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Diarrhée du chat : les signes qui imposent le vétérinaire, et ceux qui peuvent attendre

Publié le 25 novembre 2019

diarrhée du chat
Diarrhée du chat
Ce que vous allez trouver18 sections
  1. En bref : quand consulter ?
  2. Reconnaître la diarrhée
  3. Ce que disent les selles
  4. Le sang dans les selles
  5. Les causes possibles
  6. Le chaton qui a la diarrhée
  7. Diarrhée ou constipation ? Les efforts trompeurs
  8. Selon l’âge du chat
  9. Faut-il faire jeûner un chat ?
  10. La déshydratation, le vrai danger
  11. Préparer la consultation
  12. Ce que fera le vétérinaire
  13. Prévenir
  14. Hygiène : protéger la maison et la famille
  15. Les idées reçues
  16. Les bons réflexes, en résumé
  17. Les erreurs fréquentes
  18. Questions fréquentes

La diarrhée n’est pas une maladie mais un signe : les selles traversent l’intestin trop vite, et l’eau et les nutriments ne sont plus absorbés. International Cat Care conseille de montrer le chat au vétérinaire quand la diarrhée est sévère, quand elle s’accompagne d’un autre signe de maladie, comme un chat qui ne mange plus, ou quand elle dure plus de quelques jours. Des selles noires et goudronneuses signalent un saignement plus haut dans l’intestin et imposent d’appeler le vétérinaire. Un chaton qui a la diarrhée, lui, se déshydrate vite et doit être vu rapidement.

Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.

En bref : quand consulter ?

Ce que vous voyezQue faire
Selles molles, chat en forme, qui mangeSurveiller ; le vétérinaire si ça dure plus de quelques jours
Diarrhée sévèreLe vétérinaire
Diarrhée et chat qui ne mange plus, vomit, est abattuLe vétérinaire
Un peu de sang rouge ou de glairesLe vétérinaire, sans urgence sauf s’il y a beaucoup de sang
Selles noires et goudronneusesAppeler le vétérinaire
Chaton avec diarrhéeLe vétérinaire rapidement
Soupçon d’intoxicationLe vétérinaire immédiatement

Reconnaître la diarrhée

International Cat Care décrit des selles normales comme brunes, fermes et bien moulées. En cas de diarrhée, elles deviennent molles, liquides ou aqueuses, parfois plus claires ou plus foncées, ou recouvertes d’une matière gélatineuse. Le chat peut aller plus souvent à la selle, et émettre du mucus ou du sang frais. Il peut aussi vomir, perdre l’appétit et se fatiguer.

Chez un chat qui fait ses besoins dehors, c’est plus discret : perte de poids, selles molles collées aux poils sous la queue, accidents dans la maison.

Notez la fréquence, l’aspect des selles, et la présence d’efforts, de sang ou de glaires : ces détails aident le vétérinaire à orienter ses recherches, conseille International Cat Care.

Ce que disent les selles

International Cat Care explique que les signes varient selon la gravité de la diarrhée, la partie de l’intestin touchée et la cause. L’association cite les signes les plus courants :

  • des selles molles, liquides ou aqueuses ;
  • des selles plus claires ou plus foncées que d’habitude, parfois recouvertes d’une matière gélatineuse ;
  • des efforts pour faire ses besoins ;
  • des passages plus fréquents au bac ;
  • des glaires ou du sang frais.

Certains chats vomissent aussi, perdent l’appétit ou se montrent fatigués. Ces détails ne sont pas anecdotiques : l’association rappelle qu’ils aident le vétérinaire à réduire la liste des causes possibles. Selon les cas, la diarrhée peut venir de l’intestin grêle, où se fait l’essentiel de l’absorption des nutriments, ou du gros intestin, le côlon ; les examens décrits plus bas servent justement à localiser le problème. Si vous le pouvez, apportez un échantillon de selles récent, recueilli dans un sac propre, et une photo.

Diarrhée aiguë ou chronique

On parle de diarrhée aiguë quand elle apparaît brutalement et dure quelques jours, et de diarrhée chronique quand elle dure plusieurs semaines ou revient régulièrement. International Cat Care indique qu’une diarrhée récente et légère, chez un chat vif qui mange, peut d’abord être traitée sur les signes, alors qu’une diarrhée qui dure ou qui est sévère demande des examens, parfois poussés, pour en trouver la cause.

