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Ostéopathe pour chat : un métier encadré par l’Ordre des vétérinaires

ostéopathe pour chat
Ostéopathe pour chat
Ce que vous allez trouver9 sections
  1. Le métier en bref
  2. Ce que fait un ostéopathe animalier
  3. Ce que dit la loi
  4. Ostéopathie et chat : que sait-on ?
  5. Se former
  6. Avantages et inconvénients
  7. Les erreurs fréquentes
  8. Les métiers voisins
  9. Questions fréquentes

L’ostéopathe animalier soigne les animaux avec ses mains, par des mouvements de palpation et de pression, pour leur rendre mobilité et souplesse. En France, c’est un acte de médecine animale : un non-vétérinaire ne peut le pratiquer que s’il a prouvé ses compétences devant le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, est inscrit sur la liste que tient l’Ordre, et respecte ses règles de déontologie, selon l’article L243-3 du code rural. Onisep précise qu’un diplôme d’école d’ostéopathie animale ne suffit pas : il faut réussir l’examen national d’aptitude de l’Ordre. Côté efficacité, les preuves chez le chat sont rares : une revue de 2025 sur l’arthrose féline note que les approches non médicamenteuses reposent surtout sur des études humaines ou menées sur d’autres espèces.

Le métier en bref

Cadre légalActe autorisé aux non-vétérinaires inscrits sur la liste de l’Ordre (code rural, L243-3, 12°)
AccèsBac + 5 et examen national d’aptitude du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires
Autre voieVétérinaire, avec éventuellement le diplôme interécoles d’ostéopathie vétérinaire
SéanceEnviron 30 minutes, souvent à domicile ou en écurie
PatientsChevaux, chiens, chats
Ce que disent les étudesTrès peu de données chez le chat
Définition légaleManipulations manuelles et externes des troubles fonctionnels, hors maladies organiques (code rural, R243-6)
ExamenQCM de 120 questions, 70 bonnes réponses exigées, puis épreuve pratique sur un chien ou un chat, ou sur un équidé ou un bovin, tiré au sort
Réussite, 2018-202247,9 % à l’écrit, 61,9 % à la pratique
Vérifier un praticienAnnuaires en ligne de l’Ordre des vétérinaires

Ce que fait un ostéopathe animalier

Onisep décrit le principe : prévenir et traiter les troubles fonctionnels du corps de l’animal par des manipulations, sans instrument. L’ostéopathe palpe l’animal, cherche les blocages et les tensions dans les muscles, les ligaments ou les os. Une séance dure environ 30 minutes ; il faut savoir rester calme et instaurer une relation de confiance avec l’animal. Le praticien est souvent en déplacement, chez les propriétaires ou dans les écuries. L’ostéopathie elle-même a été fondée au XIXe siècle par un médecin américain, Andrew Taylor Still, rappelle Wikipédia.

Ce que la loi appelle « acte d’ostéopathie animale »

Le code rural en donne une définition précise, à l’article R243-6, créé par un décret du 19 avril 2017. Il s’agit de manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de traiter des troubles fonctionnels du corps de l’animal, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. Ces manipulations sont musculo-squelettiques et myo-fasciales, exclusivement manuelles et externes. L’ostéopathe réalise des manipulations et des mobilisations sans instrument, directes ou indirectes, et non forcées.

Concrètement, puisque ces actes sont exclusivement manuels, externes et sans instrument, et qu’ils excluent les maladies organiques, un ostéopathe animalier non vétérinaire ne pose pas de diagnostic médical, ne prescrit pas de médicament, ne pratique ni radiographie ni prise de sang, et ne traite pas une maladie. Un chat qui a une fracture, une infection, une maladie des reins ou une tumeur relève du vétérinaire.

Vétérinaire ostéopathe ou ostéopathe animalier ?

Deux catégories de praticiens coexistent. L’Ordre des vétérinaires rappelle que tous les vétérinaires en exercice, inscrits au tableau de l’Ordre, peuvent pratiquer des actes d’ostéopathie sur les animaux ; certains ont approfondi le sujet et sont titulaires du diplôme d’ostéopathie vétérinaire, et l’Ordre publie la liste de ces vétérinaires. Les autres praticiens, qu’on appelle souvent « ostéopathes exclusifs », ne sont pas vétérinaires : ce sont eux que concernent l’examen et la liste décrits sur cette page.

