Ataxie du chat : un chat qui titube n’a pas toujours la même maladie

Ce que vous allez trouver20 sections
- En bref : les situations les plus courantes
- Qu’est-ce que l’ataxie ?
- Reconnaître une ataxie : ce qu’il faut observer
- L’examen neurologique
- Le syndrome vestibulaire idiopathique
- Quand l’oreille est en cause
- La thromboembolie artérielle : les pattes arrière qui lâchent
- La moelle épinière
- Les intoxications
- La péritonite infectieuse féline
- Le chaton qui titube depuis toujours : l’hypoplasie cérébelleuse
- Un chat qui marche sur les jarrets : penser au diabète
- Les autres causes
- Aider un chat ataxique à la maison
- Le récapitulatif des causes
- Évaluer la qualité de vie d’un chat ataxique
- Ce que vous pouvez faire avant la consultation
- Les idées reçues
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
L’ataxie est un manque de coordination des mouvements : le chat titube, marche jambes écartées, tombe sur le côté, penche la tête. Ce n’est pas une maladie mais un signe, qui vient d’une atteinte de l’équilibre, du cervelet, de la moelle épinière ou des nerfs. Les causes vont du syndrome vestibulaire idiopathique, brutal mais qui s’améliore en général, à l’intoxication, en passant par le chaton né avec un cervelet trop petit. Un chat qui perd soudain l’équilibre doit être vu le jour même par un vétérinaire ; un chat qui ne peut plus se servir de ses pattes arrière, en urgence.
Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.
En bref : les situations les plus courantes
| Ce que vous voyez | Ce que ça peut être | L’urgence |
|---|---|---|
| Perte d’équilibre apparue d’un coup | Un syndrome vestibulaire, souvent idiopathique | Le vétérinaire le jour même |
| Pattes arrière soudain paralysées | Une thromboembolie artérielle, ou une atteinte de la moelle épinière | Urgence absolue |
| Tremblements, contractions, démarche chancelante après un antipuces pour chien | Une intoxication à la perméthrine | Urgence absolue |
| Chaton qui titube depuis toujours, tête qui tremble quand il vise | Une hypoplasie cérébelleuse | Un diagnostic, pas d’urgence |
| Démarche de plus en plus maladroite, sur des semaines | Une maladie qui progresse | Le vétérinaire rapidement |
Qu’est-ce que l’ataxie ?
Wikipedia la définit comme un ensemble de troubles neurologiques qui se traduisent par un manque de coordination fine des mouvements volontaires, lié à une atteinte du système nerveux. Elle se voit surtout à la marche, à l’équilibre et à la station debout.
On en distingue trois grandes formes, selon la partie du système nerveux touchée :
- l’ataxie vestibulaire, quand le système de l’équilibre, dans l’oreille interne ou le tronc cérébral, est atteint : troubles de l’équilibre et déviation de la marche ;
- l’ataxie cérébelleuse, quand le cervelet, qui règle la finesse des mouvements, est atteint : pattes écartées, gestes trop amples qui dépassent leur but ;
- l’ataxie proprioceptive, quand l’information sur la position du corps, transmise par la moelle épinière et les nerfs, n’arrive plus correctement.
Le vétérinaire cherche d’abord à savoir laquelle, car les causes ne sont pas les mêmes.
Reconnaître une ataxie : ce qu’il faut observer
L’ataxie peut être spectaculaire, ou très discrète. Quelques signes à repérer, et à noter pour le vétérinaire :
- la démarche : le chat titube, marche comme s’il était ivre, écarte les pattes pour garder l’équilibre, croise les pattes ou pose le dessus du pied au sol ;
- la tête : penchée d’un côté, ou qui tremble quand il s’apprête à manger ou à sauter ;
- les yeux : des mouvements rapides et involontaires, de gauche à droite ou de haut en bas, que les vétérinaires appellent nystagmus, accompagnent souvent un trouble de l’équilibre ;
- les chutes : il tombe toujours du même côté, tourne en rond, ou n’arrive plus à sauter sur un meuble qu’il atteignait sans peine ;
- les gestes : il rate sa cible en sautant, ou lève les pattes trop haut, comme s’il mesurait mal les distances.