Le sang dans les selles

International Cat Care se veut rassurant : un peu de sang frais dans les selles, sauf en grande quantité, n’est pas une urgence, mais le chat doit être examiné. En revanche, des selles noires et goudronneuses, le méléna, indiquent un saignement plus haut dans le tube digestif, et doivent faire appeler le vétérinaire.

Les causes possibles

Elles sont très nombreuses, et c’est au vétérinaire de les démêler. Parmi les plus courantes :

L’alimentation

Un changement brutal d’aliment peut dérégler l’intestin. International Cat Care conseille d’introduire toute nouvelle nourriture progressivement, en petite proportion, que l’on augmente lentement.

Le lait et les restes de table

Beaucoup de diarrhées viennent simplement de ce que le chat a mangé. L’ASPCA, le centre antipoison animal américain, rappelle que les animaux de compagnie ne produisent pas assez de lactase, l’enzyme qui digère le sucre du lait : le lait et les produits laitiers peuvent donc leur donner la diarrhée ou d’autres troubles digestifs. Le fameux bol de lait n’est pas une gâterie pour un chat. L’ASPCA cite d’autres aliments courants qui provoquent vomissements et diarrhée : les aliments gras et les noix, qui peuvent aussi favoriser une pancréatite ; la chair et le lait de noix de coco ; le chocolat, le café et la caféine, beaucoup plus dangereux, puisqu’ils peuvent aussi provoquer tremblements, troubles du rythme cardiaque et convulsions ; l’alcool et la pâte à pain crue. L’oignon, l’ail et la ciboulette irritent le tube digestif et abîment les globules rouges, et les chats y sont particulièrement sensibles. Enfin, la viande et les œufs crus peuvent contenir des bactéries comme Salmonella ou E. coli, dangereuses pour l’animal comme pour l’humain.

Les parasites

Les vers ronds et les ténias sont les vers intestinaux les plus fréquents chez le chat, et une infestation importante peut causer de la diarrhée, des vomissements et un amaigrissement, explique International Cat Care. Voyez nos pages sur le ténia du chat et le vermifuge pour chat.

Un parasite microscopique, Tritrichomonas foetus, donne une diarrhée fréquente, en petites quantités, parfois avec du sang ou des glaires et un anus douloureux. International Cat Care précise qu’il touche surtout les jeunes chats, la plupart de moins d’un an, venant de refuges, d’élevages ou de maisons à plusieurs chats, et, au Royaume-Uni, plus souvent les jeunes siamois et bengals.

Les vers ronds et les ankylostomes

Le manuel vétérinaire Merck précise le rôle des vers les plus fréquents :

  • les ascaris, de gros vers ronds, sont courants chez le chat, surtout chez le chaton. L’espèce la plus importante, Toxocara cati, est à la fois très répandue et transmissible à l’humain. Le chat s’infecte en avalant des œufs présents dans les selles d’autres animaux, ou en mangeant des proies, comme des souris ; le chaton peut aussi être contaminé par le lait de sa mère, et héberger des vers adultes dès trois à quatre semaines. Souvent, l’infestation passe inaperçue ; sinon, elle peut donner une diarrhée, une mauvaise croissance, un poil terne, un ventre gonflé, et des vers peuvent être vomis ou visibles dans les selles ;
  • les ankylostomes sont plus fréquents chez le chaton. La plupart des chats infestés ne montrent aucun signe, mais les selles peuvent devenir molles et goudronneuses, avec parfois une anémie, due aux vers qui se nourrissent de sang dans l’intestin grêle.

Le manuel insiste sur l’hygiène : ramasser rapidement les selles et se laver les mains dans les zones potentiellement contaminées ou autour des chats atteints. Le vétérinaire choisira le vermifuge et le rythme adaptés à votre chat. Voyez notre page sur le ténia du chat.

Giardia et coccidies

Deux autres parasites microscopiques, des protozoaires, reviennent souvent, surtout chez les chatons. Le manuel vétérinaire Merck les décrit :

  • les coccidies infectent très fréquemment les chats, mais ne rendent malades qu’une minorité d’entre eux, surtout les chatons et les animaux affaiblis ; les signes apparaissent le plus souvent au moment du stress du sevrage, en lien avec une autre infection ou une baisse des défenses ;
  • Giardia est une infection courante chez le chat. Elle passe parfois inaperçue, mais peut aussi donner une diarrhée qui dure, continue ou intermittente, avec un appétit en berne et un amaigrissement, surtout chez le chaton. Les selles sont en général molles, mal formées, pâles, malodorantes, avec des glaires, et d’aspect gras.

