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Chat qui ne mange plus : n’attendez pas, le foie du chat ne supporte pas le jeûne

Publié le 19 novembre 2019

mon chat ne mange plus dans sa gamelle
Mon chat ne mange plus dans sa gamelle
Ce que vous allez trouver18 sections
  1. En bref : quand s’inquiéter ?
  2. Anorexie, hyporexie : de quoi parle-t-on ?
  3. Pourquoi il ne faut pas attendre
  4. Les causes possibles
  5. Le nez avant la langue : comment le chat choisit sa nourriture
  6. Comment l’aider à manger
  7. Le cas du chaton
  8. Plusieurs chats : celui qui ne mange pas assez
  9. Quand il remange : relancer en douceur
  10. Préparer la visite chez le vétérinaire
  11. Ce que fera le vétérinaire
  12. Après une opération ou une période de stress
  13. Prévenir les problèmes de repas
  14. Pâtée ou croquettes pour un chat qui mange peu ?
  15. Le récapitulatif : que faire selon la durée
  16. Les idées reçues
  17. Les erreurs fréquentes
  18. Questions fréquentes

Un chat qui ne mange plus doit être pris au sérieux, et vite. Contrairement au chien, le chat supporte mal de manger moins, même peu de temps : International Cat Care rappelle qu’il peut développer des problèmes de foie après une courte période sans nourriture. Cats Protection conseille d’appeler le vétérinaire dès qu’un chat n’a rien mangé depuis plus de 24 heures, et International Cat Care de consulter en urgence si l’appétit est réduit depuis trois jours ou plus. Un repas sauté chez un chat en pleine forme n’est pas alarmant ; un chat qui boude sa gamelle en plus d’un autre signe, si.

Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.

En bref : quand s’inquiéter ?

La situationQue faire
Un repas sauté, chat en formeLe surveiller et essayer de le tenter
Rien mangé depuis plus de 24 heuresAppeler le vétérinaire
Mange nettement moins que d’habitudeAppeler le vétérinaire
Appétit réduit depuis 3 jours ou plusConsulter en urgence
Ne mange pas et ne boit pas, vomit, diarrhée, très abattuAppeler le vétérinaire sans attendre
Chaton sans manger depuis 12 à 24 heuresLe faire voir au plus vite

Anorexie, hyporexie : de quoi parle-t-on ?

Les vétérinaires emploient des mots précis. International Cat Care appelle « inappétence » toute baisse de l’appétit. On parle d’anorexie quand le chat ne mange plus rien du tout, et d’hyporexie quand il mange moins que d’habitude. Chez le chat, l’anorexie n’a rien à voir avec le trouble humain du même nom : c’est simplement l’absence totale de prise alimentaire, le plus souvent due à une maladie.

L’inappétence ne se voit pas toujours au premier coup d’œil. International Cat Care décrit un chat qui « mange moins bien », devient « difficile » ou « capricieux », s’intéresse à sa gamelle, la renifle, puis s’en va. Un chat qui mange différemment, en laissant tomber sa nourriture ou en mâchant d’un seul côté, doit aussi alerter. L’association rappelle que même de courtes périodes, trois jours à peine, pendant lesquelles un chat mange moins que la normale peuvent avoir des effets importants sur sa santé.

Comment savoir s’il mange vraiment moins

Dans une maison à plusieurs chats, ou avec une gamelle remplie en permanence, il est difficile de savoir qui mange quoi. Quelques repères :

  • pesez la ration du matin, et ce qui reste le soir ;
  • nourrissez à heures fixes pendant quelques jours, pour voir qui mange et combien ;
  • séparez les chats au moment des repas, si l’un d’eux semble finir la gamelle de l’autre ;
  • observez sa façon de manger : s’approche-t-il de la gamelle, mâche-t-il normalement, fait-il tomber des morceaux ?
  • pesez-le, avec une pèse-bébé électronique, plus précise, comme le conseille International Cat Care.

Pourquoi il ne faut pas attendre

Le foie du chat

Cats Protection explique qu’après environ deux à sept jours sans manger, le corps du chat se met à puiser dans ses réserves de graisse. Cette graisse s’accumule dans le foie et l’empêche de fonctionner : c’est la lipidose hépatique, ou « foie gras » du chat, une maladie potentiellement mortelle sans traitement rapide. Elle touche souvent des chats en surpoids qui cessent brutalement de manger. Parmi ses signes, l’association cite la jaunisse, un jaunissement des yeux et de la peau.

