Les vaccins du chat : lesquels, quand, et pourquoi

Ce que vous allez trouver22 sections
- En bref : les vaccins du chat
- Quels vaccins sont obligatoires pour un chat ?
- Vaccins essentiels et vaccins selon le risque
- Les maladies contre lesquelles on vaccine
- Mon chat ne sort pas : faut-il le vacciner ?
- Mon chat sort : quels vaccins en plus ?
- Le calendrier du chaton
- Le chat adulte
- La rage et les voyages
- La pension et la garde
- Comment fonctionne un vaccin
- Chats en collectivité : un risque plus élevé
- Le carnet de vaccination
- Préparer la visite de vaccination
- Les vaccins et l’assurance
- Les vaccins sont-ils dangereux ?
- Les idées reçues
- Avant la visite : la check-list
- Une brève histoire de la vaccination
- Les erreurs fréquentes
- Vaccins et adoption
- Questions fréquentes
Tous les chats, même ceux qui ne sortent jamais, devraient être vaccinés contre le typhus et le coryza : ce sont les vaccins que les vétérinaires appellent « essentiels ». Les autres, comme la leucose, se décident selon le mode de vie du chat. En France, aucun vaccin n’est obligatoire pour un chat qui reste sur le territoire métropolitain ; la rage devient obligatoire dès que votre chat voyage hors de France. Pour un chaton, les injections commencent en général vers 8 ou 9 semaines et se poursuivent jusqu’à 16 à 20 semaines, avec un premier rappel à 6 mois ou à un an selon les recommandations suivies. C’est ensuite votre vétérinaire qui fixe le rythme des rappels, en fonction de votre chat.
Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.
En bref : les vaccins du chat
| Le vaccin | Pour qui |
|---|---|
| Typhus (panleucopénie) | Tous les chats |
| Coryza (herpèsvirus et calicivirus) | Tous les chats |
| Leucose féline (FeLV) | Selon le mode de vie ; recommandé chez le jeune chat pour l’AAHA et l’AAFP ; vivement recommandé pour les chats qui sortent, selon la préfecture des Pyrénées-Orientales |
| Rage | Obligatoire pour voyager hors de France |
| Chlamydiose, bordetellose | Selon le risque, sur avis du vétérinaire |
Quels vaccins sont obligatoires pour un chat ?
C’est la question la plus fréquente, et la réponse surprend souvent : en France, la vaccination des chiens et des chats n’est pas obligatoire, rappelle la préfecture des Pyrénées-Orientales, sauf contre la rage dans certains cas, notamment dès que l’on veut voyager avec son chat hors de France. Elle est en revanche vivement conseillée.
Le ministère de l’Agriculture précise que la France est indemne de rage, et que les cas de rage constatés en France concernent tous des animaux contaminés à l’étranger puis importés. D’où l’exigence d’une vaccination antirabique en cours de validité pour voyager avec son animal.
La préfecture des Alpes-de-Haute-Provence ajoute deux cas où la rage est obligatoire : les chiens de catégorie 1 ou 2, et les animaux de Guyane et de Mayotte. Elle précise aussi que tout professionnel ou organisateur d’une manifestation, pension, camping, concours ou exposition, peut imposer la vaccination antirabique dans son règlement intérieur. « Pas obligatoire » ne veut donc pas dire « inutile » : renseignez-vous avant un séjour ou une inscription.
Vaccins essentiels et vaccins selon le risque
Les lignes directrices 2020 de l’AAHA et de l’AAFP, deux associations vétérinaires américaines, classent les vaccins en trois groupes : les vaccins essentiels, recommandés pour tous les chats dont on ne connaît pas l’historique vaccinal ; les vaccins non essentiels, décidés selon le risque d’exposition, la région et le mode de vie ; et ceux qui ne sont en général pas recommandés, faute de preuve suffisante d’efficacité ou pour des maladies de faible gravité. Le livret d’International Cat Care consacré au chaton fait la même distinction entre vaccins essentiels et non essentiels.
