Coryza du chat : le « rhume » des chats, bénin chez l’adulte, grave chez le chaton

Ce que vous allez trouver18 sections
- En bref : le coryza du chat
- Deux virus principaux
- Les signes
- La transmission
- Le traitement
- Soigner son chat à la maison
- Les complications
- Les rechutes
- Le vaccin
- Quand consulter : le récapitulatif
- Le coryza selon l’âge et l’état de santé
- Adoption, refuge, pension : les situations à risque
- Coryza ou autre chose ?
- Prendre soin de ses yeux et de son nez
- Les idées reçues
- Petit lexique du coryza
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Le coryza, qu’on appelle aussi « grippe » ou « rhume » du chat, est une infection des voies respiratoires hautes, très contagieuse entre chats. Cats Protection explique qu’il est surtout dû à deux virus, l’herpèsvirus félin et le calicivirus félin, auxquels des bactéries viennent souvent s’ajouter. Chez un adulte en bonne santé, il ressemble à un gros rhume ; chez un chaton, un chat très âgé ou un chat dont l’immunité est affaiblie, il peut mettre sa vie en danger. Il n’existe pas de médicament qui élimine ces virus : on soigne les symptômes. Et le vaccin n’empêche pas d’attraper le coryza, mais il protège des formes graves.
Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.
En bref : le coryza du chat
| La question | La réponse |
|---|---|
| Qu’est-ce qui le cause ? | Surtout l’herpèsvirus et le calicivirus félins, souvent avec des bactéries |
| Comment se transmet-il ? | Entre chats, par les éternuements, la toux, et les objets souillés |
| Incubation ? | 2 à 5 jours pour l’herpèsvirus |
| Les signes ? | Éternuements, écoulements du nez et des yeux, fièvre, perte d’appétit, ulcères de la bouche |
| Pour qui est-il grave ? | Chatons, chats très âgés, immunité affaiblie |
| Peut-il revenir ? | Oui : certains chats restent porteurs et rechutent, surtout en cas de stress |
| Le vaccin ? | Il protège des formes graves, pas de l’infection |
| Contagieux pour l’humain ou le chien ? | Non |
Deux virus principaux
L’herpèsvirus félin
C’est l’agent de la rhinotrachéite virale féline. Wikipedia le décrit comme la cause d’environ la moitié des maladies respiratoires du chat. Il se transmet par contact direct avec la salive et les sécrétions des yeux et du nez, et par les objets souillés ; l’incubation dure deux à cinq jours, et le chat excrète le virus une à trois semaines. Il a une affinité particulière pour l’œil : conjonctivite, et ulcères de la cornée, parfois en forme de point ou d’arborescence.
Surtout, il ne quitte pas le chat. Le virus se cache dans un nerf de la face, et les chats porteurs l’excrètent de temps en temps toute leur vie. Le stress et les corticoïdes favorisent ces réactivations, précise Wikipedia.
Le calicivirus félin
On le retrouve chez environ la moitié des chats atteints d’infection respiratoire. Il donne de la fièvre, une conjonctivite, des écoulements du nez, des éternuements, et souvent des ulcères de la bouche, qui font baver et empêchent de manger. Certains chats développent aussi des douleurs articulaires. Il est présent chez environ 10 % des chats vivant en famille, mais chez 25 à 40 % des chats en refuge ou en élevage. Certaines souches, rares, provoquent une forme très grave, qui touche tout l’organisme.
Ce virus change facilement, ce qui complique la mise au point des vaccins, explique Wikipedia.
Plus de 90 % des cas
International Cat Care estime que plus de 90 % des infections des voies respiratoires hautes du chat sont dues à l’un des deux virus du coryza, ou aux deux. Les autres cas font intervenir des bactéries, Bordetella bronchiseptica ou Chlamydia felis. Les infections bactériennes secondaires sont fréquentes par-dessus les virus : ce sont elles qui peuvent prolonger la maladie, voire provoquer une infection des poumons.