Filmez ces épisodes avec votre téléphone : une courte vidéo montre au vétérinaire ce qu’il ne verra peut-être pas pendant la consultation, quand le chat, stressé, reste immobile.
Ataxie, boiterie ou faiblesse ?
Un chat qui marche mal n’est pas forcément ataxique. Une boiterie vient le plus souvent d’une douleur dans une patte ou une articulation, comme l’arthrose, fréquente chez les chats âgés ; voyez notre page sur l’arthrose du chat. Une faiblesse généralisée peut venir d’une maladie qui fatigue tout l’organisme. L’ataxie, elle, est un défaut de coordination : le chat a de la force, mais n’arrive plus à organiser ses mouvements. Faire la différence est justement le rôle de l’examen neurologique. Plusieurs de ces troubles peuvent d’ailleurs coexister chez un même chat, surtout avec l’âge : ne tirez pas de conclusion trop vite, et laissez le vétérinaire examiner l’ensemble.
L’examen neurologique
Le manuel vétérinaire Merck décrit la démarche : le vétérinaire commence par recueillir l’historique et faire un examen général, puis un examen neurologique. Celui-ci évalue la tête et les nerfs crâniens, la démarche, le cou et les pattes avant, puis le tronc, les pattes arrière, l’anus et la queue ; les réflexes sont testés pour localiser, si possible, la lésion dans le cerveau, la moelle épinière ou les nerfs. Le vétérinaire évalue aussi l’état de conscience du chat, de vif et alerte à somnolent ou inconscient.
Selon ce qu’il trouve, des examens complémentaires peuvent être nécessaires : prises de sang, analyse d’urine, analyse du liquide céphalo-rachidien, radiographies, scanner, IRM, ou mesure de l’activité électrique du cerveau, des nerfs et des muscles, énumère le manuel Merck. L’IRM et l’analyse du liquide céphalo-rachidien demandent une anesthésie générale et un équipement spécialisé, souvent dans un centre de référence.
Le syndrome vestibulaire idiopathique
C’est l’une des maladies neurologiques les plus fréquentes chez le chien et le chat. En 2023, une enquête auprès de neurologues vétérinaires de plusieurs pays a fait le point sur sa définition : un trouble vestibulaire périphérique, qui apparaît de façon aiguë, voire brutale, qui s’améliore, qui n’est pas douloureux, et qui touche des chats de tout âge. « Idiopathique » veut dire qu’on n’en connaît pas la cause.
Le diagnostic se pose en écartant les autres causes : examen neurologique complet, prises de sang, mesure de la tension, examen des oreilles, et parfois IRM et analyse du liquide céphalo-rachidien. Le traitement repose le plus souvent sur une perfusion et un médicament contre les vomissements, pendant que le chat récupère.
L’enquête de 2023 note que les pratiques sont largement les mêmes dans le monde, avec une nuance : en Europe, les spécialistes recourent moins souvent à l’imagerie avancée, et plus souvent à l’examen des oreilles à l’otoscope, pour écarter d’autres maladies. Elle rappelle aussi que le syndrome touche les chats de tout âge, alors que chez le chien il concerne surtout les animaux âgés.
Pendant la récupération
Un chat qui sort d’un épisode vestibulaire a souvent la nausée et reste désorienté pendant quelques jours. Installez-le dans une petite pièce calme, sur un sol qui ne glisse pas, sans meubles hauts d’où il pourrait tomber, avec sa litière, son eau et sa nourriture à portée de patte. S’il ne mange pas, prévenez le vétérinaire : un chat qui ne mange pas pendant plusieurs jours risque des complications du foie, rappelle International Cat Care. L’enquête de 2023 définit d’ailleurs ce syndrome comme un trouble qui s’améliore : la patience fait partie du traitement.