Les vaccins essentiels
International Cat Care range parmi les vaccins essentiels, recommandés même pour les chats d’intérieur à cause de la gravité des maladies :
- le typhus, ou panleucopénie féline, dû à un parvovirus : une gastro-entérite hémorragique grave, souvent mortelle ; le virus est très contagieux et survit longtemps dans l’environnement, et la vaccination est très efficace ;
- les deux virus du coryza, l’herpèsvirus et le calicivirus, principales causes des infections respiratoires du chat ; la vaccination n’empêche pas toujours l’infection, mais réduit fortement la gravité de la maladie ;
- la rage, là où elle est présente ou exigée par la loi.
Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP comptent aussi la leucose parmi les vaccins essentiels chez les chats de moins d’un an, à cause de leur sensibilité liée à l’âge. Voyez nos articles sur le coryza du chat et sur les principales maladies du chat.
Les vaccins selon le mode de vie
L’association cite comme vaccins non essentiels ceux contre la leucose féline chez l’adulte, la chlamydiose et la bordetellose :
- la leucose féline se transmet par les bagarres, la toilette mutuelle et le partage des gamelles et des litières ; la plupart des chats infectés de façon persistante en meurent. Le vaccin est efficace, et particulièrement utile pour les chats qui sortent et peuvent croiser des chats au statut inconnu ;
- la chlamydiose est due à une bactérie qui provoque surtout une conjonctivite ; elle se soigne, mais le vaccin peut aider dans une maison déjà touchée ;
- la bordetellose est une autre bactérie du coryza, moins fréquente ; le vaccin n’est pas nécessaire pour la plupart des chats, mais peut aider dans les colonies qui connaissent des épidémies répétées.
International Cat Care signale aussi qu’un vaccin contre le virus de l’immunodéficience féline, le FIV, existe dans certains pays, sans que l’on sache bien s’il protège contre toutes ses souches, et qu’il peut fausser les tests de dépistage. Parlez-en avec votre vétérinaire.
Et les vaccins « homéopathiques » ?
International Cat Care est formelle : ils ne doivent jamais être utilisés. Ils n’ont aucune base scientifique et ne peuvent pas provoquer la réponse immunitaire nécessaire pour protéger votre chat.
Les maladies contre lesquelles on vaccine
Le typhus
Le typhus du chat, ou panleucopénie, est dû au parvovirus félin. International Cat Care le décrit comme une grande menace là où vivent beaucoup de chats non vaccinés : il est souvent mortel, surtout chez le chaton non vacciné. Le virus survit jusqu’à plusieurs années dans l’environnement et résiste à beaucoup de désinfectants ; il se transmet par contact avec un chat infecté ou avec ce qu’il a touché, gamelles, brosses, couchage, et un chien peut le transporter sur ses pattes. C’est pourquoi même un chat qui ne sort jamais peut être exposé : le virus peut entrer dans la maison sur vos chaussures. Les lignes directrices 2020 de l’AAHA et de l’AAFP rappellent que la vaccination à grande échelle a fait nettement reculer cette maladie grave.
Le coryza
Le coryza, que les anglophones appellent « grippe du chat », est une infection des voies respiratoires hautes. International Cat Care indique que plus de 90 % des cas sont dus à l’un des deux virus du coryza, ou aux deux : l’herpèsvirus félin et le calicivirus félin. Ces virus circulent largement dans la population féline. Les signes vont de très légers à sévères, et des infections bactériennes s’y ajoutent souvent. La plupart des chats infectés par le calicivirus restent porteurs et excrètent le virus pendant des semaines ou des mois. Le vaccin ne garantit pas toujours qu’un chat ne sera jamais malade, mais il réduit la gravité de la maladie. Voyez notre page sur le coryza.
La leucose
Le virus de la leucose féline se transmet surtout par la salive, lors de contacts prolongés, toilettage mutuel, gamelles et litières partagées, mais aussi par morsure et de la mère aux chatons. Un chat infecté de façon permanente risque fortement de développer une maladie liée au virus : anémie, baisse des défenses, cancers. International Cat Care estime que 80 à 90 % des chats infectés meurent dans les trois à quatre ans suivant le diagnostic. Les jeunes chats sont les plus sensibles. Les lignes directrices 2020 de l’AAHA et de l’AAFP considèrent d’ailleurs le vaccin contre la leucose comme essentiel chez le chat de moins d’un an, puis comme optionnel au-delà, selon le risque ; International Cat Care le recommande surtout aux chats qui sortent ou peuvent croiser des chats inconnus. L’AAFP recommande de tester tous les chats pour la leucose avant la première injection contre ce virus.