Pour un chat, la différence est concrète. Un vétérinaire ostéopathe peut examiner, diagnostiquer et traiter dans la même consultation. Un ostéopathe animalier non vétérinaire intervient, rappelle le ministère de l’Agriculture, sans être sous l’autorité médicale d’un vétérinaire ni sur prescription vétérinaire : il doit donc savoir reconnaître seul les cas qui relèvent du vétérinaire.

Ce que dit la loi

Un acte de médecine animale

L’article L243-3 du code rural liste les personnes autres que les vétérinaires autorisées à pratiquer certains actes de médecine ou de chirurgie des animaux. Son 12° y inclut les personnes qui réalisent des actes d’ostéopathie animale, à trois conditions :

  • justifier de compétences définies par décret et évaluées par le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires ;
  • être inscrites sur une liste tenue par l’Ordre des vétérinaires ;
  • s’engager à respecter des règles de déontologie définies par décret, sous le contrôle de l’Ordre.

Les règles de déontologie

Les ostéopathes animaliers non vétérinaires s’engagent par écrit à respecter les règles de déontologie fixées par l’article R243-8 du code rural. Elles disent beaucoup de ce qu’un propriétaire est en droit d’attendre :

  • se former : acquérir l’information scientifique nécessaire à leur exercice et entretenir leurs connaissances ;
  • orienter vers un vétérinaire lorsque les symptômes ou les lésions nécessitent un diagnostic ou un traitement médical, lorsque les symptômes persistent ou s’aggravent, lorsque les troubles dépassent le champ de l’ostéopathie, ou en cas de douleur prolongée pendant les manipulations ou après elles ;
  • rester dans leur domaine : ne pas entreprendre ni poursuivre des soins qui ne relèvent pas de l’ostéopathie animale ou dépassent leurs moyens ;
  • ne pas provoquer délibérément la mort d’un animal ;
  • informer loyalement le propriétaire sur l’état de l’animal, de façon claire et appropriée, et rechercher son consentement dans tous les cas ;
  • conseiller honnêtement sur des produits ou procédés, de façon scientifiquement étayée, sans induire en erreur ni exploiter la crédulité ou le manque de connaissances du public ;
  • respecter l’hygiène lorsqu’ils interviennent à domicile.

L’inscription sur la liste

Après la réussite à l’examen, la personne est inscrite au registre national d’aptitude tenu par le Conseil national de l’Ordre. Pour exercer, elle doit aussi s’inscrire sur la liste tenue par le conseil régional de l’Ordre de son domicile professionnel, selon l’article R243-9 : elle fournit son nom et son adresse professionnelle, son engagement écrit à respecter la déontologie, la preuve de son inscription au registre, et la liste des départements où elle compte exercer. Le rapport du CGAAER de 2023 précise que les praticiens qui exercent doivent aussi cotiser à l’Ordre des vétérinaires.

Retrait de la liste et sanctions

Le conseil régional de l’Ordre peut retirer de la liste une personne dont l’état de santé ou l’insuffisance professionnelle rend dangereuse la pratique de l’ostéopathie animale (article R243-10). Celle qui ne respecte pas les règles de déontologie est poursuivie devant les chambres de discipline de l’Ordre (article R243-11) ; pour ces affaires, précise l’Ordre, deux des quatre assesseurs sont tirés au sort parmi les personnes inscrites sur les listes d’ostéopathes.

Exercer sans être inscrit : un exercice illégal

L’Ordre des vétérinaires rappelle que la période de transition a pris fin le 31 décembre 2019. Depuis, toute personne non vétérinaire qui pratique des actes d’ostéopathie sur un animal sans être inscrite au registre national d’aptitude peut être poursuivie pour exercice illégal de la médecine et de la chirurgie vétérinaires. Le rapport du CGAAER de 2023 note pourtant qu’un nombre indéterminé de praticiens exercent sans être inscrits, parfois sous d’autres appellations, comme « masseur animalier », « praticien du shiatsu » ou « fasciathérapeute ».

Le diplôme d’école ne suffit pas

Onisep insiste : pour exercer comme ostéopathe animalier sans être vétérinaire, il faut un niveau bac + 5 et avoir réussi l’examen national d’aptitude du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, pour être inscrit au registre national d’aptitude. L’obtention d’un diplôme d’école d’ostéopathie animale n’est pas suffisante.