L’examen des oreilles fait partie du bilan, pour écarter une autre cause. Voyez notre page sur les soins de la peau, des yeux et des oreilles.
Quand l’oreille est en cause
L’oreille interne abrite une partie du système de l’équilibre. International Cat Care rappelle que, en raison de leur proximité, les maladies de l’oreille moyenne touchent souvent aussi l’oreille interne, et provoquent alors des troubles de l’équilibre. L’association cite notamment des infections, et des excroissances bénignes, non cancéreuses, qui peuvent se développer dans l’oreille moyenne ou la trompe d’Eustache. Pour ces problèmes, le chat peut avoir besoin de radiographies, d’un scanner ou d’une IRM, et parfois d’un prélèvement de liquide dans l’oreille moyenne pour rechercher des bactéries. Une tête penchée avec des oreilles qui coulent, sentent mauvais ou que le chat gratte beaucoup doit donc faire penser à l’oreille.
Le manuel Merck signale aussi une forme congénitale, décrite chez le burmese : des chatons nés avec un système vestibulaire défaillant, qui ont un équilibre et une posture perturbés, et peuvent être sourds de façon permanente. Il n’existe pas de traitement, mais ces chats apprennent à compenser, et leur équilibre s’améliore.
La thromboembolie artérielle : les pattes arrière qui lâchent
Un chat qui perd brutalement l’usage de ses pattes arrière n’a pas forcément un problème de nerfs. La cause peut être un caillot qui bouche une artère des pattes : c’est la thromboembolie artérielle. Une étude de 2014 sur 250 chats vus dans trois cliniques généralistes britanniques en donne la mesure : environ 0,3 % des chats consultés, et 61 % euthanasiés dès la première consultation. Certains ont pourtant survécu plus d’un an. Une température corporelle basse à l’arrivée était associée à un moins bon pronostic. Dans cette même étude, parmi les chats qui avaient survécu au moins une semaine, la durée de survie médiane était de 94 jours, et six chats étaient encore en vie un an après l’accident ; chez les chats qui avaient passé les premières 24 heures, l’absence de traitement contre la formation de caillots était associée à un risque plus élevé de décès ou d’euthanasie dans la semaine. C’est dire l’importance d’une prise en charge rapide, et d’une discussion franche avec le vétérinaire sur les chances de récupération et le confort du chat.
International Cat Care explique le mécanisme : chez un chat atteint de cardiomyopathie, une maladie du muscle cardiaque, un caillot peut se former dans une cavité du cœur, puis partir dans la circulation et boucher un vaisseau, le plus souvent celui des pattes. Il en résulte une paralysie brutale d’une ou des deux pattes arrière, plus rarement avant, avec une douleur intense et une grande détresse. L’association souligne que cet accident peut être le tout premier signe d’une maladie cardiaque jusque-là passée inaperçue.
Face à un chat qui ne tient plus sur ses pattes arrière, n’attendez pas : c’est une urgence.
La moelle épinière
La moelle épinière transmet au cerveau la position du corps, et commande les mouvements des pattes : quand elle est touchée, le chat peut devenir ataxique, faible, voire paralysé. Le manuel Merck décrit plusieurs causes chez le chat :
- les traumatismes : chute, accident, morsure. Des fractures ou luxations des vertèbres peuvent se voir à la radiographie, mais le scanner est parfois nécessaire. Les chats aux signes neurologiques légers récupèrent souvent après quatre à six semaines de repos strict en cage ; certaines lésions graves demandent une chirurgie. Le pronostic est mauvais quand le chat ne sent plus la douleur en dessous de la lésion ;
- l’embolie fibrocartilagineuse : un fragment de cartilage, venu probablement d’un disque entre deux vertèbres, bouche un vaisseau de la moelle. Elle est rare chez le chat, survient souvent après un saut ou une course, et provoque un changement brutal et non douloureux de la démarche, qui ne s’aggrave en général plus au-delà de douze heures. Les chats peu atteints s’améliorent souvent en une à deux semaines ;
- la hernie discale : un disque qui fait saillie dans le canal vertébral peut provoquer une douleur du dos, une perte de contrôle des pattes arrière, voire une paralysie et une incontinence ;
- les tumeurs : le lymphome est la tumeur la plus fréquente de la moelle épinière chez le chat, et environ 85 % des chats atteints sont positifs au virus de la leucose féline, selon le manuel ;
- les infections et inflammations, dont la péritonite infectieuse féline, décrite plus bas.