Herpèsvirus ou calicivirus : deux tableaux différents
International Cat Care décrit ce qui distingue le plus souvent les deux virus :
| Herpèsvirus félin | Calicivirus félin | |
|---|---|---|
| Gravité habituelle | Plutôt plus sévère | Plutôt plus léger |
| Les yeux | Conjonctivite marquée, ulcères de la cornée | Yeux moins atteints |
| La bouche et la gorge | Pharyngite sévère, qui coupe l’appétit | Ulcères de la langue, parfois du palais ou des lèvres, gorge irritée |
| Autres signes | Inflammation de la trachée, toux, parfois lésions de la peau du visage | Boiteries passagères, surtout chez le jeune chaton ; pneumonie virale sévère chez le très jeune chaton |
Seul le vétérinaire peut faire la part des choses, souvent sur les signes, parfois avec un prélèvement.
Chlamydia felis
Cette bactérie, présente chez les chats du monde entier, provoque surtout une inflammation de la conjonctive de l’œil, parfois avec une rhinite et des troubles respiratoires, rapporte Wikipedia. International Cat Care la cite parmi les causes possibles d’infection respiratoire. Wikipedia signale aussi que des infections humaines par Chlamydia felis ont été rapportées : c’est une nuance à la règle générale selon laquelle le coryza ne se transmet pas à l’humain, qui reste vraie pour les deux virus principaux. Un vaccin existe, et les lignes directrices de l’AAHA et de l’AAFP le rangent parmi les vaccins optionnels, à discuter selon le mode de vie du chat.
Les signes
Cats Protection compare les signes à ceux d’un rhume ou d’une grippe humaine : éternuements, nez qui coule, yeux qui coulent, fièvre, chat abattu qui mange moins. Selon le virus en cause, on peut aussi voir des ulcères dans la bouche ou sur l’œil. Chez l’adulte, les signes de l’herpèsvirus passent en général en quatre à sept jours, mais une infection bactérienne peut les faire durer des semaines.
Chez le chaton, Cats Protection prévient que le coryza peut devenir sévère, avec une pneumonie et des ulcères de l’œil. Contactez le vétérinaire dès les premiers signes. Voyez aussi nos pages sur le chat qui éternue et le chat qui tousse.
Nettoyer et désinfecter : deux virus, deux résistances
Les recommandations de l’ABCD apportent une précision utile pour le ménage. L’herpèsvirus est fragile : il est détruit par la plupart des désinfectants, antiseptiques et détergents. Le calicivirus, lui, est beaucoup plus résistant : les experts estiment qu’il peut persister dans l’environnement pendant environ un mois, et qu’il résiste à beaucoup de désinfectants courants. International Cat Care parle, de son côté, d’une survie sur les objets pouvant aller jusqu’à dix jours. Dans les deux cas, la conclusion est la même : lavez soigneusement gamelles, couchages et bacs, et demandez au vétérinaire quel désinfectant choisir, efficace contre le calicivirus et sans danger pour vos chats.
Les chats les plus exposés
International Cat Care liste les chats les plus à risque :
- les chats vivant en grand groupe ou en colonie : élevages, refuges, colonies de chats libres ;
- les chats non vaccinés ;
- les chatons ;
- les chats âgés ou immunodéprimés, par exemple porteurs du FIV ou de la leucose, ou traités par des médicaments qui affaiblissent l’immunité, plus exposés aux formes graves ;
- les chats stressés, le stress affaiblissant leurs défenses.
La transmission
Le coryza se transmet un peu comme un rhume, explique Cats Protection : un chat éternue ou tousse, un autre récupère les germes. Il circule d’autant plus que les chats sont nombreux, d’où sa fréquence dans les refuges et les élevages. Les objets, gamelles, couchages, peuvent aussi transporter le virus. La plupart des désinfectants et détergents détruisent l’herpèsvirus, note Wikipedia.
Les recommandations de l’ABCD, le comité européen d’experts des maladies du chat, apportent des précisions. Un chat malade excrète l’herpèsvirus pendant environ trois semaines, et la contamination demande un contact direct. Le calicivirus est plus résistant : il peut survivre environ un mois dans l’environnement et résiste à de nombreux désinfectants courants. Des chats porteurs, apparemment guéris, peuvent continuer à l’excréter.
International Cat Care précise les trois voies de transmission des virus : le contact direct avec un chat malade, dont les sécrétions, lors des éternuements par exemple, contiennent de grandes quantités de virus ; le contact avec un chat porteur qui excrète le virus sans être malade ; et le contact avec des objets contaminés, vêtements, gamelles et autres. L’association indique que les virus peuvent survivre dans l’environnement et sur les objets jusqu’à deux jours pour l’herpèsvirus, et jusqu’à dix jours pour le calicivirus. D’où l’importance de laver ses mains et ses vêtements après avoir touché un chat malade, surtout avant de manipuler un autre chat.
