Auxiliaire vétérinaire : les formations, le métier, et ce qui change

Ce que vous allez trouver26 sections
- En bref : les certifications de la branche
- Le métier
- Une journée type
- Avantages et difficultés du métier
- Suis-je fait pour ce métier ?
- Les chats en clinique : une compétence à part
- Ce que l’on voit le plus en clinique
- Les outils du quotidien
- Le vocabulaire du métier
- Accompagner les propriétaires dans les moments difficiles
- AVQ ou ASV : une image pour comprendre
- Les idées reçues sur le métier
- Travailler dans une clinique féline
- Se préparer avant la formation
- L’entretien d’embauche
- Et après ?
- Le rôle de l’auxiliaire dans la prévention
- Horaires et rythme
- Les risques du métier
- Les formations
- Les échelons de la convention collective
- Le salaire
- Ce qui change : la délégation d’actes vétérinaires
- Trouver son alternance
- Évoluer
- Questions fréquentes
L’auxiliaire vétérinaire travaille aux côtés du vétérinaire, en cabinet, en clinique ou en centre hospitalier vétérinaire : accueil des clients, secrétariat, hygiène, préparation du matériel et de l’animal, assistance pendant les soins. On l’appelle souvent « assistante » ou « assistant vétérinaire ». La branche professionnelle vétérinaire reconnaît plusieurs certifications, dont le titre d’auxiliaire spécialisé vétérinaire, l’ASV, qui correspond à l’échelon le plus élevé de la convention collective des cabinets et cliniques vétérinaires. Ce titre de niveau 4 se prépare en deux ans, en alternance, après le bac.
Et le métier change : depuis l’été 2026, des ASV expérimentés et formés peuvent, sur délégation écrite d’un vétérinaire, réaliser certains actes jusque-là réservés au vétérinaire. Le décret et les arrêtés d’application sont parus en juillet 2026.
En bref : les certifications de la branche
| La certification | La formation |
|---|---|
| CQP Auxiliaire de soins animaliers (ASA) | 175 heures, sur 6 à 12 mois, en deux blocs de compétences |
| CQP Auxiliaire vétérinaire qualifié (AVQ) | 350 heures, sur 12 mois, en quatre blocs |
| Titre Auxiliaire spécialisé vétérinaire (ASV) | 2 ans en alternance, après le bac ; titre de niveau 4 (RNCP40344), échelon 5 de la convention |
| Certificat complémentaire de compétences (actes délégués, premier niveau) | Formation continue : 56 heures en centre et au moins 36 heures en clinique, puis un QCM de l’Ordre |
| Autres CQP | Conseiller en clientèle, technicien en soins vétérinaires, comportement et bien-être animal… |
Le métier
Quatre grandes missions
L’Onisep, l’organisme public d’information sur les métiers, décrit quatre volets :
- la relation client : accueillir les propriétaires et leurs animaux, les rassurer, prendre les rendez-vous, conseiller sur l’achat d’un produit, aliment ou antiparasitaire, ou d’un service ;
- l’assistance administrative : secrétariat, planning des consultations, dossiers clients, suivi des stocks et commandes de produits vétérinaires ;
- la prévention, l’hygiène et la sécurité : hygiène des animaux, désinfection régulière du mobilier, du matériel médical, des locaux et des cages, pour éliminer tout risque infectieux ;
- l’assistance technique : préparer le matériel avant un examen, un soin ou une opération, assister le vétérinaire, notamment en assurant la contention de l’animal, et participer au suivi des animaux hospitalisés.
La fiche officielle du titre ASV, sur le site de France compétences, précise les activités : gestion des appels et de la salle d’attente, conseil et vente de produits non réglementés, préparation de la délivrance des médicaments prescrits, gestion des registres réglementaires, encaissements, stérilisation du petit matériel, tri des déchets de soins, admission des animaux à opérer, préparation de l’animal avant une chirurgie, surveillance des animaux hospitalisés et anesthésiés, et réalisation d’actes non invasifs.
Ce qu’un auxiliaire ne fait pas
Hors délégation, l’ASV ne réalise aucun acte médical ou chirurgical : la fiche de France compétences rappelle cette interdiction, posée par le code rural. Il assiste, prépare, surveille, mais c’est le vétérinaire qui soigne. Le nouveau régime de délégation, décrit plus bas, ouvre une exception encadrée.