Chez le manx, le manuel Merck signale un défaut congénital, le spina bifida : la colonne vertébrale ne se ferme pas correctement pendant le développement, en lien avec l’absence de queue. Les chatons atteints peuvent avoir du mal à contrôler leurs urines et leurs selles, et une faiblesse des pattes arrière.
Les intoxications
International Cat Care décrit les signes d’une intoxication à la perméthrine, un insecticide présent dans certains antipuces pour chien : tremblements, secousses, contractions musculaires, sensibilité exagérée au toucher et au bruit, démarche chancelante, et dans les cas graves des convulsions. Elle survient le plus souvent quand on applique par erreur un produit pour chien sur un chat, ou quand le chat se frotte à un chien fraîchement traité. Contactez votre vétérinaire immédiatement.
International Cat Care explique pourquoi un produit sans danger pour le chien peut tuer un chat : le foie du chat ne sait pas transformer certaines substances chimiques en une forme inoffensive, et elles s’accumulent dans son organisme. Même une toute petite quantité de perméthrine peut rendre un chat gravement malade : réduire la dose d’un produit pour chien ne le rend donc pas sûr. L’association précise que la perméthrine peut passer sur le pelage du chat quand il se frotte à un chien traité, ou simplement s’il s’installe sur le même fauteuil. Plus rarement, l’intoxication peut provoquer des difficultés respiratoires, voire une cécité.
Pour l’éviter, International Cat Care donne des règles simples :
- n’utilisez jamais un produit pour chien sur un chat ;
- achetez un antiparasitaire conçu uniquement pour les chats, en vérifiant l’étiquette, surtout quand les produits pour chiens et pour chats sont présentés côte à côte en magasin ;
- soyez très prudent en ligne, où il est facile de se tromper de produit ;
- si vous avez un chien traité avec un produit à base de perméthrine, tenez vos chats à l’écart de lui le temps indiqué par le fabricant ou le vétérinaire.
D’autres toxiques agissent sur le système nerveux. International Cat Care conseille, en cas de doute, d’éloigner le chat de la source, d’appeler le vétérinaire sans attendre, et d’apporter l’emballage ou la plante. Voyez notre page sur les plantes toxiques.
La péritonite infectieuse féline
La PIF est due à une forme mutée du coronavirus félin, un virus très répandu, qui ne provoque le plus souvent aucun signe. International Cat Care explique qu’un petit nombre de chats développent la maladie, à cause de mutations du virus et de la réaction de leur système immunitaire, plus souvent les jeunes chats et les chats de race, mais à tout âge. La maladie touche les yeux dans environ 30 % des cas et le cerveau dans environ 30 % des cas : parmi les signes, l’association cite une démarche instable et chancelante, des convulsions, une fièvre qui va et vient, de la fatigue et une baisse d’appétit. Le manuel Merck ajoute qu’elle peut toucher la moelle épinière, avec une douleur du dos et une paralysie partielle de deux ou quatre pattes.
Longtemps mortelle, la PIF bénéficie aujourd’hui de progrès importants dans son traitement, souligne International Cat Care. L’association rappelle aussi que les coronavirus félins n’infectent que les chats, et ne présentent aucun risque pour l’humain. Chez un jeune chat qui devient ataxique avec de la fièvre, le vétérinaire y pensera.