Le coryza ne se transmet ni à l’humain ni au chien, et le chat n’attrape pas la grippe humaine, précise Cats Protection.
Une nuance : la bactérie Bordetella
Le coryza n’est pas toujours viral. Une bactérie, Bordetella bronchiseptica, peut aussi causer des troubles respiratoires chez le chat, de la simple fièvre avec toux, éternuements et yeux qui coulent jusqu’à une pneumonie grave. Contrairement aux virus du coryza, elle peut passer du chien au chat : les chiens atteints de troubles respiratoires sont une source d’infection pour les chats. Elle est aussi considérée comme une cause rare d’infection chez l’humain. Un chat qui tousse après avoir côtoyé un chien malade mérite donc d’être signalé au vétérinaire.
Le traitement
Il n’existe pas de médicament qui guérisse le coryza, rappelle Cats Protection. Le vétérinaire traite les symptômes et les complications, par exemple :
- des gouttes pour les yeux, en cas d’infection de l’œil ;
- des antibiotiques, seulement si une infection bactérienne s’installe ;
- un médicament pour fluidifier les sécrétions du nez.
Pour un coryza léger, il peut ne prescrire aucun médicament. Dans les cas graves, surtout chez le chaton déshydraté qui ne mange plus, une hospitalisation peut être nécessaire. Ne donnez jamais au chat un médicament pour humain.
Ce que peut faire le vétérinaire
International Cat Care décrit la prise en charge : le vétérinaire pose le plus souvent le diagnostic sur les signes, après avoir écarté d’autres causes, et peut confirmer les virus en cause par un prélèvement dans la gorge ou sur l’œil, analysé en laboratoire. Le traitement vise surtout le confort du chat, mais les cas sévères peuvent bénéficier de médicaments antiviraux. Les antibiotiques traitent les infections bactériennes secondaires ; en cas de nez très bouché et de gêne respiratoire, des inhalations de vapeur ou une nébulisation peuvent être utilisées. L’association insiste sur deux points souvent oubliés : ces chats ont probablement mal à la gorge et aux yeux, et doivent recevoir un traitement contre la douleur ; et un chat qui ne boit pas assez peut avoir besoin d’une perfusion pour éviter la déshydratation.
L’alimentation, clé de la guérison
Un chat atteint de coryza mange souvent à contrecœur : il sent mal sa nourriture, et manger peut être douloureux, explique International Cat Care. L’association conseille des aliments mous et très odorants, comme une pâtée pour chaton ou du poisson à l’huile, légèrement tiédis. S’il ne mange toujours pas, une hospitalisation avec une sonde d’alimentation peut être nécessaire, car une mauvaise alimentation ralentit la guérison. Ne laissez pas un chat sans manger plusieurs jours : c’est dangereux pour son foie.
Soigner son chat à la maison
Cats Protection propose des gestes simples :
- le garder au chaud et au calme, avec un couchage douillet ;
- limiter le stress dans la maison ; voyez notre page sur le stress du chat ;
- essuyer doucement les écoulements des yeux et du nez avec un coton humide ;
- l’encourager à manger, en tiédissant un peu la nourriture ou en proposant un aliment odorant ; voyez notre page sur le chat qui ne mange plus ;
- l’encourager à boire ;
- l’installer dans une pièce chargée de vapeur, comme la salle de bains après une douche, pour dégager son nez, sous surveillance et sans l’y obliger.
Si vous avez plusieurs chats, lavez bien la literie et les gamelles du malade.
Soulager le nez bouché
Un chat respire surtout par le nez : un nez bouché le gêne beaucoup, et l’empêche de sentir sa nourriture. Les recommandations de l’ABCD indiquent que des médicaments fluidifiants ou une nébulisation au sérum physiologique peuvent le soulager, sur prescription du vétérinaire. À la maison, la vapeur d’une salle de bains après une douche, proposée sans contrainte, va dans le même sens. International Cat Care rappelle que les soins attentifs du propriétaire, garder le chat propre, au chaud et au confort, jouent un rôle essentiel dans la guérison ; l’ABCD parle même de « tendresse » dans ses recommandations. Un chat qui respire la bouche ouverte, ou qui peine à respirer, doit être vu sans attendre.