Les qualités utiles
L’Onisep insiste sur plusieurs qualités :
- des connaissances techniques en hygiène, qualité et sécurité, notamment pour préparer à l’avance cages, perfusions et produits injectables ;
- le sens du « nursing » : parler à l’animal hospitalisé, le caresser, l’aider à bouger, ce qui facilite aussi la prise des médicaments et des repas ;
- une résistance physique et nerveuse : pas d’allergie aux poils ni aux produits vétérinaires, de la force pour manipuler des animaux parfois de plus de 50 kilos, du sang-froid ;
- de la rigueur et de l’organisation, pour tenir un métier très polyvalent ;
- le sens des relations : psychologie, patience et empathie face à un client inquiet, un chat agressif ou un chien qui a peur, et l’esprit d’équipe.
Si vous êtes allergique aux chats, ce point mérite réflexion avant de vous engager.
Où travailler
Les principaux employeurs sont les cabinets vétérinaires, les cliniques et les centres hospitaliers vétérinaires. La fiche de France compétences cite aussi les cliniques mixtes, rurales et équines. Les horaires peuvent être réguliers ou dépendre des urgences : des astreintes le soir, le matin ou le week-end sont possibles.
Se spécialiser
L’Onisep décrit deux spécialisations possibles :
- en milieu rural, auprès des animaux d’élevage, ce qui demande de connaître les filières de production, les races, la reproduction et les contraintes sanitaires propres à ces animaux ;
- auprès des chevaux, avec une bonne connaissance des races, de l’alimentation, des techniques de contention et de la réglementation propre aux équidés, comme la vaccination, l’identification ou la visite d’achat.
Dans une structure spécialisée, en chirurgie de pointe par exemple, l’auxiliaire peut aussi occuper une fonction précise. Dans les grandes cliniques et les centres hospitaliers, certains auxiliaires se consacrent surtout au bloc opératoire, à l’anesthésie, à l’hospitalisation ou à l’accueil. D’autres travaillent auprès de vétérinaires qui ne soignent qu’une catégorie d’animaux, chats, nouveaux animaux de compagnie ou chevaux, et développent une expertise propre. Dans un petit cabinet, en revanche, l’auxiliaire reste polyvalent et touche à tout. Voyez notre fiche du métier de vétérinaire.
Une journée type
Il n’y a pas deux journées identiques en clinique, mais beaucoup suivent le même fil.
Avant l’ouverture. L’auxiliaire passe voir les animaux hospitalisés qui ont passé la nuit sur place : il vérifie leur état, nettoie les cages, change les couchages, propose l’eau et la nourriture prévues, et transmet au vétérinaire ce qu’il a observé. Il prépare ensuite la salle de chirurgie et le matériel des interventions du matin.
Le matin. C’est souvent le temps des opérations programmées : accueil des animaux à jeun, préparation, installation sur la table, assistance au vétérinaire, surveillance du réveil. Entre deux interventions, il nettoie et stérilise les instruments, et range le bloc.
L’après-midi. Place aux consultations. L’auxiliaire accueille les propriétaires, installe l’animal, assure la contention quand le vétérinaire en a besoin, prépare les ordonnances à délivrer, encaisse, répond au téléphone, conseille sur un aliment ou un antiparasitaire. Il gère aussi les stocks, les commandes et les registres.
En fin de journée. Derniers soins aux hospitalisés, préparation pour la nuit, nettoyage et désinfection complète des locaux et du matériel. Dans les centres d’urgence et les hôpitaux vétérinaires, des gardes de nuit ou de week-end complètent parfois ce rythme, comme le signale l’Onisep.
Avantages et difficultés du métier
Ce qui plaît
- le contact quotidien avec les animaux, du chaton en première visite au vieux chat suivi depuis des années ;
- la variété des tâches, de l’accueil au bloc opératoire, qui rend les journées rarement monotones ;
- la relation humaine, avec les propriétaires et au sein de l’équipe ;
- une formation relativement courte, en alternance, qui met très vite le pied à l’étrier ;
- le sentiment d’utilité, quand un animal repart guéri ;
- de nouvelles perspectives, avec la délégation d’actes décrite plus bas.
Ce qui est difficile
- l’accès, puisque les formations se font en alternance : il faut d’abord trouver une clinique qui accepte de vous accueillir et de vous former ;
- la charge physique : station debout, manipulation d’animaux lourds ou qui se débattent, gestes répétés ;
- la charge émotionnelle : animaux en souffrance, euthanasies, propriétaires en détresse, parfois mécontents ;
- les horaires qui dépendent des urgences, avec des astreintes possibles ;
- les risques du métier, décrits plus bas.
Suis-je fait pour ce métier ?
