Singapura : le plus petit chat de race, une histoire contestée

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Le Singapura est considéré par la plupart des associations félines comme le plus petit et le plus léger des chats de race : une femelle adulte pèse en général autour de 1,8 kg, un mâle autour de 2,7 kg. Il se reconnaît à ses grands yeux, ses grandes oreilles, sa queue à bout arrondi et sa robe tiquetée d’une seule couleur, le sépia. Son histoire officielle, celle de « chats des caniveaux » ramenés de Singapour dans les années 1970, a été contestée : les chats fondateurs avaient en fait été emmenés à Singapour depuis les États-Unis. Côté santé, la race a l’une des diversités génétiques les plus faibles, et deux problèmes connus : l’inertie utérine à la mise bas et le déficit en pyruvate kinase.
Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.
En bref : le Singapura
| La question | La réponse |
|---|---|
| Sa taille ? | Le plus petit chat de race : femelle vers 1,8 kg, mâle vers 2,7 kg |
| Sa robe ? | Une seule couleur reconnue : le sépia agouti, tiqueté |
| Son origine ? | Présentée comme singapourienne, contestée depuis 1987 |
| Est-il rare ? | Oui : 35 chatons enregistrés à la FIFe en 2024 |
| Sa santé ? | Diversité génétique faible, inertie utérine, déficit en pyruvate kinase |
| Reconnu en France ? | Oui, par le LOOF, en championnat |
Une histoire contestée
La version officielle
En 1975, Tommy et Hal Meadow rentrent de Singapour aux États-Unis avec trois chats à robe brune tiquetée, qu’ils présentent comme des chats locaux : un mâle et une femelle d’une même portée, et une jeune femelle. Ils fondent la race, dont le nom vient du nom malais de Singapour. En 1981, une personne qui élève des chats trouve à la SPA de Singapour un chat qui ressemble au Singapura, sauf la queue, et l’intègre au programme d’élevage.
Les documents de 1987
En 1987, une éleveuse américaine découvre à Singapour des documents d’importation montrant que les trois chats fondateurs avaient été emmenés à Singapour depuis les États-Unis en 1974, enregistrés comme Abyssins. Les Meadow élevaient des Abyssins, des Burmese et des Siamois, d’où l’hypothèse d’un croisement entre Burmese et Abyssin. Interrogé par le CFA, Hal Meadow a expliqué que ces trois chats étaient les petits-enfants de quatre chats locaux qu’il avait envoyés aux États-Unis en 1971. Le CFA n’a retenu aucune faute et a conservé au Singapura son statut de race naturelle. Wikipedia rapporte toutefois qu’une étude génétique de 2007 a trouvé très peu de différences entre le Singapura et le Burmese.
La mascotte de Singapour
L’office du tourisme de Singapour a fait du Singapura une mascotte sous le nom de « Kucinta », de kucing, chat, et cinta, amour. Des sculptures de Singapura se trouvent au bord de la rivière de Singapour. Wikipedia note pourtant que peu de chats de la ville lui ressemblent.
La reconnaissance
La TICA a accepté la race en championnat en 1979 ; le CFA l’a enregistrée en 1982 et admise en championnat en 1988. En France, le LOOF liste le Singapura parmi les races en championnat en 2026. La race reste rare : dans les statistiques 2024 de la FIFe citées par Wikipedia, elle arrivait au 44e rang sur 54, avec 35 chatons enregistrés.
À quoi ressemble un Singapura
Un petit chat musclé
Wikipedia décrit un chat assez trapu et musclé, au poil très court et fin. C’est le plus petit chat de race largement reconnu par les registres : une femelle adulte pèse en général environ 1,8 kg, un mâle environ 2,7 kg. Ses oreilles sont grandes, légèrement pointues et profondes, ses yeux grands et en amande. Sa queue, fine, est un peu plus courte que le corps et se termine par un bout arrondi.
Quelle taille fait un Singapura ?
C’est la question la plus posée sur cette race. Les chiffres de Wikipédia, environ 1,8 kg pour une femelle adulte et 2,7 kg pour un mâle, en font l’un des plus petits chats de race. Le standard du LOOF ne donne pas de poids, mais le présente comme l’une des races les plus petites, au corps « semi-cobby », c’est-à-dire compact, avec une cage thoracique bien ouverte et arrondie, une encolure courte et épaisse, des pattes fortes à leur naissance qui s’affinent vers le bas, et une queue de longueur moyenne qui atteint à peine l’omoplate. Petit ne veut donc pas dire frêle : le standard pénalise un corps trop long ou frêle.