Ce que doit vérifier le propriétaire

Avant de confier votre chat à un ostéopathe, vérifiez qu’il est inscrit sur la liste de l’Ordre des vétérinaires, ou qu’il est lui-même vétérinaire. L’Ordre publie en ligne un annuaire des personnes inscrites au registre national d’aptitude, un annuaire des ostéopathes inscrits sur les listes d’exercice, et la liste des vétérinaires titulaires du diplôme d’ostéopathie vétérinaire : quelques minutes suffisent pour vérifier un nom. Un ostéopathe ne remplace pas le diagnostic vétérinaire : un chat qui boite, qui a mal ou qui change de comportement doit d’abord être examiné par un vétérinaire.

Ostéopathie et chat : que sait-on ?

Très peu d’études

Une revue publiée en 2025 dans le Journal of Feline Medicine and Surgery fait le point sur l’arthrose du chat, première source de douleur chronique chez lui. Elle ne recense que 29 publications sur la prise en charge de l’arthrose féline, dont beaucoup manquent de rigueur. Les approches proposées en dehors des médicaments, dont les méthodes de physiothérapie, reposent surtout sur des études humaines ou sur d’autres espèces animales, ce qui introduit un risque de biais élevé. Les données manquent donc pour dire si l’ostéopathie soulage réellement le chat.

La rééducation du chat : un domaine qui se développe

Une revue en deux parties publiée en 2025 dans le Journal of Feline Medicine and Surgery fait le point sur la rééducation physique du chat, dont les techniques manuelles sont une partie. La revue rappelle que la rééducation a longtemps été réservée aux chiens, alors que les chats peuvent en tirer autant de bénéfices, et que la tendance change. Les chats sont surtout adressés pour l’arthrose, les fractures, les troubles neurologiques, l’obésité, ou après une chirurgie articulaire.

La revue souligne aussi les limites propres au chat. Il n’a pas l’habitude d’être manipulé ou tenu, se lasse et s’agace vite ; son tempérament, mais aussi son état de santé, cardiaque par exemple, peuvent exclure certaines techniques. Et les résultats varient beaucoup : ce qui marche très bien chez un chat peut n’avoir aucun effet chez un autre. Les techniques manuelles, selon la même revue, doivent être pratiquées dans un environnement calme, pour que le chat coopère et que ses muscles soient détendus ; les séances gagnent à être courtes et intéressantes.

Combien de chats voient un ostéopathe ?

Peu, d’après les chiffres disponibles. Le rapport du CGAAER de 2023 cite un sondage du Collectif des ostéopathes animaliers selon lequel seulement 1,2 % des chats auraient vu un ostéopathe au moins une fois dans l’année, contre 3 % des chiens et 25 % des chevaux. Le cheval reste le premier domaine d’activité de la profession. Ce chiffre vient d’un sondage réalisé par une organisation professionnelle, que le rapport cite sans pouvoir le vérifier par une autre source.

Quand voir d’abord le vétérinaire

La revue de 2025 sur la rééducation du chat liste des changements qui peuvent signaler une douleur. Du côté de la mobilité : difficulté à sauter, à monter ou descendre les escaliers, à courir, chat moins actif ou qui ne veut plus jouer, posture différente pendant le jeu. Du côté du comportement : chat qui se cache davantage, qui fait ses besoins hors de la litière, qui fait plus ou moins sa toilette, qui repousse davantage les contacts, dont le caractère change, qui devient plus sensible au toucher ou mange moins.

Chacun de ces signes justifie d’abord une consultation vétérinaire : la douleur peut venir d’une arthrose, mais aussi d’une maladie que l’ostéopathie ne traite pas. C’est d’ailleurs une obligation déontologique pour l’ostéopathe lui-même, qui doit orienter vers un vétérinaire dès que les symptômes nécessitent un diagnostic médical ou persistent. Voyez aussi notre page sur le vieux chat.

Ce qui soulage le chat arthrosique

International Cat Care rappelle que les traitements les plus utilisés contre la douleur de l’arthrose sont des médicaments prescrits par le vétérinaire, et que l’aménagement de la maison aide beaucoup : marches, litière à bord bas, couchage accessible. Voyez notre page sur l’arthrose.

Se former

Deux voies

Onisep décrit deux parcours. Le premier : devenir vétérinaire, en au moins 6 ans d’études pour le diplôme d’État, éventuellement complété par un diplôme interécoles d’ostéopathie vétérinaire. Le second : exercer exclusivement comme ostéopathe animalier, avec un niveau bac + 5 et la réussite à l’examen national d’aptitude de l’Ordre. Voyez la fiche métier de vétérinaire.