Aimer les animaux ne suffit pas. Quelques questions honnêtes avant de vous lancer :
- Supportez-vous la vue du sang, des plaies, et l’idée d’assister à une euthanasie ?
- Aimez-vous le contact avec le public, y compris avec des personnes stressées ou tristes ?
- Êtes-vous organisé, capable de passer d’une tâche à l’autre sans rien oublier ?
- Gardez-vous votre calme quand tout s’accélère, lors d’une urgence ou d’une complication ?
- Êtes-vous à l’aise physiquement pour soulever, porter et maintenir un animal ?
- Avez-vous des allergies aux poils ou aux produits d’entretien et de soin ?
Le meilleur moyen de répondre est souvent d’aller voir sur place : un stage d’observation de quelques jours dans une clinique, pendant vos études ou une période de reconversion, en dit plus que toutes les fiches métiers.
Les chats en clinique : une compétence à part
Le chat est un patient particulier, souvent très stressé chez le vétérinaire. Les lignes directrices de 2022 de l’AAFP et de l’ISFM sur la manipulation des chats, écrites pour toute l’équipe vétérinaire, citent une enquête auprès de plus de 1 000 propriétaires : pour 88,7 % des chats, le bien-être était altéré à toutes les étapes de la visite. Elles rappellent que la prise par la peau du cou, le « scruffing », n’est plus recommandée à aucun âge, et qu’il faut privilégier des interactions sans contention forcée, qui sont aussi plus efficaces. Beaucoup de chats se sentent plus en sécurité dans le bas de leur caisse, ou sous une serviette.
Pour un auxiliaire, maîtriser ces gestes est un vrai atout : c’est souvent lui qui accueille le chat, le sort de sa caisse et le maintient pendant l’examen. Certaines cliniques s’engagent d’ailleurs dans des démarches « Cat Friendly », avec des salles d’attente séparées pour les chats et des techniques de manipulation adaptées.
Des gestes concrets
Les mêmes lignes directrices décrivent des gestes simples, que tout auxiliaire peut appliquer :
- approcher le chat lentement, main souple et doigts arrondis, en le laissant sentir avant de le toucher ;
- le laisser dans le bas de sa caisse, dont on retire le couvercle, plutôt que de le sortir de force ;
- l’envelopper dans une serviette, qui lui donne l’impression d’être caché ;
- toucher de préférence la tête et le cou, près des glandes faciales, et éviter le bas du dos, juste avant la queue, et le ventre, que beaucoup de chats n’aiment pas qu’on touche ;
- garder les gestes les plus désagréables pour la fin de l’examen ;
- limiter le bruit et les odeurs fortes dans la salle.
Ce que l’on voit le plus en clinique
Pour un auxiliaire qui travaille avec des chats, il est utile de savoir quels problèmes reviennent le plus souvent. Une grande étude britannique publiée en 2023, menée par le programme VetCompass sur 18 249 chats suivis en clinique, place en tête la maladie parodontale, qui touchait 15,2 % des chats en un an, devant l’obésité, 11,6 %, et les autres maladies dentaires, 8,2 %. Viennent ensuite les griffes trop longues, les puces et les souffles cardiaques. Concrètement, une bonne part du quotidien consiste donc à peser les chats, à aider aux examens et aux soins dentaires, à conseiller sur l’alimentation et les antiparasitaires, et à accompagner le vétérinaire lors des bilans des chats âgés.
Les outils du quotidien
Un auxiliaire manipule chaque jour un matériel varié :
- la table d’examen et la balance, pour peser l’animal à chaque visite ;
- l’autoclave, qui stérilise les instruments chirurgicaux par la vapeur sous pression ;
- la tondeuse, pour préparer la peau avant une opération ou une prise de sang ;
- les cages d’hospitalisation, à nettoyer, garnir et surveiller ;
- les moniteurs, qui suivent la respiration, le cœur et la température pendant l’anesthésie ;
- l’appareil de radiographie, utilisé sous la responsabilité du vétérinaire, avec les protections prévues ;
- le logiciel de gestion de la clinique, pour les dossiers, les rendez-vous, les stocks et les factures.