Merck précise un point utile : un chat infecté par Giardia n’élimine pas le parasite en permanence, si bien que plusieurs analyses de selles peuvent être nécessaires pour le trouver. Les kystes survivent bien dans l’environnement : ramassez vite les selles, et lavez-vous les mains après avoir manipulé un chat atteint ou sa litière.

Giardia : casser le cycle de la réinfection

Le manuel Merck donne des détails pratiques sur Giardia. Les kystes du parasite, éliminés dans les selles, survivent bien dans l’environnement, et il en faut très peu pour contaminer un chat : c’est pourquoi l’infection circule facilement dans les lieux où vivent beaucoup de chats, comme les élevages. Les selles d’un chat infecté sont en général molles, mal formées, pâles, malodorantes, parfois glaireuses et grasses. Pour éviter que le chat ne se réinfecte, le manuel conseille de ramasser les selles sans attendre, et précise que des kystes collés au pelage peuvent relancer l’infection : un shampooing suivi d’un bon rinçage aide à les éliminer, sur les conseils du vétérinaire. Le chat est le plus souvent infecté par un type de Giardia propre aux chats, mais peut parfois porter un type qui infecte aussi l’humain : lavez-vous soigneusement les mains après avoir manipulé un chat infecté ou ses selles.

Les infections

Le typhus, ou panleucopénie féline, est une infection virale très contagieuse et grave. Wikipedia rappelle qu’il détruit la paroi de l’intestin et provoque une diarrhée abondante, et que les chatons sont les plus exposés quand les anticorps de leur mère diminuent avant que la vaccination ne les protège. Voyez notre page sur les vaccins du chat.

Le coronavirus entérique

Le manuel vétérinaire Merck décrit le coronavirus entérique félin, très contagieux entre chats vivant au contact les uns des autres. Il provoque une inflammation de l’intestin grêle, rarement grave : la plupart des infections passent inaperçues ou donnent des signes légers, parfois des vomissements et une diarrhée plus marqués. Le virus est très répandu, s’élimine dans les selles, et beaucoup de chats guéris continuent de l’excréter. Il est très proche de celui qui cause la péritonite infectieuse féline, une maladie bien plus grave, qui ne se développe que chez une minorité de chats.

Les bactéries

Le manuel Merck cite plusieurs bactéries capables de provoquer une diarrhée chez le chat :

  • Campylobacter : on la trouve chez des chats malades mais aussi chez des chats porteurs sans signes. La diarrhée peut être aqueuse, glaireuse ou teintée de bile. Le manuel précise que les chats, surtout ceux récemment adoptés en refuge, peuvent être une source d’infection pour l’humain, et que la viande crue ou mal cuite, notamment la volaille, est une source suspectée pour les animaux comme pour les personnes ;
  • Salmonella : peu fréquente chez le chat, elle donne parfois une diarrhée brutale, surtout chez les chatons, les chats hospitalisés ou affaiblis ; certains chats restent porteurs sans signes et l’excrètent de façon intermittente.

D’où l’importance de l’hygiène autour de la litière, décrite plus bas.

Les intoxications

Certaines plantes et certains produits ménagers ou de jardin sont toxiques. En cas de doute, éloignez le chat de la source et appelez le vétérinaire tout de suite, conseille International Cat Care, en apportant si possible l’emballage ou la plante. Voyez notre page sur les plantes toxiques.

D’autres maladies générales

La diarrhée n’est pas toujours un problème de l’intestin lui-même. International Cat Care signale qu’une hyperthyroïdie, fréquente chez les chats d’âge moyen et âgés, peut s’accompagner d’une diarrhée ou de vomissements légers à modérés, avec une perte de poids malgré un bon appétit. L’association cite aussi les vomissements et la diarrhée parmi les signes possibles de la péritonite infectieuse féline, avec de la fièvre, de la fatigue et une baisse d’appétit, et parmi les signes de nombreuses intoxications.

Une occlusion intestinale

Un chat qui a avalé un fil, une aiguille, un élastique ou un morceau de jouet peut développer une occlusion. Le manuel Merck en décrit les signes : vomissements et perte d’appétit le plus souvent, mais aussi abattement, diarrhée, douleur ou gonflement du ventre, fièvre ou au contraire température basse, déshydratation. Il conseille de signaler au vétérinaire tout objet disparu, fil ou aiguille à portée du chat : ce détail peut orienter le diagnostic. C’est une urgence.