Les chats en surpoids ont plus de réserves, mais justement plus de risques de lipidose. Les chatons, les chats âgés, et ceux qui ont déjà une maladie comme le diabète, une maladie rénale ou une hyperthyroïdie se dégradent plus vite, ajoute Cats Protection.

Ce qui peut déclencher la lipidose

Le manuel vétérinaire Merck précise que la lipidose hépatique est la cause la plus fréquente de maladie du foie chez le chat, et qu’elle suit une période de mauvais appétit de quelques jours à plusieurs semaines, surtout chez les chats obèses. Parmi les déclencheurs, il cite :

  • un changement d’alimentation, pour lancer un régime ou vers un aliment que le chat n’aime pas ;
  • un événement stressant : un déménagement, un séjour en pension, l’arrivée d’un nouvel animal, une fugue, la mort d’un autre animal ou d’un proche ;
  • une maladie qui coupe l’appétit, comme le diabète ou un trouble digestif.

Les signes peuvent être une perte de poids spectaculaire, plus d’un quart du poids du corps, des vomissements, un abattement, de la diarrhée, une jaunisse ou des muqueuses pâles, une salivation excessive, ou un chat qui n’arrive plus à tenir sa tête. Le traitement demande souvent une sonde d’alimentation, car les stimulants de l’appétit sont rarement efficaces, précise Merck. Le pronostic est bon si la maladie est prise tôt.

Un régime, oui, mais jamais par la privation

C’est une conséquence directe : ne mettez jamais un chat en surpoids au régime en le privant de nourriture, ni en le forçant à accepter du jour au lendemain un aliment qu’il boude. La perte de poids se prépare avec le vétérinaire.

Un signe de maladie

International Cat Care le rappelle : manger moins est un signe fréquent de maladie chez le chat. Toute maladie qui donne la nausée ou fait mal peut couper l’appétit : problèmes dentaires, maladies de l’intestin, infections, maladie rénale, et bien d’autres. Cats Protection cite aussi l’obstruction de l’intestin par un objet avalé. Le vétérinaire cherche la cause pour la traiter, et limiter la perte de poids.

Les causes possibles

La douleur, souvent dans la bouche

International Cat Care conseille d’être attentif aux signes discrets : un chat qui laisse tomber sa nourriture, mâche d’un seul côté, ou semble devenu difficile. Les maladies dentaires sont très fréquentes : l’association estime qu’elles touchent jusqu’à 85 % des chats de trois ans et plus. Voyez notre page sur l’hygiène bucco-dentaire du chat.

Le coryza : quand il ne sent plus sa nourriture

Le coryza, l’infection des voies respiratoires hautes due surtout au calicivirus et à l’herpèsvirus félins, est une cause fréquente de perte d’appétit. International Cat Care explique que les chats atteints mangent souvent à contrecœur : leur odorat est diminué, et manger peut être douloureux, à cause d’une gorge irritée ou d’ulcères sur la langue. L’association conseille de leur proposer des aliments mous et très odorants, légèrement tiédis, et rappelle que ces chats doivent recevoir un traitement contre la douleur ; s’ils ne mangent toujours pas, une hospitalisation avec une sonde d’alimentation peut être nécessaire, car une mauvaise alimentation ralentit la guérison. Voyez notre page sur le coryza.

La maladie rénale chronique

Les recommandations 2026 d’International Cat Care sur la maladie rénale chronique citent la perte d’appétit et les vomissements parmi les signes les plus fréquents, après la soif et les urines augmentées et la perte de poids. Les toxines que les reins n’éliminent plus provoquent nausées et vomissements, et dérèglent l’appétit. La perte de poids, souvent lente, peut être le seul signe visible, et passer inaperçue : c’est une raison de plus pour peser régulièrement un chat âgé.

La constipation

International Cat Care cite aussi la constipation parmi les causes d’appétit réduit. Un chat qui force dans sa litière, ne fait plus de selles ou en fait de très sèches et qui mange moins doit être vu par le vétérinaire. Voyez notre page sur le chat constipé.