Le chaton qui titube depuis toujours : l’hypoplasie cérébelleuse
Certains chatons naissent avec un cervelet trop petit ou incomplètement développé. Wikipedia rappelle que la cause classique est le virus du typhus, la panleucopénie féline : infecté dans le ventre de sa mère ou dans ses toutes premières semaines, le chaton voit le développement de son cervelet perturbé. Les signes : il se balance, sa tête tremble, il marche de façon mal coordonnée, avec des gestes trop amples.
Le manuel Merck confirme ce lien avec le virus du typhus, contracté dans le ventre de la mère, et précise que le chaton présente en général un tremblement qui ne s’aggrave pas en grandissant, et que les chats atteints peuvent faire de très bons compagnons. Le diagnostic se confirme par IRM.
Il n’existe pas de traitement, mais la vie du chat change assez peu : il tombe plus souvent, et se défend moins bien, d’où l’intérêt de le garder à l’intérieur. La maladie n’est pas contagieuse. Elle se prévient en vaccinant les chattes contre le typhus avant la gestation. Voyez notre page sur les vaccins du chat.
Les signes typiques
Wikipedia décrit chez le chat atteint un corps qui se balance, des tremblements de la tête, une marche mal coordonnée et une hypermétrie : le chat lève les pattes trop haut et exagère ses gestes, comme s’il mesurait mal les distances. Le manuel Merck ajoute que ce tremblement ne s’aggrave pas quand le chat grandit. Le diagnostic repose surtout sur l’observation de ces signes caractéristiques ; le manuel Merck précise qu’une IRM permet de le confirmer.
Pourquoi le moment de l’infection compte
Le cervelet du chaton continue de se développer après la naissance : Wikipedia indique que ce développement se poursuit jusqu’à environ 84 jours chez le chat. C’est pourquoi une infection par le virus du typhus pendant la gestation, ou dans les toutes premières semaines de vie, peut l’abîmer. La gravité dépend du moment de l’infection et de la partie du cervelet touchée : certains chatons sont à peine maladroits, d’autres tombent à chaque pas. Dans tous les cas, les signes ne s’aggravent pas avec l’âge, ce qui distingue l’hypoplasie d’une maladie qui progresse.
Et son espérance de vie ?
C’est une question fréquente. Wikipedia indique que, dans le meilleur des cas, un animal atteint d’hypoplasie cérébelleuse vit aussi longtemps que les autres membres de son espèce, et que la plupart s’adaptent à leur handicap, avec un peu d’aide et d’attention. Deux réserves : si la cause, par exemple le virus, a aussi touché d’autres organes, la santé générale peut en souffrir ; et dans les formes sévères, les difficultés à se déplacer pèsent sur la qualité de vie. Les soins consistent surtout à lui rendre les déplacements plus faciles et plus sûrs.
Un chat qui marche sur les jarrets : penser au diabète
Toutes les faiblesses de l’arrière-train ne viennent pas du système nerveux central. Le centre de santé féline de l’université Cornell signale que, dans de rares cas de diabète mal contrôlé, les nerfs des pattes arrière peuvent être abîmés : le chat marche ou se tient les jarrets au sol ou presque. Ce n’est pas douloureux, et cela disparaît souvent avec le traitement du diabète. Un chat qui boit et urine beaucoup, et dont l’arrière-train s’affaisse, doit être examiné. Voyez notre page sur le chat qui boit beaucoup.
Les autres causes
Le chat âgé
Chez un vieux chat, une démarche moins sûre a souvent plusieurs causes mêlées : arthrose, faiblesse musculaire, baisse de la vue, maladie des reins ou de la thyroïde, et parfois une vraie atteinte neurologique. Seul un examen complet permet de faire la part des choses. Voyez notre page sur le vieux chat.