Devenir ostéopathe pour chat : les conditions légales

L’article D243-7 du code rural, créé par un décret du 19 avril 2017, fixe la règle : l’épreuve d’aptitude est accessible après cinq années d’études supérieures. Elle doit attester trois choses :

  • la capacité à évaluer une situation clinique, à établir un diagnostic ostéopathique et à choisir et réaliser les manipulations adaptées ;
  • la capacité à identifier les cas qui relèvent d’un vétérinaire, en excluant toute manipulation qui pourrait aggraver l’état de l’animal ou gêner le diagnostic d’une maladie ;
  • des connaissances biologiques, anatomiques et physiologiques sur les animaux traités, sur les méthodes d’élevage, et des connaissances théoriques sur leurs maladies.

Les professionnels venus d’un autre pays de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen peuvent être inscrits au registre à certaines conditions, contrôlées par l’Ordre. Une dérogation transitoire, la « clause grand-père », a permis aux praticiens qui justifiaient en 2017 de trois ans d’études supérieures et de cinq ans de pratique de passer seulement l’épreuve pratique, au plus tard le 31 décembre 2019.

L’épreuve d’admissibilité : un QCM de 120 questions

Le règlement des épreuves, dans sa version adoptée par l’Ordre en mars 2025, détaille l’examen écrit. Le questionnaire compte 120 questions, en général à cinq réponses possibles, réparties en trois parties :

PartieQuestionsContenu
Disciplines fondamentales36Anatomie, physiologie animale, histologie, biochimie
Disciplines transversales36Zootechnie, alimentation, droit, éthique, santé publique
Disciplines cliniques48Diagnostic d’opportunité, disciplines ostéopathiques

L’épreuve dure 130 minutes. Elle est réussie avec au moins 70 bonnes réponses sur 120 : c’est le seul critère. Les questions sont tirées au sort dans une banque alimentée par des enseignants d’écoles d’ostéopathie animale, des ostéopathes inscrits au registre, des vétérinaires ostéopathes et des enseignants des écoles nationales vétérinaires. Le programme suit quatre grandes compétences : adopter une posture professionnelle conforme à la loi et à la déontologie, recueillir et synthétiser des données pour choisir les manipulations, reconnaître les signes cliniques des principales maladies et des dangers sanitaires, et évaluer quand une prise en charge vétérinaire s’impose.

L’épreuve pratique : chien ou chat, cheval ou bovin

L’épreuve pratique est une démonstration sur un animal. Le jour de l’examen, chaque candidat tire au sort un groupe d’espèces : soit un chien ou un chat, pour les carnivores domestiques, soit un équidé ou un bovin, pour les herbivores. Autrement dit, on ne choisit pas de passer l’épreuve sur un chat : un futur ostéopathe qui ne veut soigner que des chats doit aussi être prêt à manipuler un cheval ou un bovin. Un arrêté de juin 2020 a réduit l’épreuve, auparavant passée sur deux espèces ou groupes d’espèces, à un seul.

L’épreuve vérifie notamment la capacité à approcher et contenir l’animal en sécurité, dans le respect de son bien-être, à recueillir son histoire et à réaliser les tests adaptés, à identifier les cas qui relèvent du vétérinaire en s’abstenant de toute manipulation risquée, à réaliser les manipulations, à donner des consignes de suivi, et à montrer une éthique qui respecte la confiance du propriétaire. Elle a deux parties : l’examen de l’animal avec des propositions de manipulations et des recommandations, puis la réalisation de manipulations demandées par l’examinateur et la discussion d’une situation courante. Les jurys associent vétérinaires et ostéopathes animaliers.

Où et quand

Les épreuves pratiques se déroulent dans les écoles nationales vétérinaires de Nantes, Oniris, et de Lyon, VetAgro Sup, avec 24 candidats par journée ; le calendrier publié par l’Ordre pour 2026 ajoute l’école vétérinaire de Toulouse au second semestre. L’écrit se passe à Oniris. Chaque étape a ses frais, dossier de candidature, inscription à l’écrit, inscription à l’épreuve pratique, et chaque nouvelle tentative se paie à nouveau : leurs montants sont fixés chaque année par l’Ordre et publiés en annexe du règlement des épreuves.