Isoler le malade dans une maison à plusieurs chats
International Cat Care donne des consignes précises pour éviter la contagion :
- isolez le chat malade des autres, par exemple dans une pièce à part ;
- utilisez des gamelles et un bac à litière séparés ;
- choisissez une pièce facile à désinfecter, sans tapis ni tissus d’ameublement ;
- demandez au vétérinaire quel désinfectant utiliser, efficace et sans danger pour le chat ;
- occupez-vous du malade en dernier, et lavez-vous les mains après chaque contact.
L’association rappelle que les éleveurs et les personnes qui s’occupent de chats sans propriétaire ont besoin de mesures supplémentaires : isolement des nouveaux arrivants, dépistage des reproducteurs et vaccination précoce, à définir avec le vétérinaire. Si vous prévoyez d’accueillir un nouveau chat, voyez notre page pour adopter un deuxième chat.
Les complications
La plupart des coryzas guérissent, mais les recommandations de l’ABCD décrivent des formes plus sérieuses :
- l’herpèsvirus peut provoquer des ulcères de la cornée, caractéristiques, qui demandent un traitement de l’œil par le vétérinaire ;
- le calicivirus donne surtout des ulcères de la bouche, de la fièvre et des signes respiratoires ; il est retrouvé chez presque tous les chats atteints de gingivostomatite chronique, une inflammation durable de la bouche ;
- une forme dite systémique virulente du calicivirus, rare, associe fièvre, œdème de la peau, plaies sur la tête et les pattes et jaunisse ; elle est souvent mortelle et plus grave chez l’adulte.
Un chat qui ne mange plus à cause des ulcères de la bouche doit être aidé : l’ABCD recommande une nourriture très appétente, mixée ou tiédie. Voyez notre page sur le chat qui ne mange plus.
Le coryza chronique
International Cat Care rappelle que la plupart des chats guérissent, mais que, lors d’une infection sévère, la convalescence peut prendre plusieurs semaines. Certains chats gardent des lésions définitives dans le nez, avec un écoulement nasal persistant ou récidivant : c’est la rhinite chronique. Ces chats éternuent souvent, ont le nez qui coule par épisodes, et leur confort dépend d’un suivi régulier avec le vétérinaire. Voyez aussi notre page sur le chat qui éternue.
Les rechutes
Cats Protection explique qu’après la guérison, certains chats gardent l’infection et refont un coryza plus tard, surtout en période de stress ou de maladie. C’est typique de l’herpèsvirus, qui reste caché à vie. Wikipedia signale aussi que les infections latentes par le calicivirus se réveillent souvent lors d’un stress, par exemple au moment d’une adoption. Et une infection très jeune peut abîmer durablement les tissus du nez et des sinus, et favoriser des infections chroniques.
Réduire le stress, pour limiter les rechutes
Puisque le stress favorise la réactivation de l’herpèsvirus, réduire le stress fait partie de la prévention des rechutes. International Cat Care explique qu’une grande part du stress des chats vient des autres chats, surtout quand ils doivent partager des ressources essentielles, litières, gamelles, griffoirs, couchages, avec des congénères qu’ils n’apprécient pas. L’association cite aussi l’ennui, le manque de cachettes, un nombre insuffisant de litières propres, et des humains qui imposent trop de contacts ou se montrent imprévisibles, par exemple en punissant le chat. Quelques pistes, pour un chat porteur :
- des ressources en nombre suffisant, réparties dans la maison, pour que chaque chat y accède sans croiser les autres ;
- des cachettes et des postes en hauteur, où il se sent en sécurité ;
- une routine stable, et des changements introduits progressivement : déménagement, travaux, nouvel animal ;
- des contacts à son rythme, sans le forcer ni le punir.