La déshydratation

Beaucoup de chats tirent une grande partie de l’eau dont ils ont besoin de leur nourriture, rappelle International Cat Care : un chat qui mange moins boit donc souvent moins, et la déshydratation peut à son tour lui couper l’appétit. L’association conseille de proposer plusieurs points d’eau fraîche à différents endroits de la maison, et suggère une fontaine, car beaucoup de chats préfèrent l’eau qui bouge. Voyez notre guide de la fontaine à eau pour chat.

Le chaton de cinq mois qui boude

International Cat Care signale un cas fréquent et le plus souvent bénin : vers cinq mois, beaucoup de chatons développent une gingivite juvénile, avec une mauvaise haleine visible, au moment où les dents définitives percent et où les dents de lait tombent. On peut même retrouver une petite dent par terre. Cela se calme en général en quatre à six semaines, mais l’association conseille de vérifier auprès du vétérinaire si quelque chose vous paraît anormal, et un chaton qui cesse de manger doit toujours être examiné.

L’inflammation de la bouche

Chez certains chats, l’inflammation s’étend des gencives au reste de la bouche, en particulier aux commissures des lèvres : c’est la gingivostomatite chronique féline, décrite par International Cat Care. Sa cause exacte reste inconnue ; elle semble liée à une réaction excessive du système immunitaire. Elle est très douloureuse, et un chat atteint peut avoir faim, s’approcher de sa gamelle, puis renoncer à manger. Seul le vétérinaire peut poser le diagnostic et proposer un traitement. Si votre chat semble affamé mais recule devant sa gamelle, ou mange en secouant la tête, pensez à une douleur dans la bouche.

Les autres maladies

Nausée, douleur, déshydratation, maladie du foie, des reins ou de l’intestin, infection : les causes médicales sont nombreuses, et seul le vétérinaire peut trancher. Un chat qui vomit ou a la diarrhée en plus de ne pas manger se déshydrate plus vite. Voyez notre page sur le chat qui vomit.

Le stress

International Cat Care cite le stress parmi les causes, par exemple l’arrivée d’un nouvel animal, ou d’un nouveau chat dans le voisinage. Si aucune cause physique n’est trouvée, il faut identifier ce qui stresse le chat et le réduire, au besoin avec un comportementaliste. Voyez notre page sur le stress du chat.

Le diabète

Le diabète est l’une des maladies hormonales les plus fréquentes du chat, surtout chez les chats d’âge moyen ou âgés, les mâles, les chats stérilisés et les chats en surpoids, rappelle International Cat Care. La plupart des chats diabétiques restent en forme et mangent normalement, voire davantage. Mais un diabète sévère peut évoluer vers une acidocétose, dont les signes sont des vomissements, de la diarrhée, une perte d’appétit partielle ou totale et un effondrement : l’association demande alors de contacter l’équipe vétérinaire immédiatement. Chez un chat diabétique suivi, elle conseille de tenir un carnet quotidien où figurent son appétit et la quantité de nourriture mangée.

L’hyperthyroïdie : l’inverse trompeur

Certains chats malades mangent au contraire davantage. International Cat Care décrit l’hyperthyroïdie, fréquente chez les chats d’âge moyen et âgés, rarement avant sept ans : ces chats perdent du poids malgré un appétit bon ou augmenté, boivent plus, sont agités, et ont parfois un pelage négligé, des vomissements ou de la diarrhée. Un chat âgé qui mange beaucoup mais maigrit doit donc lui aussi être examiné. L’association rappelle que l’hyperthyroïdie et la maladie rénale chronique se rencontrent souvent ensemble chez les chats âgés.

Une occlusion intestinale

Un chat qui a avalé un objet, un fil, un lacet, un morceau de plastique ou de tissu, risque une occlusion de l’intestin. International Cat Care cite, parmi les signes qui doivent alerter, les vomissements, la diarrhée, la constipation, la fatigue et la baisse d’appétit. Certains chats, surtout parmi les races orientales, ont tendance à mâcher et avaler des objets non comestibles : c’est le pica. Une occlusion peut mettre la vie du chat en danger et demander une opération : appelez le vétérinaire sans attendre.