Une épreuve sélective

Le rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, le CGAAER, publié en 2023, a analysé les résultats de 2018 à 2022. À l’écrit, 805 candidats ont réussi pour 1 681 passages, soit un taux global de 47,9 %. À l’épreuve pratique, 708 candidats ont réussi pour 1 143 passages, soit 61,9 %. Les trois quarts des reçus ont réussi l’écrit du premier coup, et 80 % l’épreuve pratique. Une analyse de l’Ordre sur les épreuves de 2021 montre que les matières les plus souvent échouées sont la physiologie et la biologie, l’alimentation et la pharmacie ; l’anatomie, la clinique et la technique ostéopathique donnent de meilleurs résultats.

En mars 2023, 723 personnes figuraient sur la liste d’exercice, et 839 candidats avaient réussi les deux épreuves en juin 2023, selon le même rapport.

Choisir son école

Le rapport du CGAAER invite à la prudence. Seize écoles d’ostéopathie animale se sont créées en douze ans, dont onze en cinq ans. Ce sont des établissements privés, d’enseignement supérieur libre ou de formation continue, qui fixent librement leurs tarifs ; le rapport juge ces formations coûteuses pour les élèves, et les décrit comme hétérogènes, sans référentiel commun. Surtout, le diplôme d’école ne permet pas d’exercer : seule la réussite à l’épreuve de l’Ordre y donne accès. Deux écoles délivrent un titre inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles, de niveau bac + 3, mais ce titre, précise le rapport, ne donne pas non plus le droit d’exercer.

Avant de vous inscrire, demandez à l’école le taux de réussite de ses anciens élèves à l’épreuve de l’Ordre, et comment il est calculé. Le CGAAER recommandait de sécuriser la publication de ces taux par établissement, que l’Ordre avait suspendue en 2023 face à des menaces de contentieux.

Les perspectives du métier

Le rapport du CGAAER juge les perspectives « en demi-teinte ». La discipline profite de l’intérêt pour les soins alternatifs et le bien-être, notamment pour les animaux de compagnie, mais la croissance du nombre d’ostéopathes exclusifs fait craindre une paupérisation, et l’entrée dans cette profession libérale et solitaire apparaît économiquement difficile. Pour qui veut travailler surtout avec des chats, le chiffre de 1,2 % de chats vus par un ostéopathe dans l’année, cité plus haut, donne une idée de la taille du marché.

Les qualités

Le métier demande de savoir rester calme et d’instaurer une relation de confiance avec l’animal. Beaucoup de déplacements sont à prévoir.

Avantages et inconvénients

Les avantages : un métier manuel, au contact des animaux et de leurs propriétaires, qui peut s’exercer à son compte.

Les inconvénients : des études longues ; un examen de l’Ordre obligatoire ; beaucoup de déplacements ; et, pour le chat, des preuves d’efficacité qui manquent, qu’il faut savoir expliquer honnêtement aux propriétaires. S’y ajoutent un coût de formation élevé, un diplôme d’école qui ne suffit pas pour exercer, et une épreuve pratique où l’espèce est tirée au sort.

Les erreurs fréquentes

  • Croire qu’un diplôme d’école permet d’exercer : seule la réussite à l’épreuve de l’Ordre y donne droit.
  • Penser qu’un titre inscrit au RNCP vaut autorisation : il atteste un niveau d’études, pas le droit d’exercer.
  • Consulter un ostéopathe avant le vétérinaire pour un chat qui boite, a mal ou change de comportement.
  • Ne pas vérifier l’inscription du praticien dans les annuaires de l’Ordre, surtout s’il se présente sous un autre nom, masseur ou praticien de shiatsu.
  • Attendre de l’ostéopathie qu’elle traite une maladie : la loi la limite aux troubles fonctionnels.
  • Préparer l’épreuve pratique uniquement sur le chat : l’espèce, chien ou chat, cheval ou bovin, est tirée au sort.

Les métiers voisins

Voyez les fiches métiers de comportementaliste pour chat, d’auxiliaire vétérinaire et de zoothérapeute.

Questions fréquentes

Peut-on devenir ostéopathe animalier sans être vétérinaire ?

Oui, mais à conditions : un niveau bac + 5, la réussite à l’examen national d’aptitude du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, et l’inscription sur la liste de l’Ordre, selon l’article L243-3 du code rural et Onisep.

Un diplôme d’école d’ostéopathie animale suffit-il ?

Non. Onisep précise qu’il faut obligatoirement réussir l’examen national d’aptitude de l’Ordre des vétérinaires pour exercer.

L’ostéopathie est-elle efficace chez le chat ?