Les maladies chroniques

International Cat Care cite, parmi les causes que le vétérinaire peut rechercher, l’insuffisance pancréatique, l’hyperthyroïdie, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, les tumeurs, et un manque de vitamine B12.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

Le manuel Merck décrit les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, souvent appelées MICI, comme un groupe de maladies qui associent des signes persistants et une inflammation de l’intestin sans cause connue. Elles touchent les chats de tout âge, de tout sexe et de toute race, peut-être un peu plus souvent les chats de race, avec un âge moyen d’apparition d’environ sept ans. Les signes durent, et vont et viennent : vomissements, diarrhée, appétit changeant, perte de poids. Le manuel signale chez le chat une association fréquente entre MICI, pancréatite et inflammation du foie, que les vétérinaires appellent « triadite ». Le diagnostic se confirme par des biopsies de l’intestin. La plupart des chats atteints ont besoin d’un traitement au long cours, associant souvent un régime adapté et des médicaments : on contrôle la maladie plus qu’on ne la guérit, et des rechutes sont possibles.

Le rôle de l’alimentation dans les maladies chroniques

Le manuel Merck note que les chats atteints de maladie inflammatoire de l’intestin présentent plus souvent une sensibilité alimentaire que les chiens. Le vétérinaire peut proposer un régime d’éviction, fondé sur une seule source de protéines que le chat n’a jamais mangée, pour tester cette hypothèse. International Cat Care mentionne aussi les aliments hydrolysés, dont les protéines sont découpées en fragments trop petits pour provoquer une réaction, et précise qu’il faut parfois essayer plusieurs aliments avant de trouver le bon. Le manuel Merck insiste : le régime doit être suivi exactement comme le vétérinaire l’indique, sans aucun autre aliment ni friandise, faute de quoi le test ne veut plus rien dire.

Le pancréas

Le manuel Merck décrit deux maladies du pancréas qui peuvent donner des selles molles :

  • l’insuffisance pancréatique exocrine : le pancréas ne produit plus assez d’enzymes digestives, le plus souvent à la suite d’une pancréatite chronique. Elle touche surtout les chats d’âge moyen ou âgés, qui mangent beaucoup, maigrissent et ont des selles molles ou une diarrhée ; un diabète l’accompagne souvent ;
  • la pancréatite, la maladie la plus fréquente du pancréas chez le chat : aiguë ou chronique, légère ou sévère, elle se manifeste par de l’abattement, une perte d’appétit, une déshydratation, une perte de poids, des vomissements, parfois une jaunisse, de la fièvre ou des douleurs abdominales ; certains chats ne montrent presque aucun signe.

La malabsorption

Quand l’intestin n’absorbe plus correctement les nutriments, on parle de malabsorption. Le manuel Merck explique qu’elle vient soit d’un manque d’enzymes pancréatiques, soit d’une maladie de l’intestin grêle : maladie inflammatoire, infection, sensibilité alimentaire ou tumeur. Les signes typiques sont une diarrhée qui dure, une perte de poids et un appétit changeant. Le manuel souligne deux pièges : la diarrhée peut manquer, même quand la maladie est sévère, et le chat peut maigrir beaucoup tout en mangeant bien. Un chat qui maigrit doit donc toujours être examiné, même si ses selles semblent normales.

Les tumeurs de l’intestin

Chez le chat âgé, une diarrhée qui dure peut aussi révéler une tumeur. Le manuel Merck cite le lymphome et l’adénocarcinome comme les deux tumeurs digestives les plus fréquentes chez le chat. Les signes les plus courants sont des vomissements, parfois avec du sang, une diarrhée, parfois sanglante elle aussi, une perte d’appétit, une perte de poids et de la fatigue, parfois des gencives pâles liées à une anémie. Le diagnostic repose sur l’examen, les analyses, l’imagerie et des biopsies. Voyez aussi notre page sur le chat qui vomit.

Le chaton qui a la diarrhée

Un chaton supporte beaucoup moins bien qu’un adulte de ne pas manger et de se déshydrater. Cats Protection conseille de faire voir au plus vite un chaton qui n’a pas mangé depuis 12 à 24 heures ou pas bu depuis 12 heures, et plus tôt encore s’il vomit ou a la diarrhée. Ne le faites jamais jeûner.