Le vocabulaire du métier
Quelques mots que l’on entend tous les jours en clinique, et qu’il est utile de connaître avant de commencer :
- la contention : la façon de maintenir un animal pour un examen ou un soin, en sécurité pour lui et pour l’équipe ;
- l’asepsie : l’ensemble des mesures qui évitent l’introduction de microbes, en particulier au bloc opératoire ;
- l’induction : le début de l’anesthésie ; le réveil : la période qui suit l’opération, sous surveillance ;
- la perfusion : l’apport de liquides ou de médicaments par une veine, qu’il faut surveiller ;
- le prélèvement : sang, urine, peau ou poils, envoyés au laboratoire ;
- les NAC : les nouveaux animaux de compagnie, lapins, rongeurs, oiseaux, reptiles ;
- le CQP : le certificat de qualification professionnelle, délivré par la branche ;
- le RNCP : le répertoire national des certifications professionnelles, où sont enregistrés les titres reconnus, comme celui d’ASV.
Accompagner les propriétaires dans les moments difficiles
L’auxiliaire est souvent la première et la dernière personne que voient les propriétaires. Lors d’une mauvaise nouvelle ou d’une euthanasie, son attitude compte beaucoup : accueillir la famille dans une salle calme, laisser le temps, expliquer simplement ce qui va se passer, respecter l’émotion de chacun, et proposer les différentes options après le décès, comme l’incinération. L’Onisep insiste sur la psychologie, la patience et l’empathie nécessaires face à un client inquiet. Ces moments sont éprouvants : les équipes qui en parlent entre elles les vivent souvent mieux.
AVQ ou ASV : une image pour comprendre
Pour situer les niveaux, on compare parfois l’auxiliaire vétérinaire qualifié à un aide-soignant et l’auxiliaire spécialisé vétérinaire à un infirmier : le premier assure surtout les soins de base, l’hygiène et le confort des animaux, le second participe davantage à la préparation des actes, à l’anesthésie et à la surveillance des animaux opérés. La comparaison a ses limites, puisque les métiers humains sont réglementés différemment, mais elle aide à comprendre la progression d’une certification à l’autre.
Les idées reçues sur le métier
- « On passe ses journées à câliner des animaux. » Le contact avec les animaux est réel, mais une grande partie du temps est consacrée au nettoyage, à la stérilisation, à l’accueil, au téléphone et à la gestion.
- « C’est presque vétérinaire. » Hors délégation encadrée, l’auxiliaire ne pose aucun diagnostic et ne réalise aucun acte médical ou chirurgical : il assiste le vétérinaire.
- « Il suffit d’aimer les animaux. » Il faut aussi aimer le contact humain, supporter la souffrance et la mort, et tenir un rythme soutenu.
- « Les formations en ligne suffisent. » Les employeurs recherchent surtout les certifications de la branche, obtenues en alternance, comme l’indique la présentation des formations plus haut.
Travailler dans une clinique féline
Certaines cliniques ne soignent que des chats. Pour un auxiliaire passionné par les félins, c’est un cadre idéal : salle d’attente sans chiens, matériel adapté, et techniques de manipulation pensées pour réduire le stress des chats, dans l’esprit des lignes directrices de l’AAFP et de l’ISFM. On y développe une vraie expertise du chat, de son comportement en consultation et des maladies qui le touchent le plus.
Se préparer avant la formation
Avant même d’entrer en formation, quelques expériences font la différence dans un dossier :
- du bénévolat dans un refuge ou une association, pour apprendre à manipuler des chats et des chiens de tous caractères ;
- un stage d’observation en clinique, pour vérifier que le métier vous plaît ;
- une formation aux premiers secours, utile dans tout métier au contact du public ;
- une bonne connaissance des animaux de compagnie : besoins, comportement, signes de stress.
- un peu d’aisance avec l’informatique, puisque dossiers, rendez-vous et stocks se gèrent sur logiciel.
L’entretien d’embauche
Lors d’un entretien pour une alternance ou un poste, le vétérinaire cherche surtout à savoir si vous tiendrez sur la durée. Préparez-vous à parler de votre motivation, de votre rapport à la souffrance animale et à la mort, de votre aisance avec les clients, de votre disponibilité pour les gardes, et de vos expériences avec les animaux. N’hésitez pas à poser vos propres questions : organisation de l’équipe, part de chirurgie et de consultation, place des chats dans la clientèle, possibilités de formation continue.
Et après ?
Au-delà des évolutions prévues par la branche, l’expérience acquise en clinique ouvre d’autres portes pour qui veut changer de voie plus tard : l’élevage, la garde d’animaux, l’éducation, ou le toilettage, chacun avec ses propres formations et obligations. Les connaissances acquises sur la santé, l’hygiène et le comportement des animaux y sont précieuses, tout comme l’habitude de conseiller des propriétaires. Beaucoup d’auxiliaires, en revanche, restent toute leur carrière en clinique, en se spécialisant peu à peu ou en prenant des responsabilités dans l’équipe.