Les porteurs sains
International Cat Care détaille ce qui se passe après la maladie. La plupart des chats guéris deviennent porteurs : ils n’ont en général aucun signe, mais peuvent excréter le virus dans leur salive, leurs larmes et leurs sécrétions nasales, et contaminer d’autres chats. Presque tous les chats infectés par l’herpèsvirus restent porteurs à long terme, mais beaucoup n’excrètent jamais de quantités importantes de virus ; d’autres l’excrètent par intermittence, surtout en période de stress ou sous traitement immunosuppresseur, avec parfois de légers signes de coryza. Pour le calicivirus, la plupart des chats continuent d’excréter le virus pendant des semaines ou des mois, mais finissent en majorité par l’éliminer en quelques mois. Dans un élevage, l’association note que le stress de la mise bas peut réactiver l’excrétion de l’herpèsvirus chez une chatte porteuse, au risque de contaminer ses chatons.
Le diagnostic en laboratoire : à interpréter avec prudence
Un prélèvement dans la gorge, sur la conjonctive ou sur la cornée permet de rechercher les virus par PCR, une technique qui détecte leur matériel génétique. Les recommandations de l’ABCD appellent toutefois à la prudence : un résultat positif peut refléter une faible excrétion chez un porteur, ou un virus simplement latent, sans qu’il soit forcément la cause des signes actuels. Elles déconseillent aussi de prélever un chat récemment vacciné avec un vaccin vivant atténué, qui pourrait fausser le résultat. C’est pourquoi le vétérinaire s’appuie avant tout sur l’examen du chat, et ne demande pas systématiquement d’analyse.
Le vaccin
Ce qu’il protège
Cats Protection est claire : le vaccin n’empêche pas le chat d’attraper le coryza, mais il l’aide à éviter les formes graves, et réduit fortement le risque d’avoir besoin de soins lourds ou d’une hospitalisation. Les lignes directrices 2020 de l’AAHA et de l’AAFP classent la vaccination contre l’herpèsvirus et le calicivirus parmi les vaccins essentiels pour tous les chats.
Faut-il vacciner un chat qui a déjà eu le coryza ?
Oui : un chat guéri d’une infection par l’herpèsvirus n’est en général pas protégé à vie contre de nouveaux épisodes, et un chat guéri d’un calicivirus ne l’est probablement pas non plus, surtout contre d’autres souches. Les experts recommandent donc de vacciner aussi les chats qui ont déjà été malades. Le calendrier, lui, dépend de l’âge et du mode de vie du chat : c’est le vétérinaire qui le fixe. Voyez notre page sur les vaccins du chat.
Un vaccin essentiel, même pour un chat d’intérieur
International Cat Care classe les vaccins contre l’herpèsvirus et le calicivirus parmi les vaccins essentiels, recommandés pour tous les chats, y compris ceux qui ne sortent jamais, en raison de la gravité ou de la large diffusion de ces maladies. Les vaccins contre Chlamydia felis et Bordetella bronchiseptica sont, eux, des vaccins non essentiels, proposés seulement si le chat court un vrai risque d’exposition, selon son âge, son mode de vie et ses contacts avec d’autres chats. L’association rappelle que les effets indésirables des vaccins sont très rares : le plus souvent une fatigue, un appétit diminué ou une sensibilité au point d’injection pendant quelques jours ; plus rarement, des signes plus marqués, parmi lesquels elle cite des signes d’infection respiratoire. Parlez-en au vétérinaire si vous êtes inquiet après une vaccination.
Pourquoi un chat vacciné peut encore tomber malade
International Cat Care l’explique : la vaccination réduit fortement le risque de coryza et empêche en général les formes graves, mais elle ne peut pas toujours empêcher l’infection, si bien qu’une forme légère reste possible. Le calicivirus, qui change facilement, complique aussi la tâche des vaccins, rappelle Wikipedia. Un chat vacciné qui éternue quelques jours n’est donc pas la preuve d’un vaccin inefficace : sans lui, la maladie aurait probablement été plus sévère.
Le chaton
Les chatons sont plus vulnérables, car leur système immunitaire est immature. S’ils sont nés d’une mère vaccinée, ils reçoivent d’elle une protection temporaire, qui s’estompe : Cats Protection conseille une première série de vaccins vers 8 à 9 semaines. Une mère non vaccinée protège moins ses petits, et peut leur transmettre le coryza si elle tombe malade pendant la gestation. Voyez notre page sur les vaccins du chat.
Avant une pension
Cats Protection indique que la plupart des pensions exigent un chat vacciné, le plus souvent contre le coryza et le typhus. Voyez notre page pour faire garder son chat.