Une intoxication

Un chat qui a touché, léché ou avalé un produit toxique peut aussi refuser de manger. International Cat Care rappelle que les signes varient selon le poison, et cite, en cas d’atteinte des reins, une soif augmentée, un refus de manger et une perte de poids ; d’autres toxiques provoquent vomissements, diarrhée, tremblements ou difficultés à respirer. Au moindre doute, appelez le vétérinaire immédiatement : plus le traitement est rapide, meilleures sont les chances.

Le chat âgé

Avec l’âge, beaucoup de chats deviennent plus difficiles ou mangent moins. International Cat Care note que les chats âgés chassent moins, dorment plus et peuvent se montrer capricieux avec leur nourriture. Mais l’association range la perte d’appétit et la perte de poids parmi les signes qui justifient une visite chez le vétérinaire, et rappelle que la mauvaise haleine, la salivation, une mâchoire qui claque, un appétit réduit et le fait de se frotter la bouche avec la patte peuvent signaler une maladie dentaire. Chez un vieux chat, une baisse d’appétit n’est donc jamais à mettre seulement sur le compte de l’âge.

Un changement de nourriture

Un changement brutal d’aliment peut aussi le rebuter, note International Cat Care. Introduisez toujours un nouvel aliment progressivement, en petite proportion, que vous augmentez lentement. Comme certains chats n’aiment pas les mélanges, l’association suggère de proposer le nouvel aliment à côté de l’ancien, dans une autre gamelle.

Le nez avant la langue : comment le chat choisit sa nourriture

Pour comprendre pourquoi un chat boude, il faut savoir comment il perçoit ce qu’on lui sert. Wikipedia rapporte que l’odorat du chat est de neuf à seize fois plus puissant que le nôtre : il possède de 45 à 200 millions de cellules sensibles aux odeurs dans le nez, contre environ 10 millions chez l’humain, et un organe olfactif supplémentaire au palais, l’organe voméronasal. Son goût est, lui, très différent du nôtre : il lui manque une protéine indispensable pour percevoir le sucré, mais il est sensible à l’umami, cette saveur que l’on retrouve notamment dans le thon, ce qui expliquerait en partie pourquoi ce poisson plaît tant aux chats.

Ces particularités ont des conséquences pratiques :

  • un chat qui sent mal ne mange pas : c’est ce qui arrive avec le coryza, quand le nez est bouché ;
  • tiédir légèrement la nourriture libère ses odeurs, et peut réveiller l’appétit, sauf en cas de nausée, où les odeurs fortes aggravent le malaise, prévient International Cat Care ;
  • une gamelle qui sent le détergent, le plastique ou l’ancien repas peut suffire à le rebuter ; lavez-la à l’eau chaude et rincez bien ;
  • les aliments sucrés ne l’attirent pas : inutile de chercher à le tenter avec des desserts, qui ne sont de toute façon pas faits pour lui.

Comment l’aider à manger

Une fois la maladie écartée par le vétérinaire, ou pendant une convalescence, International Cat Care propose plusieurs astuces :

  • des gamelles larges et peu profondes, souvent en céramique ; certains chats n’aiment pas le métal brillant ou le plastique, qui peut donner un goût à la nourriture ; voyez notre guide de la gamelle ;
  • un seul aliment à la fois, sans lui en proposer plusieurs d’un coup ;
  • de la nourriture légèrement tiédie, pour libérer son odeur, sauf s’il a la nausée : les odeurs fortes aggravent alors son malaise, et mieux vaut de petites portions à température ambiante ou fraîches ;
  • un aliment odorant, comme du poisson ou du poulet, si le vétérinaire le permet, pour l’aider à redémarrer, mais pas sur le long terme, car il n’est pas complet ;
  • un endroit calme, loin de l’agitation, et loin des autres chats ;
  • les gamelles loin du bac à litière et de l’eau ;
  • la main ou la solitude : certains chats aiment être caressés ou nourris à la main, d’autres préfèrent qu’on les laisse et mangent la nuit.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Forcer le chat à manger, à la seringue ou en lui mettant la nourriture dans la bouche : c’est stressant, peut le dégoûter de manger et risque de graves complications s’il inhale la nourriture, prévient International Cat Care.
  • Lui donner des aliments pour humains, comme les petits pots pour bébé ou les sauces : ils peuvent contenir de l’oignon, toxique pour le chat.
  • Lui proposer un nouveau régime vétérinaire pendant qu’il est malade et mange peu : il risque de l’associer à son malaise ; mieux vaut faire la transition une fois qu’il va mieux.