Une carence alimentaire
Le manuel Merck cite aussi des causes nutritionnelles de maladies de la moelle épinière, comme l’excès de vitamine A chez des chats nourris avec beaucoup de foie, qui provoque des excroissances osseuses sur la colonne, une douleur et une raideur du cou et une boiterie des pattes avant. Une alimentation complète et équilibrée, adaptée au chat, évite ces déséquilibres.
La toxoplasmose chez le chaton
Le manuel Merck signale que Toxoplasma gondii, un parasite microscopique, peut parfois provoquer une inflammation du cerveau et de la moelle épinière chez le chaton. Les chatons infectés ont en général aussi des signes touchant d’autres organes. Une prise de sang ou un prélèvement permet le diagnostic, et plusieurs traitements existent : c’est une cause à évoquer chez un jeune chat ataxique et malade.
Les pesticides organophosphorés
Parmi les toxiques qui touchent le système nerveux, le manuel Merck décrit les organophosphorés, des insecticides utilisés sur les plantes et parfois sur les animaux. Après une ingestion ou un contact avec la peau, une forme retardée d’intoxication peut apparaître une à quatre semaines plus tard : une paralysie partielle des pattes arrière qui s’aggrave progressivement, et touche parfois les quatre pattes. Le vétérinaire aura besoin de savoir à quels produits le chat a pu être exposé, jardin, potager, traitement des plantes, pour poser le bon diagnostic : c’est une raison de plus pour noter tout ce qui a changé dans son environnement.
Les causes générales
Traumatisme, tumeur, infection du système nerveux, maladie métabolique : la liste des causes possibles d’ataxie est longue, et seul l’examen neurologique, complété d’examens, permet de trancher. Le vétérinaire vous demandera quand et comment les signes sont apparus : une vidéo du chat qui marche peut beaucoup l’aider.
Aider un chat ataxique à la maison
Quand l’ataxie persiste, l’objectif est que le chat se déplace en sécurité et accède facilement à ce dont il a besoin. Wikipedia cite, pour les chats atteints d’hypoplasie cérébelleuse, des aménagements simples : tapis pour éviter qu’il glisse, accès facilité au bac et aux gamelles. On peut y ajouter :
- un bac à litière à bord bas, posé sur un sol qui ne glisse pas ; voyez notre guide du bac à litière ;
- des gamelles stables, faciles d’accès ; voyez notre guide de la gamelle ;
- des couchages au sol, plutôt que des perchoirs d’où il pourrait tomber ;
- un accès limité à l’extérieur, ou un jardin clos et surveillé ;
- des gamelles surélevées, si le chat a du mal à baisser la tête sans perdre l’équilibre, une adaptation que cite Wikipedia pour les chats atteints d’hypoplasie cérébelleuse ;
- des rampes ou des marches pour accéder au canapé ou au lit, plutôt que des sauts ;
- des jeux au sol, avec une canne à pêche ou des balles, qui gardent le chat actif sans le faire grimper ;
- un brossage régulier, s’il a du mal à faire sa toilette en gardant l’équilibre.
Beaucoup de chats ataxiques trouvent leurs propres astuces : ils s’appuient contre un mur pour marcher, s’assoient pour manger, ou choisissent des couchages au ras du sol. Observez-les, et adaptez la maison à leurs habitudes plutôt que l’inverse.
Le récapitulatif des causes
| Cause | Comment ça commence | Ce qui oriente |
|---|---|---|
| Syndrome vestibulaire idiopathique | Brutalement | Tête penchée, chutes d’un côté, pas de douleur, amélioration |
| Maladie de l’oreille moyenne ou interne | Progressivement ou brutalement | Oreilles sales ou douloureuses, tête penchée |
| Thromboembolie artérielle | Brutalement | Pattes arrière paralysées, douleur intense |
| Embolie fibrocartilagineuse | Brutalement, souvent après un saut | Pas de douleur, ne s’aggrave plus après 12 heures |
| Intoxication à la perméthrine | Après un contact avec un antipuces pour chien | Tremblements, secousses, sensibilité au bruit |
| Hypoplasie cérébelleuse | Dès les premiers pas | Chaton, tremblements qui ne s’aggravent pas |
| PIF | Progressivement | Jeune chat, fièvre, parfois signes oculaires |
| Tumeur de la moelle, hernie discale | Brutalement ou progressivement | Douleur du dos, faiblesse des pattes arrière |
Ce tableau aide à comprendre, pas à diagnostiquer : plusieurs causes se ressemblent, et seul l’examen du vétérinaire permet de trancher.