Le rôle de l’auxiliaire dans la prévention
L’auxiliaire est souvent l’interlocuteur des propriétaires pour les questions du quotidien, au comptoir ou au téléphone. Il rappelle les dates des vaccins et des traitements antiparasitaires, explique l’intérêt de la stérilisation et de l’identification, conseille sur l’alimentation selon l’âge et le poids, et encourage les visites de contrôle régulières. Il ne prescrit rien : ses conseils relaient ceux du vétérinaire, dans le cadre fixé par la clinique. Ce rôle est précieux, car beaucoup de propriétaires posent plus facilement leurs questions à l’auxiliaire qu’au vétérinaire.
Horaires et rythme
Les horaires dépendent beaucoup de la structure. Dans un cabinet de quartier, ils suivent souvent ceux de l’ouverture au public, avec parfois le samedi matin. Dans une clinique qui assure les urgences, ou un centre hospitalier vétérinaire, des gardes de nuit, de week-end ou des astreintes peuvent s’ajouter, comme le signale l’Onisep. La charge de travail varie aussi selon les saisons : les périodes de vacances, avec leurs pensions et leurs départs, sont souvent chargées. Renseignez-vous sur l’organisation du planning lors de l’entretien.
Les risques du métier
Travailler au contact d’animaux malades, stressés ou douloureux comporte des risques qu’il vaut mieux connaître :
- les morsures et les griffures, surtout de la part d’animaux qui ont peur ou mal ; d’où l’importance des techniques de manipulation douces et du port de gants adaptés ;
- les zoonoses, ces maladies qui se transmettent de l’animal à l’humain : la teigne, par exemple, se transmet à l’humain, rappelle International Cat Care ;
- le port de charges et les postures répétées, qui fatiguent le dos ;
- les produits de désinfection, les gaz anesthésiques et les rayons X, qui imposent le respect des consignes de sécurité et de radioprotection de la structure ;
- la fatigue émotionnelle, liée à la souffrance animale et aux euthanasies, dont il est important de pouvoir parler au sein de l’équipe.
Les formations
Le CQP ASA
Selon la convention collective, la formation d’auxiliaire de soins animaliers dure de 6 à 12 mois, pour 175 heures, en deux blocs de compétences capitalisables. Elle inclut la formation prévue par le code rural pour les personnes qui détiennent des animaux de compagnie à titre professionnel. Une expérience préalable peut réduire sa durée.
Le CQP AVQ
La formation d’auxiliaire vétérinaire qualifié dure 12 mois, pour 350 heures, en quatre blocs de compétences. Son accès suppose de valider des prérequis en expression et en calcul professionnels.
Le titre ASV
C’est la certification de référence du métier. La fiche RNCP40344 de France compétences la décrit ainsi :
- un titre de niveau 4, enregistré jusqu’au 28 mars 2028, dont les certificateurs sont l’APFORM et le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral ;
- quatre blocs de compétences : conseiller la clientèle du vétérinaire ; contribuer à l’organisation interne de l’établissement ; maintenir l’hygiène ; assister le vétérinaire en soins et en chirurgie ;
- trois conditions pour candidater auprès de l’APFORM : avoir au moins 18 ans, âge lié à la réglementation sur la radioprotection ; avoir un titre ou diplôme de niveau 4, comme le bac général, technologique ou professionnel, ou le diplôme d’accès aux études universitaires ; et justifier d’une immersion d’au moins 70 heures, soit environ deux semaines, dans un établissement de soins vétérinaires au cours des deux dernières années ;
- des voies d’accès en contrat d’apprentissage, en contrat de professionnalisation et par la validation des acquis de l’expérience ;
- un jury national composé d’un docteur vétérinaire, qui le préside, d’un auxiliaire spécialisé vétérinaire et d’un formateur.
La convention collective indique 670 heures de formation sur deux ans. L’Onisep liste plusieurs organismes qui préparent un titre d’auxiliaire spécialisé vétérinaire. L’APFORM présente son titre comme donnant accès au métier d’ASV reconnu à l’échelon le plus haut de la convention collective, et la formation alterne cours en centre et travail en entreprise vétérinaire, dans des centres répartis dans toute la France.
Les chiffres de réussite et d’insertion
France compétences publie les statistiques du titre : 908 certifiés en 2023, dont 228 par la validation des acquis de l’expérience, avec 95 % d’insertion à six mois et 91 % dans le métier visé ; en 2022, 94 % des certifiés travaillaient dans le métier visé à six mois, et 91 % deux ans après.