La rage
La France est officiellement indemne de rage depuis novembre 2001, rappelle le ministère de l’Agriculture. Le vaccin reste obligatoire pour voyager hors de France et pour revenir de certains pays, et il protège aussi les humains, puisque la rage se transmet à l’homme et tue encore jusqu’à 60 000 personnes par an dans le monde, selon le ministère.
La chlamydiose
Chlamydia felis est une bactérie répandue chez les chats du monde entier, qui provoque surtout une inflammation de la conjonctive de l’œil, parfois avec une rhinite, rapporte Wikipedia. Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP rangent son vaccin parmi les vaccins optionnels, avec ceux contre la leucose au-delà d’un an et contre Bordetella bronchiseptica, à discuter selon le risque, par exemple dans un élevage ou une collectivité de chats.
Mon chat ne sort pas : faut-il le vacciner ?
Oui, contre le typhus et le coryza. International Cat Care recommande ces vaccins même pour les chats d’intérieur. Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP ajoutent que la plupart des chats dits « d’intérieur » se retrouvent un jour ou l’autre exposés à d’autres chats : une fuite, un séjour en pension, un nouveau chat, une visite chez le vétérinaire.
Mon chat sort : quels vaccins en plus ?
Pour un chat qui sort et croise d’autres chats, la question de la leucose se pose. La préfecture des Pyrénées-Orientales la recommande vivement pour les chats qui ont accès à l’extérieur, et les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP conseillent de continuer à vacciner chaque année les adultes à risque, ceux qui se battent ou vivent dehors. Pour les adultes moins exposés, elles proposent un rappel tous les deux à trois ans, selon le vaccin utilisé.
Le calendrier du chaton
Les premières injections
Le livret d’International Cat Care indique que la première série commence souvent à 8 ou 9 semaines, avec une deuxième injection 3 à 4 semaines plus tard, et souvent une troisième entre 16 et 20 semaines, surtout contre le typhus. Une vaccination plus précoce peut être conseillée quand le risque est très élevé, dans un refuge par exemple. Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP prévoient des injections toutes les 3 à 4 semaines, pas avant 6 semaines, jusqu’à 16 à 20 semaines.
Un exemple de calendrier
| L’âge | Ce qui est souvent fait |
|---|---|
| 8 à 9 semaines | Première injection : typhus et coryza, parfois leucose |
| 11 à 13 semaines | Deuxième injection, 3 à 4 semaines plus tard |
| 16 à 20 semaines | Troisième injection, surtout pour le typhus |
| 6 mois | Premier rappel, recommandé par la WSAVA, l’AAHA et l’AAFP |
| Environ un an après la série | Premier rappel, selon la fiche d’International Cat Care |
| Ensuite | Rappels tous les un à trois ans selon le vaccin et le mode de vie |
Ce tableau illustre ce que décrivent les recommandations ; le calendrier de votre chaton est fixé par votre vétérinaire, selon son âge, sa santé et son environnement.
Pourquoi si longtemps ?
Le chaton reçoit de sa mère des anticorps qui le protègent quelques semaines, mais qui peuvent aussi empêcher le vaccin d’agir. Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP expliquent qu’on ne peut pas prévoir la quantité d’anticorps maternels chez un chaton, car elle dépend de sa mère et du colostrum qu’il a bu. Elles citent des études selon lesquelles jusqu’à un tiers des chatons ne répondraient pas à une injection finale faite à 16 semaines, parce que ces anticorps sont encore présents. D’où la série prolongée, qui augmente les chances qu’une injection tombe juste après leur disparition.
Deux injections, pas une
Les mêmes lignes directrices insistent : sauf pour la rage, deux premières doses à 3 ou 4 semaines d’intervalle sont indispensables pour obtenir une réponse immunitaire efficace, et d’autres recommandations conseillent de reprendre la série si plus de six semaines séparent ces deux doses. La protection complète peut ne s’installer que deux à trois semaines après la dernière injection.