Évaluer la qualité de vie d’un chat ataxique
Quand l’ataxie dure, ou s’aggrave, une question finit toujours par se poser : mon chat vit-il bien ? International Cat Care propose une grille de réflexion. La qualité de vie d’un chat est un équilibre entre ses expériences positives et négatives, et l’association rappelle que le chat vit entièrement dans le présent : il ne peut pas comprendre l’idée de souffrir aujourd’hui pour aller mieux demain. Plusieurs éléments comptent : sa santé physique et sa douleur, son état émotionnel, se sentir en sécurité ou avoir peur, son environnement, prévisible ou non, et la présence d’autres animaux ou de personnes, agréable ou pesante.
Quelques questions, inspirées de cette grille, à vous poser régulièrement :
- ses besoins de base sont-ils couverts : absence de douleur, de peur et de frustration, environnement sûr, nourriture, eau, possibilité de se comporter en chat ?
- quels plaisirs connaît-il encore : manger, se faire caresser, jouer, se reposer au soleil ?
- qu’est-ce qui lui cause de la détresse, et peut-on le supprimer rapidement ?
- comment sa qualité de vie risque-t-elle d’évoluer ?
Un chat atteint d’hypoplasie cérébelleuse, par exemple, peut avoir une excellente qualité de vie malgré ses chutes. Si elle devient mauvaise malgré les soins, l’association considère que l’euthanasie, lorsqu’elle est la meilleure issue, est une décision de bien-être qui évite la souffrance. Parlez-en avec votre vétérinaire, et voyez notre page sur l’euthanasie du chat.
Ce que vous pouvez faire avant la consultation
En attendant de voir le vétérinaire, quelques gestes simples protègent votre chat :
- mettez-le en sécurité dans une pièce calme, sans escaliers ni meubles hauts, avec un sol qui ne glisse pas ;
- ne lui donnez aucun médicament sans avis vétérinaire : beaucoup de médicaments humains sont toxiques pour le chat, rappelle International Cat Care ;
- ne le forcez pas à marcher et manipulez-le doucement, surtout s’il semble avoir mal au dos ;
- transportez-le dans une caisse garnie d’une serviette, plutôt que dans vos bras ;
- notez l’heure d’apparition des signes, leur évolution, et tout ce qui a pu se passer avant : chute, nouveau produit antipuces, plante, médicament ;
- filmez-le s’il a des épisodes, et apportez l’emballage de tout produit suspect.
Les idées reçues
- « Un chat retombe toujours sur ses pattes, il ne peut pas être ataxique. » Toute atteinte de l’équilibre, du cervelet, de la moelle ou des nerfs peut troubler sa coordination.
- « S’il penche la tête, c’est un AVC. » Le manuel Merck rappelle que les accidents vasculaires cérébraux sont rares chez les animaux de compagnie ; un syndrome vestibulaire ou une maladie de l’oreille sont plus fréquents.
- « Un chaton qui titube ne peut pas vivre normalement. » Avec une hypoplasie cérébelleuse, il fait souvent un très bon compagnon.
- « Si ça ne fait pas mal, ce n’est pas urgent. » Une embolie fibrocartilagineuse est indolore, mais demande un diagnostic rapide ; une thromboembolie artérielle, elle, est très douloureuse.
- « L’ataxie est une maladie. » C’est un signe, qui peut avoir des dizaines de causes.