L’APFORM publie de son côté ses chiffres 2025 : 815 diplômés pour 922 candidats présentés, soit 88 % de réussite ; et, pour les promotions sortantes de 2025, 92 % d’insertion dans l’emploi à six mois, dont 87,7 % dans le métier visé.
L’Onisep nuance ce tableau : le nombre de personnes formées chaque année augmente, et l’insertion devient plus difficile. Près de la moitié des salariés du secteur ont moins de 35 ans.
Se former adulte, en reconversion
Le titre ASV est ouvert en contrat de professionnalisation et par la validation des acquis de l’expérience : un adulte en reconversion peut donc s’y préparer, à condition de remplir les conditions d’accès, dont le niveau 4 et l’immersion de 70 heures en clinique. La VAE représente une part importante des certifiés : 228 sur 908 en 2023. Si vous travaillez déjà en clinique sans titre, c’est une piste à étudier.
Les formations privées
D’autres organismes proposent des formations d’assistant vétérinaire, en ligne ou en présentiel. Avant de vous inscrire, vérifiez ce qu’elles délivrent : un certificat de l’organisme n’a pas la même valeur qu’une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles, ni qu’une certification reconnue par la convention collective. Le numéro RNCP d’une formation se vérifie en quelques secondes sur le site de France compétences.
Les échelons de la convention collective
Les candidats cherchent souvent ce que signifient « ASV échelon 3 », « échelon 5 » ou « échelon 6 ». La convention collective des cabinets et cliniques vétérinaires classe les salariés non vétérinaires par échelons, qui dépendent des certifications détenues et des fonctions exercées, et fixe pour chacun un salaire minimum. Le titre d’auxiliaire spécialisé vétérinaire y correspond à l’échelon 5, décrit par l’APFORM comme le plus haut pour un auxiliaire. Pour connaître l’échelon exact qui correspond à votre certification et à votre poste, reportez-vous au texte de la convention en vigueur sur Légifrance.
Le salaire
Les salaires minimaux des auxiliaires vétérinaires sont fixés, échelon par échelon, par la convention collective des cabinets et cliniques vétérinaires, et révisés par avenant. À titre de repère, l’Onisep indique un salaire de départ à partir de 1 914 € brut par mois pour un débutant, variable selon le lieu d’exercice et le statut. Consultez la grille en vigueur sur Légifrance, ou auprès de votre futur employeur : l’employeur peut toujours payer davantage que le minimum. L’Onisep publie aussi un repère de salaire de début de carrière, en précisant qu’il varie selon le lieu d’exercice et le statut.
Ce qui change : la délégation d’actes vétérinaires
Ce que disent les textes
La loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 a créé, dans le code rural, la possibilité pour un vétérinaire de déléguer certains actes de médecine ou de chirurgie des animaux à des salariés certifiés et à des élèves vétérinaires. Le décret n° 2026-672 du 27 juillet 2026, publié au Journal officiel du 28 juillet, en fixe les règles, et deux arrêtés publiés le 2 août 2026 précisent la formation et la liste des actes.
Les règles de la délégation
Le décret pose plusieurs principes :
- la délégation est écrite, signée par le vétérinaire et son délégataire, et mentionne le ou les niveaux d’actes délégués ;
- le vétérinaire est libre de ne pas déléguer, et peut modifier ou arrêter la délégation à tout moment ;
- il garde l’entière responsabilité déontologique des actes réalisés par délégation ;
- le propriétaire de l’animal est informé qu’il peut refuser par principe qu’un acte soit réalisé par délégation ;
- un vétérinaire présent dans l’établissement réalise lui-même l’acte si le propriétaire le demande, si le délégataire rencontre une difficulté ou une complication, ou si l’état de l’animal sort du champ de la délégation.
Le certificat complémentaire de compétences
Pour réaliser les actes du premier niveau, l’auxiliaire doit être inscrit sur la liste des délégataires certifiés tenue par le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires. Il faut pour cela :
- accéder à la formation : être titulaire d’un diplôme ou titre de niveau 4, d’une certification professionnelle enregistrée attestant des compétences d’un auxiliaire vétérinaire, et d’un an d’expérience ; l’arrêté précise que cette certification doit reposer sur une formation initiale d’au moins 800 heures sur deux ans, stages compris, sauf si elle a été obtenue par la validation des acquis ;
- suivre la formation, en formation continue, dans une école vétérinaire ou un centre habilité : trois modules, les prélèvements pour analyses, les soins et traitements sur prescription, et l’assistance technique autour de l’opération ; au moins 8 jours, soit 56 heures, de théorie et de simulation sur mannequins, puis au moins 36 heures de formation en situation dans la clinique de l’employeur ;
- obtenir une attestation de compétences pratiques de l’employeur, consignée dans un livret personnel ;
- réussir un QCM organisé par l’Ordre des vétérinaires.