Le premier rappel : 6 mois ou 1 an ?
Les recommandations divergent un peu. L’Association mondiale des vétérinaires pour petits animaux, la WSAVA, puis l’AAHA et l’AAFP recommandent de refaire le vaccin contre le typhus et le coryza à 6 mois, plutôt qu’à un an, pour réduire la période pendant laquelle un chaton pourrait rester mal protégé. Le livret d’International Cat Care parle d’un premier rappel à 6 mois ou après, et sa fiche sur la vaccination d’un rappel 12 mois après la série initiale, parfois plus tôt. Votre vétérinaire choisira selon le risque.
Avant de sortir
International Cat Care conseille de ne pas laisser sortir un chaton avant au moins deux vaccinations, idéalement 7 à 10 jours après la seconde. Voyez notre article sur le développement du chaton, et notre guide pour adopter un chaton : demandez à l’éleveur ou au refuge le carnet de vaccination.
Le chat adulte
Les rappels
International Cat Care indique qu’après le premier rappel, la fréquence varie, d’un à trois ans, selon le vaccin, la maladie et le risque. Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP rappellent que, pour la plupart des vaccins essentiels, un rappel tous les trois ans était déjà la règle après le premier rappel. C’est votre vétérinaire qui adapte le calendrier à votre chat, à chaque visite annuelle : la visite reste annuelle même quand le vaccin ne l’est pas.
Un chat adulte jamais vacciné ou adopté sans carnet
Les vaccins essentiels sont justement recommandés pour les chats dont on ne connaît pas l’historique vaccinal. Un chat adulte adopté sans carnet reçoit donc en général une série de deux injections à 3 ou 4 semaines d’intervalle, avant de passer aux rappels. Votre vétérinaire vous le confirmera.
J’ai dépassé la date du rappel
Pas de panique, mais ne laissez pas traîner : prenez rendez-vous. Les recommandations ne donnent pas une règle unique pour tous les retards : le vétérinaire décide, selon le vaccin, le temps écoulé et l’historique du chat, s’il suffit de refaire une injection ou s’il faut reprendre une série. Pour la rage, en vue d’un voyage, la règle est plus stricte : le vaccin doit être en cours de validité, comme l’exige le ministère de l’Agriculture.
Tester l’immunité plutôt que revacciner ?
Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP décrivent l’usage des tests d’anticorps en clinique. Pour le typhus, la présence d’anticorps est bien corrélée à la protection, et le résultat peut servir à décider de vacciner ou non. Pour l’herpèsvirus du coryza, en revanche, ce test ne permet pas d’évaluer l’immunité. Demandez à votre vétérinaire si c’est pertinent pour votre chat.
La rage et les voyages
Service-Public.fr précise que pour voyager dans l’Union européenne avec votre chat, il doit être identifié par puce électronique, avoir un passeport européen délivré par un vétérinaire, et être vacciné contre la rage. Le vaccin est possible à partir de 12 semaines, il n’est valable qu’au moins 21 jours après l’injection, et il doit être fait après l’identification. Service-Public.fr indique qu’il fait l’objet d’un rappel annuel ; votre vétérinaire vous indiquera la durée de validité inscrite pour le vaccin utilisé. Pour un pays hors de l’Union européenne, renseignez-vous auprès de son ambassade. Voyez nos articles sur l’identification du chat et sur le voyage avec un chat.
Si vous êtes mordu par un animal à l’étranger ou par un animal importé, le ministère de l’Agriculture conseille de nettoyer immédiatement la plaie à l’eau et au savon, de rincer abondamment, d’appliquer un antiseptique, puis de consulter rapidement un médecin.
La pension et la garde
Avant un séjour en pension, renseignez-vous sur les vaccins qu’elle exige : un établissement peut imposer des vaccins à jour dans son règlement. Prévoyez le rappel à l’avance, puisque la protection met quelques semaines à s’installer après une première série. Voyez nos articles sur l’hôtel pour chat et sur les solutions pour faire garder son chat.