Quand consulter : le récapitulatif
| Ce que vous voyez | Que faire |
|---|---|
| Chaton qui éternue, a les yeux ou le nez qui coulent | Contacter le vétérinaire dès les premiers signes |
| Adulte en forme, léger rhume | Soins à la maison, rendez-vous chez le vétérinaire |
| Chat qui ne mange plus, ou presque, depuis trois jours | Consulter en urgence |
| Œil fermé, trouble, très douloureux | Consulter rapidement : ulcère possible |
| Gêne respiratoire, nez très bouché | Consulter sans attendre |
| Plaies sur la tête et les pattes, gonflements, jaunisse, forte fièvre | Urgence : forme grave du calicivirus possible |
| Chat âgé ou immunodéprimé (FIV, leucose, traitement) | Consulter tôt : risque de forme sévère |
Le coryza selon l’âge et l’état de santé
- Le chaton : son système immunitaire est immature. Cats Protection prévient que le coryza peut devenir sévère, avec pneumonie et ulcères de l’œil, et International Cat Care signale que, chez le très jeune chaton, le calicivirus peut provoquer une pneumonie virale sévère.
- L’adulte en bonne santé : le plus souvent, un gros rhume de quelques jours, qui guérit avec de bons soins, même si l’animal reste souvent porteur.
- Le chat âgé ou immunodéprimé : International Cat Care le range parmi les chats plus exposés aux formes graves, par exemple en cas d’infection par le FIV ou la leucose, ou de traitement qui affaiblit l’immunité.
- Le cas à part de la forme systémique virulente : les recommandations de l’ABCD notent qu’elle est plus sévère chez l’adulte, avec une mortalité élevée. Elle reste rare.
Adoption, refuge, pension : les situations à risque
Le coryza circule surtout là où beaucoup de chats se côtoient, rappelle International Cat Care, et le stress favorise la réactivation de l’herpèsvirus. Quelques situations méritent une attention particulière :
- l’adoption : un chat qui arrive d’un refuge ou d’un élevage peut éternuer dans les jours qui suivent, sous l’effet du stress du changement. S’il y a déjà des chats à la maison, gardez le nouveau venu à l’écart quelques jours, et faites-le examiner ;
- la pension : la plupart des pensions exigent un chat vacciné contre le coryza, rappelle Cats Protection ; vérifiez ses vaccins plusieurs semaines avant le départ ;
- la mise bas : dans un élevage, le stress de la mise bas peut réactiver l’excrétion de l’herpèsvirus chez une chatte porteuse ;
- les chats libres : les colonies, où vivent beaucoup de chats non vaccinés, sont particulièrement touchées.
Coryza ou autre chose ?
Tout chat qui éternue n’a pas forcément le coryza. International Cat Care précise que le vétérinaire pose le diagnostic sur les signes, après avoir écarté d’autres causes. Des éternuements qui durent plusieurs semaines, qui reviennent chez un chat vacciné, ou qui s’accompagnent de signes inhabituels méritent donc un examen, et parfois des examens complémentaires. Voyez notre page sur le chat qui tousse si la toux domine.
Prendre soin de ses yeux et de son nez
Les écoulements des yeux et du nez doivent être nettoyés régulièrement, rappelle International Cat Care. Utilisez un coton ou une compresse humidifiés à l’eau tiède, un par œil, sans frotter. Ne mettez jamais de collyre pour humain : l’association précise que des gouttes spécifiques peuvent être nécessaires, sur prescription du vétérinaire, notamment en cas d’ulcère de la cornée. Un œil fermé, qui pleure beaucoup, qui devient trouble ou que le chat frotte doit être examiné rapidement. Voyez notre page sur les soins de la peau, des yeux et des oreilles.
Les idées reçues
- « Le coryza, c’est juste un rhume. » Chez l’adulte en bonne santé, souvent ; mais chez le chaton, le chat âgé ou immunodéprimé, il peut être grave, voire mortel, rappelle International Cat Care.
- « Un chat d’intérieur ne peut pas l’attraper. » Les virus survivent jusqu’à dix jours sur les objets : ils peuvent entrer dans la maison sur vos vêtements.
- « Les antibiotiques soignent le coryza. » Ils ne traitent que les infections bactériennes secondaires, pas les virus.