Diarrhée ou constipation ? Les efforts trompeurs

Un chat qui force dans sa litière n’est pas forcément constipé. International Cat Care range les efforts pour faire ses besoins parmi les signes de la diarrhée, en particulier quand le gros intestin est irrité : le chat a sans cesse envie d’aller au bac, pour de petites quantités de selles molles ou glaireuses. À l’inverse, le manuel Merck décrit la constipation comme un passage rare ou difficile de selles sèches et dures, un problème fréquent chez le chat. Et un chat qui force sans rien produire peut aussi avoir un problème urinaire : International Cat Care rappelle qu’un chat qui essaie d’uriner sans y parvenir, ou ne produit que quelques gouttes, doit être vu en urgence, surtout le mâle, dont l’urètre, plus long et plus étroit, se bouche plus facilement. Regardez bien ce qu’il y a dans le bac, et en cas de doute, consultez. Voyez notre page sur le chat constipé.

Selon l’âge du chat

Les causes les plus probables changent avec l’âge. Ce n’est qu’un repère, que le vétérinaire affinera :

  • chez le chaton, les parasites, vers ronds, Giardia, coccidies, sont fréquents, de même que les changements d’alimentation au moment de l’adoption, et, en l’absence de vaccination, le typhus, une urgence ;
  • chez l’adulte, les changements d’alimentation, les parasites chez les chats qui chassent, les sensibilités alimentaires et les maladies inflammatoires de l’intestin, dont l’âge moyen d’apparition est d’environ sept ans ;
  • chez le chat âgé, l’hyperthyroïdie, l’insuffisance pancréatique, les maladies inflammatoires de l’intestin et les tumeurs, comme le lymphome, deviennent plus fréquentes.

Quel que soit l’âge, une diarrhée accompagnée d’abattement, de vomissements ou d’un refus de manger justifie de consulter.

Faut-il faire jeûner un chat ?

On lit souvent qu’un jeûne suffit à calmer une diarrhée. C’est une mauvaise idée chez le chat. International Cat Care rappelle que chaque jour où un chat mange moins que d’habitude peut nuire à sa santé, et qu’il peut développer des problèmes de foie après une courte période sans nourriture. Ne supprimez pas ses repas sans avis vétérinaire. Voyez notre page sur le chat qui ne mange plus.

La déshydratation, le vrai danger

Avec la diarrhée, le chat perd de l’eau et des sels minéraux. International Cat Care explique qu’en cas de diarrhée sévère, le chat peut se déshydrater, et que son apport en eau devient important : le vétérinaire peut conseiller une solution de réhydratation plutôt que de l’eau seule. Multipliez les points d’eau fraîche dans la maison, et proposez-lui une nourriture humide si le vétérinaire l’autorise. Un chat abattu, qui ne boit plus, ou un chaton avec une diarrhée importante doivent être vus sans attendre : la déshydratation s’installe beaucoup plus vite chez eux.

Préparer la consultation

International Cat Care conseille de surveiller les habitudes de votre chat et de noter les caractéristiques de la diarrhée. Avant le rendez-vous, rassemblez :

  • la date de début, et l’évolution depuis ;
  • la fréquence des passages au bac, et la quantité de selles ;
  • l’aspect : couleur, consistance, présence de glaires, de sang frais ou de selles noires ;
  • les efforts pour faire ses besoins ;
  • les autres signes : vomissements, appétit, soif, abattement, perte de poids ;
  • ce qui a changé : nouvel aliment, friandises, restes de table, plante, produit ménager, chasse, séjour en pension, nouvel animal ;
  • la date du dernier vermifuge et le nom du produit ;
  • un échantillon de selles récent, si la clinique le demande.

Plus vos informations sont précises, plus le vétérinaire pourra cibler les examens, et éviter les analyses inutiles. Si vous avez plusieurs chats, dites-lui aussi si les autres ont des selles normales : cela aide à savoir si la cause est commune.

Ce que fera le vétérinaire

Le diagnostic

Il commence par interroger et examiner le chat. Si la diarrhée est récente, légère, et que le chat reste vif et mange, il peut simplement traiter les signes et voir si le problème passe, explique International Cat Care. Sinon, il peut proposer :

  • un essai alimentaire, en changeant d’aliment pour voir la réponse ;
  • des analyses de sang et d’urine, notamment pour le pancréas et la vitamine B12 ;
  • l’analyse des selles, à la recherche de parasites, de bactéries ou d’autres agents infectieux ;
  • une radiographie ou une échographie de l’abdomen ;
  • une endoscopie, sous anesthésie, pour examiner l’intestin et faire des biopsies, ou dans certains cas une chirurgie exploratrice.