Comment fonctionne un vaccin
Les anticorps de la mère, et pourquoi une série d’injections
Le chaton ne reçoit presque pas d’anticorps de sa mère pendant la gestation. Les lignes directrices 2020 de l’AAHA et de l’AAFP expliquent qu’il les reçoit surtout par le colostrum, le premier lait, qui le protège pendant ses premières semaines. Mais ces anticorps maternels peuvent aussi neutraliser le vaccin tant qu’ils sont présents, et leur durée varie d’un chaton à l’autre. On ne sait donc pas exactement à quel moment un vaccin donné « prendra » : c’est pourquoi on répète les injections toutes les trois à quatre semaines jusqu’à l’âge de 16 semaines ou plus, puis on prévoit un rappel, pour ne laisser aucun chaton sans protection. Les mêmes lignes directrices rappellent que des études suggèrent qu’un chaton sur trois pourrait ne pas répondre à une dernière injection faite à 16 semaines, d’où l’intérêt d’un rappel à six mois.
Vivants atténués, inactivés ou recombinants
Les vaccins pour chats appartiennent à trois grandes familles :
- les vaccins vivants atténués, qui contiennent des microbes modifiés pour être beaucoup moins virulents ; tous les vaccins à administrer par le nez sont de ce type ;
- les vaccins inactivés, qui contiennent des microbes tués ou des fragments de microbes, et demandent souvent un rappel pour être pleinement efficaces ;
- les vaccins recombinants, fabriqués par des techniques de génie génétique, par exemple en faisant produire une partie du virus par un autre microbe inoffensif.
Le choix dépend du vaccin, du chat et de son état de santé : c’est le vétérinaire qui décide.
Chatte gestante, chat malade : un choix adapté
Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP précisent que l’état de santé du chat et une éventuelle gestation peuvent modifier le type de vaccin et le calendrier. Les vaccins inactivés sont en général considérés comme plus sûrs que les vaccins vivants atténués pendant la gestation et chez les animaux dont les défenses sont affaiblies. Si votre chatte attend des petits, ou si votre chat est malade ou traité, dites-le au vétérinaire avant toute vaccination.
Chats en collectivité : un risque plus élevé
Les chats qui vivent ou passent du temps en collectivité, pension, élevage, famille d’accueil ou refuge, sont plus exposés aux infections que les chats d’un foyer d’un ou deux chats, soulignent les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP. Les maladies y circulent plus facilement, et le stress favorise l’excrétion de certains virus, comme celui du coryza, rappelle International Cat Care. C’est pourquoi les pensions exigent des vaccins à jour, et pourquoi les refuges vaccinent les chats dès leur arrivée. Si votre chat doit séjourner en pension, vérifiez ses vaccins plusieurs semaines à l’avance : un rappel doit être fait assez tôt pour être efficace.
Le carnet de vaccination
Chaque vaccin est noté par le vétérinaire dans le carnet de santé ou le passeport du chat : nom du vaccin, souvent avec une étiquette détachable, date de l’injection, date du prochain rappel, et signature. Gardez ce document précieusement : il est demandé par les pensions et les gardiens, par l’éleveur ou l’association si vous leur confiez votre chat, et à chaque passage de frontière pour la rage. Pour voyager dans l’Union européenne, c’est le passeport européen qui fait foi.
Si vous adoptez un chat adulte sans carnet, il n’y a pas de trace de ses vaccins : le vétérinaire vous proposera en général de reprendre une primovaccination complète, comme le décrit la partie consacrée au chat adulte.
Préparer la visite de vaccination
La visite de vaccination est souvent la première expérience du chaton chez le vétérinaire : autant qu’elle se passe bien. Les lignes directrices de 2022 de l’AAFP et de l’ISFM sur la manipulation des chats conseillent d’habituer le chat à sa caisse de transport, laissée ouverte à la maison, bien avant le rendez-vous. À défaut, gardez la caisse couverte et stable pendant le trajet, et apportez un objet qu’il aime. Elles rappellent que les premières visites peuvent marquer un jeune animal pour la vie. La consultation de vaccination est aussi l’occasion d’un examen complet : poids, dents, cœur, pelage, et de poser toutes vos questions.