Si ça ne suffit pas

Si ces astuces ne marchent pas, rappelez le vétérinaire. International Cat Care explique qu’il peut prescrire un médicament pour stimuler l’appétit, ou poser une sonde d’alimentation, qui permet de nourrir et soigner le chat sans stress, parfois à la maison.

La sonde d’alimentation, en pratique

L’idée d’une sonde inquiète souvent les propriétaires. International Cat Care la présente pourtant comme une solution pour nourrir le chat, et lui donner ses médicaments, sans stress, quand il ne veut pas manger. Pour les maladies de longue durée, elle permet même de le soigner à la maison, avec l’aide de l’équipe vétérinaire. Elle évite surtout l’alimentation forcée à la seringue, que l’association déconseille formellement : elle stresse le chat, peut le dégoûter de manger et expose à de graves complications s’il inhale la nourriture. Le vétérinaire vous montrera comment utiliser et entretenir la sonde, et quand la retirer, une fois l’appétit revenu.

Le peser

Pendant une période d’appétit réduit, International Cat Care conseille de peser le chat aussi souvent que le vétérinaire le recommande, sans doute chaque semaine. Une pèse-bébé électronique est plus précise que la méthode qui consiste à se peser avec puis sans le chat.

Le cas du chaton

Un chaton qui ne mange pas est une urgence plus grande encore qu’un adulte. Cats Protection conseille de le faire voir au plus vite après douze à vingt-quatre heures sans manger. International Cat Care explique pourquoi, à propos des chatons orphelins : les réserves d’énergie d’un chaton s’épuisent très vite, et un nouveau-né a besoin de jusqu’à dix repas par vingt-quatre heures. Un chaton qui tète mal, qui ne prend pas de poids ou qui reste à l’écart de sa mère et de ses frères et sœurs doit être examiné sans attendre.

Plusieurs chats : celui qui ne mange pas assez

Dans une maison à plusieurs chats, un chat qui mange peu passe facilement inaperçu, surtout si les gamelles sont partagées. Le consensus 2018 de l’AAFP sur l’alimentation recommande plusieurs points de nourriture et d’eau, pour que chaque chat puisse manger seul, en sécurité, sans être dérangé par un autre. Un chat intimidé par un congénère peut attendre que l’autre ait fini, ou renoncer à manger. Si vous avez un doute, nourrissez les chats dans des pièces séparées pendant quelques jours, pour voir ce que chacun mange vraiment.

Quand il remange : relancer en douceur

Quand l’appétit revient, ne revenez pas trop vite à vos habitudes. Continuez à peser votre chat, comme le conseille International Cat Care, et gardez son aliment habituel, dans des repas petits et fréquents. Si le vétérinaire a prescrit un aliment spécial, l’association conseille d’attendre qu’il aille mieux pour faire la transition, progressivement. Une fois rétabli, le consensus de l’AAFP suggère de lui offrir des occasions de « chasser » sa nourriture, avec des jouets distributeurs ou des repas cachés dans la maison, pour respecter son besoin de manger souvent, en petites quantités.

Préparer la visite chez le vétérinaire

Pour aider le vétérinaire à trouver la cause, notez avant le rendez-vous :

  • depuis quand votre chat mange moins, ou plus du tout, et s’il a mangé un peu depuis ;
  • ce qu’il accepte encore : friandises, pâtée, croquettes, rien du tout ;
  • s’il boit, plus ou moins que d’habitude ;
  • s’il vomit, a la diarrhée, ou au contraire ne fait plus de selles ;
  • comment il urine : plus souvent, plus abondamment, avec effort ;
  • son comportement : se cache-t-il, dort-il plus, bave-t-il, se frotte-t-il la bouche ?
  • les changements récents à la maison : nouvel aliment, déménagement, nouvel animal, travaux, absence, pension ;
  • son poids, si vous l’avez pesé, et son évolution.

Apportez aussi l’emballage de son aliment habituel, et la liste de ses traitements éventuels. International Cat Care rappelle que, si le vétérinaire vous a demandé d’encourager votre chat à manger à la maison et que les astuces ne marchent pas, il faut le recontacter : un autre traitement est probablement nécessaire.

