ;
- surveiller son poids, et demander au vétérinaire d’évaluer sa silhouette à chaque visite ;
- garder les bacs propres, loin des endroits bruyants, avec au moins un bac par chat plus un, dans des pièces différentes ;
- brosser régulièrement un chat à poils longs ;
- lui proposer de l’eau fraîche en permanence ; certains chats préfèrent l’eau qui coule, d’où l’intérêt possible d’une fontaine.
Après un premier épisode
International Cat Care rappelle que la constipation chronique est assez fréquente, surtout chez le chat âgé : les cas légers se gèrent souvent bien avec un traitement médical et une alimentation adaptée, mais certains chats, plus sévèrement touchés, finissent par avoir besoin d’une chirurgie. Après un premier épisode, suivez à la lettre les conseils du vétérinaire, surveillez le bac chaque jour et retournez le voir au moindre signe de récidive : plus une constipation est prise tôt, plus elle se règle facilement, et moins le côlon risque de s’abîmer.
Sélection
Le modèle retenu pour ce guide
Voyez notre rayon pâtée pour chat et notre guide de la fontaine à eau.
Questions fréquentes
Un chat constipé peut-il en mourir ?
Une constipation non traitée peut devenir grave, préviennent International Cat Care et la PDSA : les selles peuvent bloquer le côlon, et des épisodes répétés peuvent aboutir à un mégacôlon. Et un chat qui force parce que son urètre est bouché est en danger de mort. Consultez dès les premiers signes.
Faut-il changer de litière ?
Peut-être, si votre chat semble l’éviter : International Cat Care note que les granulés de bois, durs sous les pattes, peuvent rebuter un chat, et conseille une litière fine et douce pour un chat qui a du mal à bouger. Faites la transition progressivement, en gardant un bac avec l’ancienne litière.
Mon chat vomit et ne fait plus de selles : que faire ?
Consultez rapidement. International Cat Care et le manuel Merck citent les vomissements et la perte d’appétit parmi les signes des constipations graves, et ces signes peuvent aussi révéler un objet avalé ou une obstruction urinaire.
Combien de temps dure le traitement ?
Cela dépend de la cause et de la gravité, rappellent la PDSA et International Cat Care. Un épisode léger se règle souvent vite ; une constipation chronique demande parfois un suivi au long cours, avec une alimentation adaptée et des contrôles réguliers.
Combien de fois par jour un chat fait-il ses selles ?
La plupart des chats font leurs selles une à trois fois par jour, plus souvent pour les chatons. Chaque chat a son rythme : c’est un changement par rapport à ses habitudes qui doit vous alerter.
Comment savoir s’il force pour faire ses selles ou pour uriner ?
C’est difficile, surtout chez la femelle. La PDSA note que la queue est souvent relevée pour les selles et baissée pour l’urine. Regardez s’il y a des boules d’urine dans le bac, et dans le doute, appelez le vétérinaire sans attendre, surtout pour un mâle.
La citrouille aide-t-elle un chat constipé ?
Le manuel Merck cite la citrouille, le son de blé et le psyllium parmi les fibres que l’on peut ajouter à la pâtée, à condition que le chat soit bien hydraté. Demandez l’avis du vétérinaire avant, surtout si votre chat force sans rien produire.
Le stress peut-il rendre un chat constipé ?
Oui : disputes, bruit, arrivée d’un nouvel animal ou d’un nouveau chat dans le voisinage, bacs trop peu nombreux peuvent pousser un chat à se retenir.
Mon chat est constipé après une opération : est-ce normal ?
Signalez-le à la clinique. Le manuel Merck cite une opération récente et certains médicaments, comme les antidouleurs opioïdes, parmi les causes possibles de constipation.
Comment savoir si mon chat est constipé ?
Il force, reste longtemps dans le bac, crie en faisant ses selles, en fait moins souvent, et ses selles sont petites, dures et sèches.
Mon chat force dans sa litière : constipation ou urgence ?
Il est difficile de faire la différence. Un chat qui n’arrive pas à uriner peut avoir l’urètre bouché, une urgence absolue : appelez le vétérinaire sans attendre. Voyez aussi notre article sur le chat qui vomit, autre signe fréquent des cas graves.
L’huile de paraffine est-elle dangereuse pour un chat ?
Oui, par la bouche : le manuel vétérinaire Merck réserve l’huile de paraffine à la voie rectale, à cause du risque de pneumonie par inhalation quand on la fait avaler. Ne l’utilisez jamais sans l’avis du vétérinaire.
Mon chaton est constipé : que faire ?
Un chaton de moins de deux semaines doit être stimulé après chaque repas pour faire ses besoins. Plus âgé, s’il force, a le ventre gonflé, ne mange plus ou vomit, consultez rapidement.
Peut-on donner un laxatif à un chat constipé ?
Seulement celui que le vétérinaire prescrit. Les laxatifs pour humains font partie des médicaments toxiques pour le chat, rappelle International Cat Care.
Qu’est-ce que le mégacôlon ?
Un côlon très dilaté, qui ne se contracte plus assez pour pousser les selles. Il peut suivre des mois de constipation sévère, ou apparaître sans cause identifiée.
Comment éviter la constipation chez le chat ?
En le faisant boire, en lui donnant de la pâtée et en lui offrant des bacs propres, bien placés et faciles d’accès, comme le conseille International Cat Care.
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Sources (13)
- International Cat Care — Constipation in cats, mis à jour en septembre 2025 (nouvel onglet)
- Cornell Feline Health Center — Feline lower urinary tract disease (nouvel onglet)
- International Cat Care — Cats and poisons (nouvel onglet)
- Kosmal et al., Diet format, protein, amino acids, salt, osmolytes and water viscosity affect water consumption in domestic cats: a scoping review of 32 publications, Journal of Animal Science, 2026 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- Merck Veterinary Manual — Constipation, obstipation, and megacolon in small animals (revu en juin 2025) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Hand-rearing kittens (nouvel onglet)
- International Cat Care — Bringing up a litter of kittens: health considerations (nouvel onglet)
- International Cat Care — Kitten deaths (fading kittens) (nouvel onglet)
- PDSA — Constipation in cats, janvier 2024 (nouvel onglet)
- Taylor et al., 2025 iCatCare consensus guidelines on the diagnosis and management of lower urinary tract diseases in cats, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2025 (PMC) (nouvel onglet)
- Ray et al., 2021 AAFP Feline Senior Care Guidelines, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2021 (PMC) (nouvel onglet)
- iCatCare consensus guidelines on chronic kidney disease in cats, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2026 (PMC) (nouvel onglet)
- Kosmal et al., Consuming treats with amino acids, osmolytes and sodium increased total water intake and decreased urine specific gravity of healthy cats, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2026 (PMC) (nouvel onglet)
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