- « Un chat guéri n’est plus contagieux. » La plupart restent porteurs, et peuvent excréter le virus sans signes.
- « Le coryza ne touche jamais l’humain. » C’est vrai pour les virus principaux ; Wikipedia signale toutefois de rares infections humaines par Chlamydia felis, une bactérie parfois en cause.
- « Un chat qui boite n’a rien à voir avec le coryza. » Chez le jeune chaton, le calicivirus peut provoquer des boiteries passagères.
Petit lexique du coryza
Les comptes rendus vétérinaires emploient des mots techniques. International Cat Care en donne les définitions :
- conjonctivite : inflammation de la conjonctive, la membrane qui tapisse l’œil et l’intérieur des paupières ;
- pharyngite : inflammation du pharynx, autrement dit un mal de gorge ;
- rhinite : inflammation et infection du nez ;
- pneumonie : inflammation des poumons et des voies respiratoires ;
- anorexie : perte d’appétit durable, sans rapport avec le trouble humain du même nom.
Les recommandations de l’ABCD décrivent aussi la kératite ulcérative dendritique, un ulcère de la cornée en forme de branches, typique de l’herpèsvirus, et la rhinotrachéite, l’inflammation du nez et de la trachée qui a donné son nom à l’infection par l’herpèsvirus.
Les erreurs fréquentes
- Attendre qu’un chaton guérisse seul.
- Donner des médicaments pour humain.
- Réclamer des antibiotiques pour un coryza viral sans complication.
- Croire qu’un chat vacciné ne peut pas l’attraper.
- Laisser le chat malade partager gamelles et couchages avec les autres chats.
- Oublier qu’il peut rechuter en période de stress.
Questions fréquentes
Le coryza du chat est-il grave ?
Chez un adulte en bonne santé, il ressemble à un gros rhume. Chez un chaton, un chat très âgé ou affaibli, il peut être grave, avec une pneumonie ou des ulcères de l’œil. Contactez le vétérinaire dès les premiers signes.
Combien de temps dure le coryza ?
Les signes dus à l’herpèsvirus passent en général en quatre à sept jours chez l’adulte, mais une surinfection bactérienne peut les prolonger de plusieurs semaines.
Le coryza est-il contagieux pour l’humain ?
Non. Cats Protection précise que l’humain n’attrape pas le coryza, que le chat n’attrape pas la grippe humaine, et que le chien n’est pas concerné. Il est en revanche très contagieux entre chats.
Un chat vacciné peut-il attraper le coryza ?
Oui. Le vaccin ne l’empêche pas d’être infecté, mais il le protège des formes graves et limite le besoin de soins lourds.
Combien de temps un chat qui a le coryza reste-t-il contagieux ?
Un chat malade excrète l’herpèsvirus pendant environ trois semaines, mais la plupart restent porteurs à vie et peuvent le réexcréter après un stress. Des porteurs du calicivirus continuent aussi à l’excréter après la guérison.
Mon chien peut-il donner le coryza à mon chat ?
Pas les virus du coryza. Mais la bactérie Bordetella bronchiseptica, qui peut aussi causer des troubles respiratoires chez le chat, peut passer d’un chien malade à un chat.
Mon chaton boite et a le coryza : y a-t-il un lien ?
Possiblement. International Cat Care indique que le calicivirus peut provoquer une inflammation passagère des articulations, un « syndrome de boiterie », surtout chez le jeune chaton. Montrez-le au vétérinaire.
Combien de temps le virus survit-il sur les objets ?
Jusqu’à deux jours pour l’herpèsvirus et jusqu’à dix jours pour le calicivirus. Lavez gamelles, couchages, mains et vêtements après un contact avec un chat malade.
Mon chat a le coryza et ne mange plus : que faire ?
Proposez-lui des aliments mous et très odorants, légèrement tiédis, comme une pâtée pour chaton, conseille International Cat Care, et demandez au vétérinaire un traitement contre la douleur. S’il ne mange toujours pas, une sonde d’alimentation peut être nécessaire.
Faut-il isoler un chat qui a le coryza ?
Oui, si vous avez d’autres chats : International Cat Care conseille une pièce à part, facile à désinfecter, avec gamelles et litière séparées.
Qu’est-ce que la rhinite chronique ?
Une séquelle possible d’un coryza sévère : des lésions définitives du nez, avec un écoulement nasal persistant ou récidivant.