Ce que fera le vétérinaire

La consultation commence en général par vos réponses aux questions ci-dessus, puis par un examen complet : poids et état corporel, bouche et dents, hydratation, palpation du ventre, température. Selon ce qu’il trouve, le vétérinaire peut proposer des analyses de sang et d’urine, qui renseignent notamment sur les reins, le foie, la thyroïde ou le diabète, et parfois des examens d’imagerie, comme une radiographie ou une échographie. International Cat Care insiste sur l’objectif : trouver la cause le plus tôt possible et commencer le traitement, pour limiter la perte de poids et ses conséquences. En attendant les résultats, il peut prescrire un traitement contre la nausée ou la douleur, un stimulant de l’appétit, ou proposer une sonde d’alimentation si le chat ne mange toujours pas.

Après une opération ou une période de stress

Un chat peut bouder sa gamelle après une anesthésie, un séjour en pension ou un déménagement. International Cat Care propose alors les mêmes astuces que pour un chat convalescent : une gamelle large et peu profonde, un endroit calme, un aliment odorant si le vétérinaire l’autorise. Laissez-lui un endroit tranquille pour manger, loin des autres animaux et des allées et venues. Mais ne laissez jamais la situation durer : l’association conseille de contacter le vétérinaire en urgence dès trois jours d’appétit réduit, et Cats Protection dès 24 heures sans rien manger.

Prévenir les problèmes de repas

Pour comprendre les recommandations, il faut revenir à la façon dont le chat mange dans la nature. Ce même consensus rappelle que le chat est un carnivore strict et un chasseur solitaire, qui consomme de petites proies, peu caloriques : il lui faut plusieurs captures par jour pour couvrir ses besoins, et il préfère manger souvent, et seul. Un ou deux gros repas par jour, dans une seule gamelle partagée, ne correspondent pas à ce mode de vie, et peuvent entraîner ennui, stress et suralimentation.

Le consensus 2018 de l’AAFP, l’association américaine des vétérinaires félins, sur l’alimentation des chats recommande des repas petits et fréquents, plusieurs points de nourriture et d’eau, et que chaque chat puisse manger seul, en sécurité. Dans une maison à plusieurs chats, prévoyez une gamelle par chat, dans des endroits séparés. Voyez aussi notre guide de la boîte à croquettes. Et pour un chat âgé, voyez notre page sur le vieux chat.

Pâtée ou croquettes pour un chat qui mange peu ?

Aucune des sources consultées n’impose un type d’aliment pour un chat qui boude. International Cat Care conseille, pendant une période d’inappétence, de ne pas multiplier les aliments proposés en même temps, et de ne pas lancer un nouveau régime tant qu’il est malade. La pâtée a l’avantage d’être plus odorante, surtout légèrement tiédie, et d’apporter de l’eau ; une pâtée molle est aussi plus facile à manger pour un chat qui a mal à la bouche. Voyez notre rayon pâtée pour chat. Quel que soit l’aliment, le vétérinaire reste le mieux placé pour vous conseiller, en fonction de la cause trouvée.

Le récapitulatif : que faire selon la durée

Depuis combien de tempsChat adulte en formeChaton, chat âgé ou malade
Un repas sautéSurveiller, essayer de le tenterSurveiller de près, appeler si ça continue
12 à 24 heures sans rien mangerAppeler le vétérinaire s’il n’a toujours rien mangéConsulter au plus vite (chaton)
Plus de 24 heures sans mangerAppeler le vétérinaireConsulter sans attendre
Appétit réduit depuis 3 joursConsulter en urgenceConsulter en urgence
Refus de manger avec vomissements, abattement, jaunisseAppeler le vétérinaire immédiatementAppeler le vétérinaire immédiatement

Ce tableau reprend les repères de Cats Protection et d’International Cat Care. En cas de doute, appelez toujours votre vétérinaire : un appel de trop ne coûte rien à votre chat, un jour de trop peut lui coûter cher.

Les idées reçues

  • « Un chat qui a faim finira par manger. » Non : un chat peut se laisser dépérir plutôt que d’accepter un aliment qu’il n’aime pas, et le jeûne peut provoquer une lipidose hépatique.
  • « Un chat gros peut sauter quelques repas. » C’est l’inverse : les chats en surpoids sont les plus exposés à la lipidose.
  • « Il est juste difficile. » Un chat qui devient « capricieux » peut avoir mal ou avoir la nausée, rappelle International Cat Care.
  • « On peut le nourrir à la seringue. » Pas sans avis vétérinaire : c’est stressant et il risque d’inhaler la nourriture.
  • « Il boit, donc tout va bien. » L’eau ne remplace pas la nourriture : le risque de lipidose reste le même.
  • « Un vieux chat mange moins, c’est normal. » Pas forcément : perte d’appétit et perte de poids justifient une visite.