La robe sépia tiquetée
Sa robe est tiquetée : chaque poil alterne des bandes sombres et claires, en général deux bandes sombres séparées par deux claires, avec une pointe sombre. Le dessous du corps, la poitrine, le museau et le menton prennent la couleur des bandes claires. Une seule couleur est reconnue, le sépia agouti, décrit comme un tiquetage brun foncé sur un fond ivoire chaud. Voyez aussi l’Abyssin et le Burmese, souvent évoqués dans son histoire.
Le standard du Singapura au LOOF
Le LOOF publie un standard du Singapura, applicable depuis le 1er janvier 2021. Son introduction retient la version officielle de l’histoire : des chats tiquetés vivant à l’état semi-sauvage à Singapour, remarqués en 1974 par deux éleveurs américains, Hal et Tommy Meadows, qui en importent trois aux États-Unis ; mariés à des Burmese, ils sont à l’origine de la race, reconnue en 1984. Le seul mariage autorisé est Singapura avec Singapura.
| Partie | Points |
|---|---|
| Tête | 35 |
| Corps | 30 |
| Robe | 35 |
Une seule robe est reconnue, le seal ticked tabby sépia : un fond vieil ivoire, un tiquetage brun foncé ou noir d’au moins quatre bandes par poil, plus marqué sur le dos et la queue, une truffe couleur brique bordée de sombre, un M sur le front. Les yeux, grands et en forme de noix, sont de préférence verts ; les nuances du jaune au noisette sont tolérées, mais des yeux bleus ou aigue-marine excluent tout titre, comme un médaillon ou des taches blanches, un collier fermé, des bracelets aux pattes ou des barres sur la queue. Le standard précise que les chatons peuvent avoir une fourrure plus longue et plus laineuse que les adultes.
Le caractère
Les descriptions de caractère des races viennent surtout des éleveurs et des propriétaires : chaque chat a son tempérament. Un chat actif a besoin de jeux et de hauteurs : voyez nos guides de l’arbre à chat et des jeux et jouets.
La santé du Singapura
Une diversité génétique très faible
Wikipedia rapporte qu’une étude génétique de 2007 a trouvé chez le Singapura, avec le Burmese, la diversité génétique la plus faible des 22 races étudiées. Une étude de 2022 sur plus de 11 000 chats le range encore parmi les races à la diversité génétique la plus basse, avec le Burmese, le Sacré de Birmanie, le Havana Brown, le Korat et les races du groupe siamois. Au Royaume-Uni, le GCCF autorise depuis avril 2013 des croisements avec d’autres races, sous conditions de santé et d’apparence, pour élargir le patrimoine génétique, rapporte Wikipedia.
L’inertie utérine
Wikipedia cite l’inertie utérine comme un souci des éleveurs : la chatte n’arrive pas à expulser ses chatons, faute de contractions suffisantes, et peut avoir besoin d’une césarienne. Le problème était présent chez l’une des chattes fondatrices et se retrouve chez certaines femelles aujourd’hui. Une femelle non destinée à la reproduction gagne à être stérilisée : voyez notre page sur la stérilisation.
Le déficit en pyruvate kinase
Le Singapura peut être touché par le déficit en pyruvate kinase, une anémie héréditaire due à des globules rouges qui se cassent facilement. Wikipedia cite parmi les signes la fatigue, la diarrhée, la perte d’appétit, un pelage terne, l’amaigrissement et la jaunisse, et précise que les chats atteints vivent en général normalement. Un test ADN permet de savoir si un chat est atteint, porteur ou indemne. Dans l’étude de 2022, le variant associé a été trouvé chez 2 des 45 Singapuras testés.
Adopter un Singapura
La race est rare, et les éleveurs peu nombreux. Rendez-vous sur place, voyez les parents, et demandez les résultats des tests de déficit en pyruvate kinase et les antécédents de mise bas difficile dans la lignée. Voyez la fiche métier d’éleveur félin.
Combien coûte un chaton singapura ?
En septembre 2026, nous n’avons trouvé qu’un seul éleveur de singapura en France qui affiche son prix : de 2 000 € à 2 200 € selon le chaton. Un seul prix ne fait pas une moyenne : d’autres éleveurs répondent au cas par cas, et leurs tarifs peuvent être différents. Demandez-les directement.
Un chaton cédé pour la reproduction coûte nettement plus cher : de 2 500 € à 3 500 € chez l’éleveur qui l’indique. Le prix « de compagnie » suppose en général que le chat sera stérilisé et ne servira pas à l’élevage.
Cet éleveur distingue deux lignées, l’une à 2 000 €, l’autre à 2 200 €.