Les vaccins et l’assurance
Une assurance santé animale ne rembourse pas toujours les vaccins, qui relèvent de la prévention. L’Institut national de la consommation indique que certains contrats prévoient un forfait prévention, avec son propre plafond, qui peut couvrir le bilan annuel ou les vaccins. Lisez les garanties avant de souscrire. Voyez notre page sur l’assurance pour chat.
Les vaccins sont-ils dangereux ?
Des effets indésirables rares, le plus souvent bénins
International Cat Care souligne que les effets indésirables des vaccins sont très rares. Les plus fréquents sont légers : fatigue, appétit diminué, sensibilité au point d’injection, pendant quelques jours au plus. Plus rarement, on observe des vomissements, une diarrhée, une boiterie, de la fièvre, des signes respiratoires ou une grosseur au point d’injection. Consultez si vous êtes inquiet.
Le Conseil européen consultatif sur les maladies du chat, l’ABCD, a fait en 2023 le point sur les effets indésirables. Il rapporte, dans une vaste population américaine de près de 500 000 chats vaccinés, un taux d’effets indésirables de 0,52 % dans les 30 jours, surtout de la fatigue, une perte d’appétit, de la fièvre pendant trois jours ou une inflammation locale ; le risque était plus élevé autour d’un an, et augmentait avec le nombre de vaccins faits le même jour.
Les réactions allergiques
Une réaction allergique grave, avec gonflement du visage, démangeaisons, vomissements, diarrhée, difficultés respiratoires ou malaise, est rare et survient en général dans les minutes qui suivent l’injection. Restez attentif à votre chat dans la demi-heure qui suit, et appelez le vétérinaire au moindre doute.
Le sarcome au point d’injection
Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP, comme l’ABCD, font le point sur une complication rare, le sarcome au point d’injection, une tumeur qui peut se développer là où un vaccin, ou une autre injection, a été fait. International Cat Care l’estime à moins d’un cas pour 20 000 vaccins. Il peut apparaître de quatre mois à deux ou trois ans après l’injection, et aucun vaccin injectable n’est sans risque : il faut donc vacciner aussi souvent que nécessaire, mais aussi rarement que possible.
Pour limiter ce risque et faciliter une éventuelle chirurgie, les recommandations conseillent de vacciner le bas des pattes ou le bout de la queue plutôt qu’entre les omoplates, et l’ABCD conseille d’amener le vaccin à température ambiante avant l’injection, les vaccins froids étant associés à un risque plus élevé.
La règle du « 3-2-1 »
L’AAHA, l’AAFP et l’ABCD recommandent de surveiller le point d’injection avec la règle du « 3-2-1 » : une grosseur doit être examinée si elle est encore là 3 mois après le vaccin, si elle dépasse 2 centimètres, ou si elle grossit encore un mois après. International Cat Care conseille même de faire vérifier sans attendre un gonflement qui persiste plus de deux à trois semaines ou qui grossit. Demandez à votre vétérinaire à quel endroit votre chat a été vacciné, pour savoir où surveiller.
Les idées reçues
- « Mon chat ne sort pas, il ne risque rien. » Le virus du typhus survit longtemps dans l’environnement et peut entrer dans la maison sur des chaussures ou des vêtements, rappelle International Cat Care : les vaccins essentiels valent aussi pour les chats d’intérieur.
- « Il faut tout revacciner chaque année. » Après le premier rappel, certains vaccins n’ont besoin d’être refaits que tous les un à trois ans, selon le vaccin et le risque. Le vétérinaire adapte le calendrier.
- « Le vaccin protège à 100 %. » Un vaccin réduit fortement le risque et la gravité de la maladie, mais aucun n’offre une protection absolue, en particulier contre le coryza.
- « Un vaccin, c’est dangereux. » Les effets indésirables existent, décrits plus haut, mais ils sont rares et le plus souvent bénins ; les lignes directrices mettent en balance ce risque avec celui, bien plus grand, des maladies évitées.