Les erreurs fréquentes

  • Attendre plusieurs jours avant d’appeler le vétérinaire.
  • Croire qu’un chat gros peut jeûner sans risque : c’est lui qui risque le plus la lipidose.
  • Forcer la nourriture à la seringue sans avis vétérinaire.
  • Donner des restes ou des aliments pour bébé.
  • Changer brutalement d’aliment.
  • Nourrir plusieurs chats dans une seule gamelle.

Questions fréquentes

Combien de temps un chat peut-il rester sans manger ?

Il ne faut pas tester. Cats Protection conseille d’appeler le vétérinaire dès 24 heures sans manger, et explique qu’après deux à sept jours de jeûne, une lipidose hépatique, potentiellement mortelle, peut se développer.

Mon chat ne mange plus mais boit, est-ce grave ?

Oui, s’il ne mange plus depuis plus de 24 heures : appelez le vétérinaire. Cats Protection note qu’un chat qui boit tient plus longtemps sans manger, mais le risque de lipidose demeure. S’il ne boit pas non plus, c’est encore plus urgent.

Comment redonner l’appétit à mon chat ?

Une fois la maladie écartée : nourriture légèrement tiédie, sauf nausée, gamelle large et peu profonde, endroit calme, et un aliment odorant si le vétérinaire l’autorise. Ne le forcez jamais.

Mon chat renifle sa gamelle et s’en va, pourquoi ?

C’est l’un des signes d’un appétit réduit, souvent lié à la nausée ou à la douleur, notamment dentaire. International Cat Care conseille de contacter le vétérinaire.

Mon chat ne mange plus depuis une semaine : que faire ?

Consultez sans attendre, en urgence. Cats Protection conseille d’appeler le vétérinaire dès 24 heures sans manger, et le manuel Merck rappelle que la lipidose hépatique suit une période de mauvais appétit de quelques jours à plusieurs semaines. Une semaine, c’est largement assez pour qu’elle s’installe, surtout chez un chat en surpoids.

Mon chat ne mange plus ses croquettes depuis un changement : que faire ?

Proposez-lui l’aliment qu’il acceptait, et introduisez le nouveau progressivement, dans une gamelle à côté, comme le conseille International Cat Care. Le manuel Merck cite le passage à un aliment que le chat n’aime pas parmi les déclencheurs possibles de lipidose : ne le laissez pas jeûner en attendant qu’il accepte.

Quelle est la différence entre anorexie et hyporexie ?

L’anorexie désigne un chat qui ne mange plus rien du tout, et l’hyporexie un chat qui mange moins que d’habitude. Les deux justifient d’appeler le vétérinaire.

Mon chat a le coryza et ne mange plus : que faire ?

International Cat Care explique que ces chats sentent mal leur nourriture et ont souvent mal à la gorge. Proposez des aliments mous et odorants, légèrement tiédis, et parlez au vétérinaire d’un traitement contre la douleur. S’il ne mange toujours pas, une sonde d’alimentation peut être nécessaire.

Mon vieux chat mange moins : est-ce l’âge ?

Pas seulement. International Cat Care range la perte d’appétit et la perte de poids parmi les signes qui justifient une visite chez un chat âgé, et une maladie dentaire ou rénale est fréquente à cet âge.

Un chat qui ne mange pas boit-il moins ?

Souvent, oui : beaucoup de chats tirent une grande partie de leur eau de leur nourriture, rappelle International Cat Care. Proposez plusieurs points d’eau fraîche, et pourquoi pas une fontaine.

Mon chat ne mange plus après une anesthésie : est-ce normal ?

Un appétit réduit pendant quelques heures peut arriver. Suivez les consignes de sortie du vétérinaire, proposez-lui un endroit calme et un aliment odorant s’il l’autorise, et rappelez la clinique s’il ne mange toujours pas.

Pourquoi mon chat mange-t-il d’un seul côté ?