Ce que le prix doit comprendre, au minimum, c’est ce que la loi impose à tout vendeur : un chaton âgé d’au moins huit semaines, identifié avant la cession, avec le certificat vétérinaire et, pour un chat vendu comme « de race », un pedigree du LOOF. Beaucoup d’annonces ajoutent les premiers vaccins, un vermifuge, parfois la stérilisation ou un sac de départ : lisez le détail avant de comparer deux prix.
Ces montants sont ceux que les éleveurs affichent ; ils varient avec la couleur, la lignée, la destination du chaton et la région, et ils évoluent avec le temps. Un prix ne dit rien, à lui seul, du sérieux d’un élevage. En revanche, un chaton de race proposé très en dessous de ces prix doit vous alerter : chaton sans pedigree, séparé trop tôt de sa mère, ou annonce frauduleuse qui réclame un acompte pour un animal qui n’existe pas.
Un Singapura « à donner » ?
Beaucoup de recherches portent sur un Singapura « à donner ». Quelques règles valent pour tout chat, qu’il soit cédé gratuitement ou non, rappelle Service-Public :
- l’identification est obligatoire avant la cession, même gratuite ;
- l’acquéreur signe un certificat d’engagement et de connaissance, et le cédant vérifie qu’il a été délivré depuis au moins sept jours, quel que soit le mode d’acquisition ;
- un particulier ne peut proposer des animaux que gratuitement sur internet ;
- l’annonce doit préciser si l’animal est inscrit au LOOF, la mention « de race » étant réservée aux chats inscrits ; sinon, elle indique « n’appartient pas à une race », et « d’apparence Singapura » n’est permis que si le vendeur peut garantir cette apparence à l’âge adulte.
Un chat présenté comme Singapura sans pedigree n’est donc pas un Singapura au sens de la loi. Un chat adulte, par exemple un reproducteur retraité, a l’avantage d’un caractère déjà connu. Voyez notre page chaton ou chat adulte.
Les erreurs fréquentes
- Croire à la légende du chat des rues de Singapour sans en connaître la controverse.
- Oublier les tests génétiques des parents.
- Faire reproduire une femelle sans connaître le risque d’inertie utérine.
Questions fréquentes
Combien coûte un chaton singapura ?
En septembre 2026, le seul éleveur de singapura que nous avons trouvé avec un prix affiché demande de 2 000 € à 2 200 €. Un chaton destiné à la reproduction coûte plus cher.
Le Singapura est-il le plus petit chat du monde ?
C’est le plus petit chat de race largement reconnu : une femelle adulte pèse en général environ 1,8 kg et un mâle environ 2,7 kg.
Le Singapura vient-il vraiment de Singapour ?
C’est contesté. Des documents découverts en 1987 montrent que les trois chats fondateurs avaient été emmenés à Singapour depuis les États-Unis en 1974. Le CFA lui a toutefois conservé son statut de race naturelle.
Quelle couleur a un Singapura ?
Une seule couleur est reconnue : le sépia agouti, un tiquetage brun foncé sur un fond ivoire chaud.
Le Singapura a-t-il des problèmes de santé ?
La race a l’une des diversités génétiques les plus faibles. Les éleveurs surveillent l’inertie utérine à la mise bas et le déficit en pyruvate kinase, pour lequel un test ADN existe.
Quel poids fait un Singapura adulte ?
Environ 1,8 kg pour une femelle et 2,7 kg pour un mâle. Le standard du LOOF ne fixe pas de poids, mais décrit un chat petit et compact, jamais frêle.
Peut-on trouver un Singapura à donner ?
C’est possible, mais les règles de cession s’appliquent même gratuitement : identification avant la cession, certificat d’engagement signé au moins sept jours avant, et mention « de race » réservée aux chats inscrits au LOOF, rappelle Service-Public.
Le Singapura est-il reconnu en France ?
Oui. Le LOOF le liste parmi les races en championnat en 2026.
Sources (6)
- Wikipedia — Singapura cat (nouvel onglet)
- LOOF — Liste des races, version au 1er janvier 2026 (PDF) (nouvel onglet)
- Anderson et al., Genetic epidemiology of blood type, disease and trait variants, and genome-wide genetic diversity in over 11,000 domestic cats, PLoS Genetics, 2022 (PMC) (nouvel onglet)
- LOOF — Standards LOOF, Singapura (recueil des standards, version 2026, PDF) (nouvel onglet)
- Service-Public — Avoir un chien ou un chat : quelles sont les règles ? (F34877) (nouvel onglet)
- Chamouraïs — tarifs des chatons, relevés en septembre 2026 (nouvel onglet)
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