Avant la visite : la check-list
- le carnet de santé ou le passeport, pour que le vétérinaire voie les vaccins déjà faits ;
- la caisse de transport, préparée à l’avance, avec un linge qui porte l’odeur de la maison ;
- vos observations : appétit, poids, comportement, tout ce qui a changé depuis la dernière visite ;
- les informations utiles : gestation possible, traitement en cours, réaction lors d’un vaccin précédent ;
- vos projets : voyage, pension, arrivée d’un autre chat, qui peuvent changer les vaccins à prévoir.
Une brève histoire de la vaccination
Le mot « vaccin » vient du latin vacca, la vache. À la fin du XVIIIe siècle, le médecin anglais Edward Jenner remarque que les personnes qui ont contracté la vaccine, une maladie bénigne des vaches, semblent protégées contre la variole, alors très redoutée. En 1796, il inocule la vaccine à un jeune garçon, puis montre que celui-ci résiste à la variole : c’est la naissance de la vaccination, rapporte Wikipédia. Un siècle plus tard, Louis Pasteur met au point des vaccins atténués, dont celui contre la rage, administré pour la première fois à un enfant, Joseph Meister, en 1885. Les vaccins pour animaux de compagnie se sont ensuite développés au XXe siècle, et ont fait reculer des maladies autrefois très meurtrières chez le chat, comme le typhus.
Les erreurs fréquentes
- Ne pas vacciner un chat d’intérieur en pensant qu’il ne risque rien.
- Arrêter après la première injection du chaton : la série et le rappel comptent.
- Laisser sortir un chaton avant la fin de sa primovaccination.
- Oublier le rappel et laisser passer des mois sans en parler au vétérinaire.
- Taire une gestation, un traitement ou une réaction passée avant l’injection.
- Attendre la veille du départ pour vérifier les vaccins exigés par la pension ou pour le voyage.
- Perdre le carnet de santé, sans lequel il faut parfois tout recommencer.
Vaccins et adoption
Quand vous adoptez un chaton ou un chat, demandez son carnet de santé ou son passeport, avec les vaccins déjà faits. Service-Public rappelle que la personne qui cède un chat doit notamment remettre un certificat vétérinaire de moins de trois mois. Vérifiez les dates, et prenez rendez-vous chez votre vétérinaire dans les premières semaines pour poursuivre le calendrier, surtout si la primovaccination n’est pas terminée.
Questions fréquentes
Contre quelles maladies vaccine-t-on un chat ?
Les vaccins essentiels protègent contre le typhus et les deux virus du coryza. Selon le mode de vie, le vétérinaire peut proposer la leucose, la rage, obligatoire pour voyager, ou plus rarement la chlamydiose.
Le vaccin contre le coryza empêche-t-il toute maladie ?
Pas toujours : il réduit surtout la gravité de la maladie. Les virus du coryza circulent largement, et certains chats restent porteurs, rappelle International Cat Care.
Faut-il un test avant le vaccin contre la leucose ?
Oui : l’AAFP recommande de tester tous les chats pour la leucose avant la première vaccination, pour savoir s’ils sont déjà infectés.
Les vaccins sont-ils remboursés par l’assurance ?
Parfois, par un forfait prévention prévu dans certains contrats. Vérifiez les garanties avant de souscrire.
Pourquoi un chaton a-t-il besoin de plusieurs injections ?
Parce que les anticorps reçus de sa mère par le colostrum peuvent neutraliser le vaccin pendant un temps variable. On répète donc les injections jusqu’à 16 semaines ou plus, puis un rappel, pour qu’au moins l’une d’elles protège le chaton.
Peut-on vacciner une chatte gestante ?
C’est au vétérinaire de décider. La gestation peut modifier le type de vaccin et le calendrier, et les vaccins inactivés sont en général considérés comme plus sûrs que les vaccins vivants pendant cette période.
Mon chat a eu une réaction au dernier vaccin : que faire ?
Signalez-le au vétérinaire avant le prochain rappel. Il pourra choisir un autre vaccin, adapter le calendrier ou prévoir une surveillance, comme le prévoient les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP, qui tiennent compte des réactions passées dans le choix du vaccin.
Combien de temps avant une pension faut-il vacciner ?
Plusieurs semaines à l’avance, pour que le vaccin ait le temps d’être efficace, surtout s’il s’agit d’une première vaccination qui demande deux injections. Renseignez-vous auprès de la pension sur les vaccins exigés.