C’est l’un des signes discrets d’une douleur dans la bouche. Faites examiner ses dents : les maladies dentaires touchent jusqu’à 85 % des chats de trois ans et plus.

Mon chat mange beaucoup mais maigrit : est-ce grave ?

Oui, il faut le faire examiner. International Cat Care cite la perte de poids malgré un appétit augmenté parmi les signes classiques de l’hyperthyroïdie, fréquente chez les chats âgés.

Mon chaton ne mange pas : combien de temps attendre ?

Très peu. Cats Protection conseille de le faire voir au plus vite après douze à vingt-quatre heures sans manger, car les réserves d’énergie d’un chaton s’épuisent très vite.

Une sonde d’alimentation, est-ce douloureux pour le chat ?

International Cat Care la présente comme un moyen de nourrir et de soigner le chat sans stress, parfois à la maison. C’est une alternative à l’alimentation forcée à la seringue, qu’elle déconseille.

Pourquoi faut-il tiédir la nourriture d’un chat qui ne mange pas ?

Parce que le chat choisit sa nourriture d’abord à l’odeur, et que la chaleur la libère. International Cat Care conseille pourtant de ne pas le faire s’il a la nausée : mieux vaut alors de petites portions à température ambiante ou fraîches.

Pourquoi mon chaton de cinq mois a-t-il mauvaise haleine et mange moins ?

Vers cinq mois, beaucoup de chatons ont une gingivite juvénile au moment où les dents définitives percent ; elle se calme en général en quatre à six semaines. Faites-le tout de même examiner s’il cesse de manger.

Quels examens le vétérinaire fera-t-il ?

Un examen complet d’abord, puis, selon ce qu’il suspecte, des analyses de sang et d’urine, et parfois une radiographie ou une échographie, pour trouver la cause et commencer le traitement au plus vite.

Mon chat diabétique ne mange plus : est-ce urgent ?

Oui. International Cat Care cite la perte d’appétit, avec vomissements, diarrhée ou effondrement, parmi les signes de l’acidocétose diabétique, une complication grave : contactez l’équipe vétérinaire immédiatement.

Mon chat a peut-être avalé un fil ou un objet et ne mange plus : que faire ?

Appelez le vétérinaire sans attendre. International Cat Care rappelle qu’un objet avalé peut boucher l’intestin, avec vomissements, constipation, fatigue et baisse d’appétit. L’association précise que certaines races, comme le siamois, le burmese ou le tonkinois, ont plus souvent tendance à mâcher et avaler des objets : rangez fils, élastiques et lacets hors de leur portée.

Qu’est-ce que la lipidose hépatique ?

Une accumulation de graisse dans le foie, qui l’empêche de fonctionner, quand le chat puise dans ses réserves faute de manger. Elle peut être mortelle sans traitement rapide et touche surtout les chats en surpoids qui cessent brutalement de manger.

Sources (16)
  1. International Cat Care — Inappetence in cats (nouvel onglet)
  2. International Cat Care — How to encourage your cat to eat (nouvel onglet)
  3. Cats Protection — How long can cats go without food? (nouvel onglet)
  4. International Cat Care — Dental disease in cats (nouvel onglet)
  5. Phys.org — AAFP releases new how to feed a cat consensus statement, 2018 (nouvel onglet)
  6. Merck Veterinary Manual — Disorders of the Liver and Gallbladder in Cats (propriétaires) (nouvel onglet)
  7. International Cat Care — Cat flu (upper respiratory infection) (nouvel onglet)
  8. International Cat Care — Special considerations for senior cats (nouvel onglet)
  9. Consensus iCatCare 2026 sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie rénale chronique du chat, Journal of Feline Medicine and Surgery (nouvel onglet)
  10. Sadek T. et al., Feline feeding programs: addressing behavioural needs to improve feline health and wellbeing, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2018 (nouvel onglet)
  11. International Cat Care — Diabetes mellitus in cats (nouvel onglet)
  12. International Cat Care — Hyperthyroidism in cats (nouvel onglet)
  13. International Cat Care — Pica in cats (nouvel onglet)
  14. International Cat Care — Cats and poisons (nouvel onglet)
  15. International Cat Care — Hand-rearing kittens (nouvel onglet)
  16. Wikipedia — Cat senses (nouvel onglet)

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