Notez l’écart entre les 800 heures demandées par l’arrêté pour la certification d’accès et les 670 heures indiquées par la convention collective pour le titre ASV : si vous visez la délégation d’actes, demandez à votre organisme de formation si son titre remplit cette condition.
Les ASV déjà expérimentés
Le décret prévoit une période de transition. Jusqu’au 31 décembre 2029, un auxiliaire titulaire d’une certification reconnue, qui justifie d’au moins trois ans de pratique d’actes délégués de premier niveau sur une période de six ans au plus, et dont l’employeur atteste l’expérience, peut réaliser ces actes. Pour continuer au-delà, sans limite de durée, il doit demander son inscription à l’Ordre avant le 31 décembre 2030 et réussir une épreuve théorique avant le 31 décembre 2031.
Et les élèves vétérinaires ?
Les mêmes textes permettent à des élèves des écoles vétérinaires, selon leur année d’études et leurs compétences validées, de réaliser des actes délégués comme salariés d’un vétérinaire, en dehors de leurs périodes de cours. Ce volet entre en vigueur progressivement, entre 2027 et 2029.
Trouver son alternance
Puisque les formations d’ASV se font en alternance, la recherche d’une clinique d’accueil est souvent la première étape, et la plus difficile. Quelques conseils :
- commencez tôt, plusieurs mois avant la rentrée, car les places sont limitées ;
- faites un stage d’observation si vous le pouvez : c’est la meilleure façon de montrer votre motivation et de vous faire connaître ;
- adressez des candidatures spontanées, avec une lettre personnalisée, aux cabinets et cliniques de votre secteur, y compris ceux qui ne publient pas d’annonce ;
- mettez en avant vos atouts : expérience avec les animaux, bénévolat en refuge, sens du contact, permis de conduire, disponibilité ;
- renseignez-vous auprès d’APFORM, qui accompagne les candidats dans leur recherche.
Évoluer
L’auxiliaire peut évoluer en préparant d’autres certificats de qualification professionnelle ou en suivant des formations de perfectionnement, parfois d’une journée. La délégation d’actes ouvre désormais une nouvelle perspective. En revanche, précise l’Onisep, son niveau de formation ne lui permet pas d’évoluer vers le métier de vétérinaire : il faut pour cela suivre le cursus des écoles vétérinaires.
Si le contact avec les chats vous attire, voyez aussi les métiers de toiletteur pour chat, de comportementaliste, de pet-sitter, d’éleveur félin ou d’ostéopathe pour chat.
Questions fréquentes
Comment se passe une journée d’auxiliaire vétérinaire ?
Souvent en trois temps : soins aux animaux hospitalisés et préparation du bloc le matin, interventions programmées, puis consultations, accueil et tâches administratives l’après-midi, avant le nettoyage complet du soir. Des gardes sont possibles dans les centres d’urgence.
Est-il difficile de trouver une alternance d’ASV ?
Les places sont limitées, car chaque clinique n’accueille que quelques apprentis. Commencez tôt, faites un stage d’observation si possible, et envoyez des candidatures spontanées personnalisées.
Quels sont les risques du métier d’auxiliaire vétérinaire ?
Morsures et griffures, zoonoses comme la teigne, port de charges, exposition aux produits et aux rayons X, et fatigue émotionnelle. Les techniques de manipulation douces et le respect des consignes de sécurité les limitent.
Peut-on travailler dans une clinique qui ne soigne que des chats ?
Oui, ces cliniques félines existent. Elles recherchent des auxiliaires à l’aise avec les chats et formés aux techniques de manipulation qui réduisent leur stress.
L’auxiliaire vétérinaire peut-il poser un diagnostic ?
Non. Il assiste le vétérinaire, prépare et surveille, mais le diagnostic et, hors délégation encadrée, les actes médicaux et chirurgicaux relèvent du vétérinaire.
Comment manipuler un chat stressé en clinique ?
Lentement, sans le forcer : le laisser dans le bas de sa caisse, l’envelopper dans une serviette, le toucher surtout sur la tête et le cou, et éviter la prise par la peau du cou, que les lignes directrices de 2022 de l’AAFP et de l’ISFM ne recommandent plus.