Que faut-il vérifier quand on adopte un chat vacciné ?
Le carnet de santé ou le passeport : nom des vaccins, dates, date du prochain rappel et signature du vétérinaire. Prenez ensuite rendez-vous chez votre vétérinaire dans les premières semaines pour poursuivre le calendrier.
Le vaccin contre la leucose est-il utile pour un chat d’intérieur ?
Il dépend du risque. Les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP le jugent essentiel avant un an, puis optionnel ; pour un chat adulte qui ne sort pas et ne croise aucun chat inconnu, le vétérinaire peut estimer qu’il n’est plus nécessaire.
Le vaccin est-il obligatoire pour un chat ?
Non, en France, sauf la rage pour voyager hors de France, selon la préfecture des Pyrénées-Orientales et Service-Public.fr. Le typhus et le coryza sont recommandés pour tous les chats par International Cat Care, et une pension peut exiger des vaccins à jour.
Quels vaccins pour un chat d’intérieur ?
Le typhus et le coryza, recommandés pour tous les chats, même d’intérieur, par International Cat Care.
Quels vaccins pour un chat qui sort ?
Le typhus et le coryza, et en général la leucose, vivement recommandée pour les chats qui ont accès à l’extérieur.
À quel âge vacciner un chaton ?
La première série commence souvent à 8 ou 9 semaines et se poursuit jusqu’à 16 à 20 semaines, avec un premier rappel à 6 mois ou à un an.
Combien d’injections pour un chaton ?
En général deux ou trois injections à 3 ou 4 semaines d’intervalle, jusqu’à 16 à 20 semaines, puis un premier rappel.
Faut-il vacciner son chat tous les ans ?
Pas forcément pour tous les vaccins : International Cat Care parle d’un rythme d’un à trois ans selon le vaccin et le mode de vie. La visite chez le vétérinaire, elle, reste annuelle. Le vaccin contre la rage fait l’objet d’un rappel pour rester valable en vue d’un voyage.
J’ai oublié le rappel de mon chat, que faire ?
Prenez rendez-vous rapidement : le vétérinaire décidera s’il suffit d’une injection ou s’il faut reprendre une série, selon le vaccin et le retard.
Qu’est-ce que la règle du « 3-2-1 » ?
Une grosseur au point de vaccin doit être montrée au vétérinaire si elle persiste 3 mois, dépasse 2 centimètres, ou grossit encore un mois après l’injection.
Sources (16)
- Stone et al., 2020 AAHA/AAFP Feline Vaccination Guidelines, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2020 (PMC) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Kitten booklet, 2024 (PDF) (nouvel onglet)
- Service-Public.fr — Voyager à l’étranger avec son animal de compagnie, vérifié le 28 avril 2026 (nouvel onglet)
- International Cat Care — Vaccinating your cat (nouvel onglet)
- Hartmann et al. (ABCD), Feline injection-site sarcoma and other adverse reactions to vaccination in cats, Viruses, 2023 (Europe PMC) (nouvel onglet)
- Préfecture des Pyrénées-Orientales — Importance de la vaccination chez les chiens et les chats (mis à jour le 21/02/2024) (nouvel onglet)
- Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence — La rage (mis à jour le 25/11/2024) (nouvel onglet)
- Ministère de l’Agriculture — Rage : informations grand public et voyageurs (23/06/2026) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Cat flu (upper respiratory infection) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Feline infectious enteritis (feline parvovirus, panleukopenia virus) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Feline leukaemia virus (FeLV) (nouvel onglet)
- Wikipedia — Chlamydia felis (nouvel onglet)
- Rodan et al., 2022 AAFP/ISFM Cat Friendly Veterinary Interaction Guidelines: Approach and Handling Techniques, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2022 (PMC) (nouvel onglet)
- Institut national de la consommation — Assurance santé chien-chat en 15 questions-réponses (nouvel onglet)
- Wikipédia — Edward Jenner (nouvel onglet)
- Service-Public — Avoir un chien ou un chat : quelles sont les règles ? (F34877) (nouvel onglet)
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