Le traitement

International Cat Care distingue deux volets :

  • les soins de soutien, utiles quelle que soit la cause : un aliment simple et très digestible, choisi avec le vétérinaire ; parfois des probiotiques ou des prébiotiques ; et, en cas de diarrhée plus sévère, une solution de réhydratation plutôt que de l’eau seule, si le vétérinaire la recommande ;
  • le traitement de la cause : aliment hydrolysé en cas de réaction alimentaire, traitement d’une maladie comme l’hyperthyroïdie, médicaments contre une infection ou des parasites, traitements anti-inflammatoires pour une maladie inflammatoire de l’intestin, vitamine B12 en cas de carence, chirurgie ou chimiothérapie pour une tumeur.

Le pronostic dépend de la cause : beaucoup de diarrhées se règlent complètement avec le bon traitement, d’autres demandent un suivi au long cours. Trouver tôt la cause d’une diarrhée qui persiste évite des lésions qui peuvent devenir irréversibles, souligne International Cat Care.

La vitamine B12

International Cat Care mentionne un point souvent méconnu : les analyses de sang recherchent un taux bas de vitamine B12, fréquent quand l’intestin est malade depuis longtemps. Un manque de B12 peut lui-même entretenir les troubles digestifs. Le vétérinaire peut alors prescrire une supplémentation, en injections ou en comprimés, selon un schéma qu’il adapte à votre chat.

Suivre le traitement à la maison

Une diarrhée chronique demande souvent de la patience. Quelques conseils pour bien suivre le traitement :

  • donnez uniquement l’aliment prescrit, sans friandises ni restes : le manuel Merck insiste sur l’importance de respecter exactement le régime conseillé par le vétérinaire, surtout lors d’un régime d’éviction ;
  • tenez un carnet : aspect et fréquence des selles, appétit, poids, vomissements ;
  • pesez votre chat régulièrement ;
  • retournez voir le vétérinaire si les signes ne s’améliorent pas, ou reviennent : plusieurs essais sont parfois nécessaires pour trouver le bon traitement.

Prévenir

  • Changer d’aliment progressivement, jamais du jour au lendemain.
  • Vermifuger le chat selon son mode de vie, sur les conseils du vétérinaire.
  • Tenir ses vaccins à jour, en particulier contre le typhus.
  • Ranger les produits toxiques et éloigner les plantes dangereuses.
  • Lui laisser toujours de l’eau fraîche, en plusieurs endroits.

Hygiène : protéger la maison et la famille

Certains agents responsables de diarrhée peuvent se transmettre à l’humain ou aux autres animaux, comme Campylobacter, rappelle le manuel Merck. Quelques gestes simples, surtout pendant l’épisode :

  • ramassez les selles rapidement, avec des gants ou un sac, et lavez-vous les mains après chaque nettoyage de litière ;
  • nettoyez et désinfectez le bac régulièrement, et changez entièrement la litière ;
  • lavez les couchages souillés à haute température si le tissu le permet ;
  • séparez si possible le chat malade des autres animaux pour la litière et les gamelles, le temps de connaître la cause ;
  • tenez les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées à distance du bac à litière ;
  • évitez la viande crue : le manuel Merck cite la volaille crue ou mal cuite parmi les sources suspectées de Campylobacter.

Un chat qui a la diarrhée se salit souvent sous la queue. Nettoyez doucement avec un linge humide et tiède, et séchez bien. Pour un chat à poil long, une petite tonte de la zone, faite par le vétérinaire ou un toiletteur, peut faciliter l’hygiène.