Les données manquent. Une revue de 2025 sur l’arthrose féline note que les approches non médicamenteuses reposent surtout sur des études humaines ou d’autres espèces.

Comment vérifier qu’un ostéopathe animalier a le droit d’exercer ?

Demandez-lui s’il est inscrit sur la liste tenue par l’Ordre des vétérinaires, ou s’il est vétérinaire. Un non-vétérinaire non inscrit n’est pas autorisé à pratiquer.

Comment devenir ostéopathe pour chat ?

Il faut cinq années d’études supérieures, puis réussir l’épreuve d’aptitude de l’Ordre des vétérinaires : un QCM de 120 questions, avec au moins 70 bonnes réponses, puis une épreuve pratique. On s’inscrit ensuite au registre national d’aptitude et sur la liste régionale d’exercice. L’autre voie est de devenir vétérinaire.

Peut-on passer l’examen pratique sur un chat ?

Pas forcément. Le candidat tire au sort un groupe d’espèces : chien ou chat, ou bien équidé ou bovin. Il faut donc être prêt à manipuler toutes ces espèces.

Quel est le taux de réussite à l’examen d’ostéopathie animale ?

De 2018 à 2022, le taux global était de 47,9 % à l’écrit et de 61,9 % à l’épreuve pratique, en comptant tous les passages.

Que peut faire un ostéopathe animalier, et que ne peut-il pas faire ?

Il réalise des manipulations manuelles et externes, sans instrument et non forcées, pour prévenir ou traiter des troubles fonctionnels. Il ne traite pas les maladies organiques, qui relèvent d’un traitement médical, chirurgical ou médicamenteux, selon l’article R243-6 du code rural.

Comment trouver un ostéopathe pour chat autorisé à exercer ?

Consultez les annuaires en ligne de l’Ordre des vétérinaires : celui du registre national d’aptitude, celui des ostéopathes inscrits sur les listes d’exercice, et la liste des vétérinaires titulaires du diplôme d’ostéopathie vétérinaire.

Que doit faire l’ostéopathe si mon chat a mal pendant la séance ?

Il doit vous orienter vers un vétérinaire en cas de douleur prolongée pendant les manipulations ou après elles, ou si les symptômes persistent ou s’aggravent, selon ses règles de déontologie (code rural, R243-8).

Faut-il voir le vétérinaire avant l’ostéopathe ?

Oui. Un chat qui boite, qui a mal ou qui change de comportement doit d’abord être examiné par un vétérinaire, qui pose le diagnostic.

Sources (15)
  1. Légifrance — Code rural et de la pêche maritime, article L243-3 (nouvel onglet)
  2. Onisep — Ostéopathe animalier / ostéopathe animalière (nouvel onglet)
  3. Osteoarthritis in cats: what we know, and mostly, what we don’t know… yet, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2025 (PMC) (nouvel onglet)
  4. International Cat Care — Arthritis in cats (nouvel onglet)
  5. Wikipédia — Andrew Taylor Still (nouvel onglet)
  6. Légifrance — Décret n° 2017-572 du 19 avril 2017 (déontologie de l’ostéopathie animale, R243-6 et R243-8 à R243-11) (nouvel onglet)
  7. Légifrance — Décret n° 2017-573 du 19 avril 2017 (compétences exigées, D243-7) (nouvel onglet)
  8. Ordre national des vétérinaires — Ostéopathie animale (dossier) (nouvel onglet)
  9. Ordre national des vétérinaires — Listes tenues par l’Ordre (ostéopathie animale) (nouvel onglet)
  10. Ordre national des vétérinaires — Règlement des épreuves d’aptitude, version 6.0 (PDF, 2025) (nouvel onglet)
  11. Ordre national des vétérinaires — Calendrier des épreuves 2026 (PDF) (nouvel onglet)
  12. CGAAER — Ostéopathie animale : état des lieux du secteur, évaluation de l’épreuve d’aptitude et de l’enseignement, rapport n° 23025, 2023 (PDF) (nouvel onglet)
  13. Assemblée nationale — Question écrite n° 2600 et réponse du ministère de l’Agriculture, JO du 17 janvier 2023 (nouvel onglet)
  14. Goldberg, Physical rehabilitation of cats: 1. Common conditions benefiting from physiotherapy, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2025 (PMC) (nouvel onglet)
  15. Goldberg, Physical rehabilitation of cats: 2. Treatment therapies and exercises, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2025 (PMC) (nouvel onglet)

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