Faut-il faire du bénévolat avant de devenir ASV ?
Ce n’est pas obligatoire, mais une expérience en refuge ou en association montre votre motivation et vous apprend à manipuler des animaux de tous caractères.
Quels sont les horaires d’un auxiliaire vétérinaire ?
Ils suivent souvent ceux de l’ouverture au public dans un cabinet, avec parfois le samedi. Dans les cliniques qui assurent les urgences et les centres hospitaliers, des gardes de nuit ou de week-end et des astreintes sont possibles.
L’auxiliaire vétérinaire donne-t-il des conseils aux propriétaires ?
Oui, au quotidien : rappels de vaccins et d’antiparasitaires, alimentation, identification, stérilisation. Il relaie les recommandations du vétérinaire, sans rien prescrire lui-même.
Quelle formation pour devenir auxiliaire vétérinaire ?
La branche reconnaît le CQP d’auxiliaire de soins animaliers, le CQP d’auxiliaire vétérinaire qualifié et le titre d’auxiliaire spécialisé vétérinaire, le plus élevé, qui se prépare en deux ans d’alternance après le bac.
Quelle est la différence entre assistant vétérinaire et ASV ?
« Assistant vétérinaire » est le nom courant du métier. ASV désigne le titre d’auxiliaire spécialisé vétérinaire, enregistré au RNCP sous le numéro 40344, reconnu à l’échelon 5 de la convention collective.
Quelles conditions pour entrer en formation ASV ?
Selon la fiche de France compétences : avoir au moins 18 ans, un titre ou diplôme de niveau 4 comme le bac, et une immersion d’au moins 70 heures en établissement vétérinaire au cours des deux dernières années.
Que veut dire ASA ?
Auxiliaire de soins animaliers : un certificat de qualification professionnelle de la branche vétérinaire, préparé en 175 heures.
Combien de temps dure la formation d’ASV ?
Deux ans, en alternance ; la convention collective indique 670 heures de formation.
Peut-on devenir ASV en reconversion ?
Oui : le titre est accessible en contrat de professionnalisation et par la validation des acquis de l’expérience, qui a concerné 228 des 908 certifiés de 2023.
Combien gagne un auxiliaire vétérinaire ?
Au moins le salaire minimum fixé par la convention collective pour son échelon, révisé par avenant. L’Onisep donne un repère de départ à partir de 1 914 € brut par mois pour un débutant. Consultez la grille en vigueur.
Les ASV peuvent-ils faire des actes vétérinaires ?
Oui, depuis le décret du 27 juillet 2026, sur délégation écrite d’un vétérinaire, pour des ASV inscrits sur la liste des délégataires certifiés de l’Ordre, après une formation complémentaire et un QCM. Les ASV expérimentés bénéficient d’une période de transition jusqu’en 2029.
Un auxiliaire vétérinaire peut-il devenir vétérinaire ?
Pas directement : son niveau de formation ne le permet pas. Il faut suivre le cursus des écoles vétérinaires.
Sources (12)
- Légifrance — Convention collective nationale des cabinets et cliniques vétérinaires du 5 juillet 1995 (nouvel onglet)
- APFORM — Devenir ASV : la formation en alternance (nouvel onglet)
- APFORM — À propos (nouvel onglet)
- APFORM — Délégation des actes vétérinaires aux ASV : ce qu’il faut savoir (nouvel onglet)
- Légifrance — Décret n° 2026-672 du 27 juillet 2026 portant application des 14° et 15° de l’article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime (nouvel onglet)
- Légifrance — Arrêté du 29 juillet 2026 relatif à la formation pour la réalisation déléguée d’actes vétérinaires de premier niveau et à l’habilitation des centres de formation (nouvel onglet)
- Légifrance — Arrêté du 30 juillet 2026 modifiant l’arrêté du 5 octobre 2011 fixant la liste des actes de médecine ou de chirurgie des animaux que peuvent réaliser certaines personnes n’ayant pas la qualité de vétérinaire (nouvel onglet)
- France compétences — RNCP40344, Auxiliaire spécialisé vétérinaire (nouvel onglet)
- Onisep — Auxiliaire vétérinaire, fiche métier (nouvel onglet)
- Rodan et al., 2022 AAFP/ISFM Cat Friendly Veterinary Interaction Guidelines: Approach and Handling Techniques, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2022 (PMC) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Ringworm in cats (nouvel onglet)
- O’Neill et al., Commonly diagnosed disorders in domestic cats in the UK and their associations with sex and age, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2023 (PMC) (nouvel onglet)
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