Mon chat vacciné éternue : le vaccin n’a-t-il pas marché ?
Pas forcément. International Cat Care rappelle que le vaccin empêche en général les formes graves, mais pas toujours l’infection : une forme légère reste possible.
Quel désinfectant utiliser contre le coryza ?
Demandez au vétérinaire. Les recommandations de l’ABCD rappellent que l’herpèsvirus est détruit par la plupart des désinfectants, mais que le calicivirus résiste à beaucoup d’entre eux et peut persister environ un mois dans l’environnement.
Faut-il revacciner un chat guéri du coryza ?
Oui : un chat guéri n’est en général pas protégé à vie, et la vaccination reste recommandée. Le vétérinaire fixera le calendrier.
Le vaccin contre le coryza est-il utile pour un chat d’intérieur ?
Oui. International Cat Care le classe parmi les vaccins essentiels pour tous les chats, y compris ceux qui ne sortent jamais : les virus peuvent entrer dans la maison sur des objets ou des vêtements.
Comment éviter que mon chat refasse un coryza ?
En limitant son stress, qui favorise la réactivation de l’herpèsvirus : ressources en nombre suffisant, cachettes, routine stable, contacts à son rythme, selon les pistes d’International Cat Care. Et en maintenant ses vaccins à jour.
Le coryza peut-il être mortel ?
Rarement, mais oui. International Cat Care rappelle que la plupart des chats guérissent, mais que l’infection peut parfois mettre la vie en danger, surtout chez le chaton, le chat âgé ou immunodéprimé. La forme systémique virulente du calicivirus, rare, a une mortalité élevée.
Que veut dire « rhinotrachéite » sur l’ordonnance ?
C’est l’inflammation du nez et de la trachée causée par l’herpèsvirus félin, l’un des deux virus principaux du coryza.
Mon chat a le coryza : puis-je le laisser sortir ?
Mieux vaut le garder à l’intérieur, au chaud, le temps qu’il guérisse : il a besoin de repos, et il pourrait contaminer les chats du voisinage. International Cat Care rappelle que les virus se transmettent par contact direct avec un chat malade ou porteur.
Un chat porteur peut-il vivre avec d’autres chats ?
Oui, le plus souvent. International Cat Care précise que beaucoup de chats porteurs de l’herpèsvirus n’excrètent jamais de grandes quantités de virus. Maintenez les vaccins de tous les chats à jour, et limitez les sources de stress.
Faut-il nettoyer les yeux d’un chat qui a le coryza ?
Oui : International Cat Care conseille de nettoyer régulièrement les écoulements, avec un coton humide, sans frotter. Des gouttes spécifiques peuvent être nécessaires, uniquement sur prescription du vétérinaire. N’utilisez jamais de collyre pour humain : International Cat Care rappelle, de façon générale, de ne jamais donner à un chat un produit destiné aux humains sans l’avis du vétérinaire.
Pourquoi mon chat refait-il un coryza ?
Parce que l’herpèsvirus reste caché dans son organisme à vie et peut se réactiver, surtout en cas de stress ou de maladie. Certains chats porteurs du calicivirus rechutent aussi.
Sources (12)
- Cats Protection — Cat flu (nouvel onglet)
- Wikipedia — Feline viral rhinotracheitis (nouvel onglet)
- Wikipedia — Feline calicivirus (nouvel onglet)
- Stone et al., 2020 AAHA/AAFP Feline Vaccination Guidelines, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2020 (PMC) (nouvel onglet)
- Cats Protection — How to prepare your cat for a cattery stay (nouvel onglet)
- Thiry E. et al. — Feline herpesvirus infection. ABCD guidelines on prevention and management, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2009 (nouvel onglet)
- Radford A.D. et al. — Feline calicivirus infection. ABCD guidelines on prevention and management, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2009 (nouvel onglet)
- Egberink H. et al. — Bordetella bronchiseptica infection in cats. ABCD guidelines on prevention and management, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2009 (nouvel onglet)
- International Cat Care — Cat flu (upper respiratory infection) (nouvel onglet)
- Wikipedia — Chlamydia felis (nouvel onglet)
- International Cat Care — Vaccinating your cat (nouvel onglet)
- International Cat Care — Stress in cats (nouvel onglet)
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