Les idées reçues

  • « Un jeûne soigne la diarrhée. » Non chez le chat : il supporte mal de manger moins, et risque des problèmes de foie, rappelle International Cat Care.
  • « Le riz et le poulet, c’est le remède. » Pas sans avis vétérinaire : International Cat Care conseille un aliment simple et très digestible choisi avec le vétérinaire, et beaucoup d’aliments « maison » ne sont pas équilibrés pour un chat.
  • « Un peu de sang dans les selles, c’est une urgence absolue. » Pas forcément : International Cat Care estime qu’un peu de sang frais n’est pas une urgence, sauf en grande quantité, mais qu’il faut consulter. Des selles noires, en revanche, doivent faire appeler le vétérinaire.
  • « Mon chat mange bien, donc ce n’est pas grave. » Le manuel Merck rappelle qu’un chat atteint de malabsorption peut maigrir beaucoup tout en mangeant bien.
  • « Un vermifuge règle toutes les diarrhées. » Les causes sont multiples : parasites microscopiques, alimentation, maladies du pancréas ou de l’intestin, tumeurs.
  • « Les probiotiques suffisent. » Ils peuvent aider, mais ne remplacent pas la recherche de la cause.

Les bons réflexes, en résumé

  1. Observez et notez : aspect, fréquence, efforts, sang, glaires, comme le conseille International Cat Care.
  2. Ne le faites pas jeûner, et gardez de l’eau fraîche à sa disposition, en plusieurs endroits.
  3. Ne lui donnez ni lait, ni restes, ni médicament humain.
  4. Appelez le vétérinaire si la diarrhée est sévère, dure plus de quelques jours, s’accompagne d’autres signes, ou si les selles sont noires.
  5. Soignez l’hygiène autour de la litière pendant l’épisode, pour protéger les autres animaux et la famille.

Les erreurs fréquentes

  • Faire jeûner le chat pour « reposer l’intestin ».
  • Faire jeûner un chaton, qui se déshydrate très vite.
  • Attendre plusieurs jours alors que le chat ne mange plus ou vomit.
  • Ignorer des selles noires.
  • Donner un médicament pour humain sans avis vétérinaire.
  • Changer d’aliment brutalement.

Questions fréquentes

Quand faut-il s’inquiéter d’une diarrhée chez le chat ?

Quand elle est sévère, qu’elle dure plus de quelques jours, ou qu’elle s’accompagne d’autres signes : perte d’appétit, vomissements, abattement. Des selles noires et goudronneuses imposent d’appeler le vétérinaire.

Mon chat a du sang dans les selles, est-ce grave ?

Un peu de sang frais n’est pas une urgence, sauf en grande quantité, mais le chat doit être examiné. Des selles noires signalent un saignement plus haut dans l’intestin : appelez le vétérinaire.

Faut-il faire jeûner un chat qui a la diarrhée ?

Non, pas sans avis vétérinaire. Le chat supporte mal de manger moins, même peu de temps, et peut développer des problèmes de foie. Un chaton ne doit jamais jeûner.

Que donner à un chat qui a la diarrhée ?

Ce que le vétérinaire conseille : souvent un aliment simple et très digestible, et beaucoup d’eau, parfois une solution de réhydratation ou des probiotiques. Évitez les remèdes pour humains.

Mon chat a toujours la diarrhée malgré le traitement : pourquoi ?

Plusieurs raisons sont possibles, et le vétérinaire doit reprendre la recherche. Certains parasites, comme Giardia, ne sont pas éliminés en permanence : une seule analyse de selles peut passer à côté, rappelle le manuel Merck. Tritrichomonas foetus touche surtout de jeunes chats venant de refuges ou d’élevages. Et une diarrhée qui dure peut aussi venir d’une maladie chronique de l’intestin ou de l’alimentation.

Mon chat a la diarrhée mais mange bien : faut-il s’inquiéter ?

Si elle dure plus de quelques jours, oui. International Cat Care conseille de consulter dans ce cas, et le manuel Merck rappelle qu’un chat peut maigrir tout en mangeant bien quand l’intestin absorbe mal.

Qu’est-ce qu’une MICI chez le chat ?

Une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, sans cause connue, qui provoque des vomissements, une diarrhée, un appétit changeant et une perte de poids. Elle se contrôle par un régime et des médicaments, souvent au long cours.

La diarrhée de mon chat est-elle contagieuse pour moi ?

Certains agents, comme Campylobacter, peuvent se transmettre à l’humain. Lavez-vous les mains après avoir nettoyé la litière, et tenez les enfants et les personnes fragiles à distance du bac.

Pourquoi mon chat âgé a-t-il la diarrhée et maigrit-il ?

Plusieurs causes sont possibles : hyperthyroïdie, insuffisance pancréatique, maladie inflammatoire de l’intestin ou tumeur. Consultez sans attendre.

Faut-il apporter les selles chez le vétérinaire ?

C’est souvent utile : l’analyse des selles permet de rechercher des parasites et des bactéries, rappelle International Cat Care. Demandez à la clinique comment les recueillir et les conserver.

Mon chat a-t-il pu avaler un objet ?

Si un fil, une aiguille ou un jouet a disparu et que votre chat vomit, a mal au ventre ou a la diarrhée, dites-le au vétérinaire : le manuel Merck décrit ces signes parmi ceux d’une occlusion intestinale, une urgence.

Les vers peuvent-ils donner la diarrhée à mon chat ?

Oui. Le manuel Merck cite la diarrhée, une mauvaise croissance, un poil terne et un ventre gonflé parmi les signes des vers ronds, surtout chez le chaton, qui peut être contaminé par le lait de sa mère. Certains de ces vers sont transmissibles à l’humain.

Mon chat hyperthyroïdien a la diarrhée : est-ce lié ?

Possiblement. International Cat Care indique qu’une diarrhée ou des vomissements légers à modérés se voient chez certains chats hyperthyroïdiens. Parlez-en à votre vétérinaire, qui ajustera le traitement.

Mon chat a Giardia : comment éviter qu’il se réinfecte ?

Le manuel Merck conseille de ramasser les selles sans attendre, car les kystes survivent bien dans l’environnement, et indique qu’un shampooing avec un bon rinçage aide à retirer ceux collés au pelage. Lavez-vous les mains après chaque contact avec ses selles.

Peut-on donner du lait à un chat ?

Mieux vaut éviter. L’ASPCA rappelle que les animaux de compagnie ne produisent pas assez de lactase pour digérer le lait, qui peut leur donner la diarrhée ou d’autres troubles digestifs.

Mon chat force dans sa litière : diarrhée, constipation ou problème urinaire ?

Les trois sont possibles. Regardez ce qu’il y a dans le bac : selles molles ou glaireuses, selles dures, ou rien du tout. International Cat Care rappelle qu’un chat qui essaie d’uriner sans y parvenir doit être vu en urgence.

Mon chat a la diarrhée après avoir changé de croquettes : que faire ?

Revenez à l’ancien aliment, puis faites la transition progressivement : International Cat Care conseille de proposer le nouvel aliment à côté de l’ancien, dans une gamelle séparée, en augmentant lentement sa part. Si la diarrhée persiste plus de quelques jours, consultez.

Des selles noires, qu’est-ce que ça veut dire ?

Des selles noires et goudronneuses peuvent signaler un saignement plus haut dans le tube digestif ; International Cat Care conseille d’appeler l’équipe vétérinaire.

Mon chaton a la diarrhée, que faire ?

Le faire voir rapidement par un vétérinaire : il se déshydrate beaucoup plus vite qu’un adulte. Cats Protection conseille de consulter au plus vite un chaton qui n’a pas mangé depuis 12 à 24 heures, et plus tôt encore s’il a la diarrhée.

Sources (16)
  1. International Cat Care — Diarrhoea in cats (nouvel onglet)
  2. International Cat Care — Tritrichomonas foetus infection in cats (nouvel onglet)
  3. International Cat Care — Worming your cat (nouvel onglet)
  4. International Cat Care — Inappetence in cats (nouvel onglet)
  5. International Cat Care — Cats and poisons (nouvel onglet)
  6. Cats Protection — How long can cats go without food? (nouvel onglet)
  7. Wikipedia — Carnivore protoparvovirus 1 (nouvel onglet)
  8. Merck Veterinary Manual — Disorders Caused by Protozoa of the Digestive System in Cats (propriétaires) (nouvel onglet)
  9. Manuel vétérinaire Merck — Disorders of the stomach and intestines in cats (nouvel onglet)
  10. Manuel vétérinaire Merck — Disorders caused by bacteria of the digestive system in cats (nouvel onglet)
  11. Manuel vétérinaire Merck — Disorders of the pancreas in cats (nouvel onglet)
  12. Manuel vétérinaire Merck — Gastrointestinal parasites of cats (nouvel onglet)
  13. International Cat Care — Hyperthyroidism in cats (nouvel onglet)
  14. International Cat Care — Feline infectious peritonitis (FIP) (nouvel onglet)
  15. ASPCA — People foods to avoid feeding your pets (nouvel onglet)
  16. International Cat Care — Feline idiopathic cystitis (FIC) in cats (nouvel onglet)

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