Les erreurs fréquentes
- Attendre qu’un trouble de l’équilibre brutal passe tout seul, sans avis vétérinaire.
- Prendre une paralysie des pattes arrière pour une simple maladresse : c’est peut-être un caillot.
- Appliquer un antipuces pour chien sur un chat.
- Croire qu’un chaton qui titube va forcément souffrir : avec une hypoplasie cérébelleuse, il peut vivre bien.
Questions fréquentes
Mon chat ne tient plus sur ses pattes arrière, que faire ?
Allez chez le vétérinaire en urgence. Une paralysie brutale des pattes arrière peut venir d’un caillot qui bouche une artère, la thromboembolie artérielle, ou d’une atteinte de la moelle épinière.
Mon chat a perdu l’équilibre d’un coup : est-ce grave ?
Une perte d’équilibre brutale évoque un syndrome vestibulaire. Il est souvent idiopathique, non douloureux, et s’améliore, mais d’autres causes doivent être écartées par un examen complet. Consultez le jour même.
Un chat ataxique peut-il vivre normalement ?
Cela dépend de la cause. Un chat atteint d’hypoplasie cérébelleuse vit en général bien, avec quelques aménagements. Un syndrome vestibulaire idiopathique s’améliore le plus souvent. D’autres causes demandent un traitement spécifique.
Peut-on laisser sortir un chat ataxique ?
Il tombe plus souvent et se défend moins bien. Pour un chat atteint d’hypoplasie cérébelleuse, Wikipedia cite le maintien à l’intérieur comme solution simple. Un jardin clos et surveillé est un compromis.
Quelle est l’espérance de vie d’un chat ataxique ?
Tout dépend de la cause. Pour un chat né avec une hypoplasie cérébelleuse, Wikipedia indique qu’il peut, dans le meilleur des cas, vivre aussi longtemps qu’un autre chat. Pour une ataxie apparue brutalement, c’est la maladie en cause qui compte : seul le vétérinaire peut en juger.
Pourquoi mon chat marche-t-il de travers ?
Une tête penchée, une démarche qui dévie d’un côté et des chutes font penser à un syndrome vestibulaire, souvent sans cause retrouvée et qui s’améliore en général. Mais d’autres causes existent : faites-le examiner sans tarder.
Mon chat penche la tête et ses oreilles sentent mauvais : y a-t-il un lien ?
Possiblement. International Cat Care rappelle que les maladies de l’oreille moyenne touchent souvent aussi l’oreille interne, et provoquent des troubles de l’équilibre. Faites examiner ses oreilles rapidement.
Qu’est-ce qu’une embolie fibrocartilagineuse ?
Un fragment de cartilage qui bouche un vaisseau de la moelle épinière. Rare chez le chat, elle survient souvent après un saut et provoque un trouble brutal et non douloureux de la démarche. Les chats peu atteints s’améliorent souvent en une à deux semaines.
La PIF peut-elle rendre un chat ataxique ?
Oui : International Cat Care indique que la PIF touche le cerveau dans environ 30 % des cas, avec une démarche instable ou des convulsions. Elle bénéficie aujourd’hui de progrès importants dans son traitement.
Pourquoi les yeux de mon chat bougent-ils tout seuls ?
Ces mouvements rapides et involontaires, le nystagmus, accompagnent souvent un trouble de l’équilibre, comme un syndrome vestibulaire. Consultez le jour même.
Quels examens pour un chat ataxique ?
Un examen neurologique d’abord, puis, selon les cas, des analyses de sang et d’urine, des radiographies, un scanner, une IRM ou une analyse du liquide céphalo-rachidien.
Mon chat ne peut plus sauter sur le canapé : est-ce de l’ataxie ?
Pas forcément : chez un chat âgé, c’est souvent l’arthrose. Mais seul le vétérinaire peut faire la différence entre une douleur articulaire, une faiblesse et un trouble de la coordination.
Pourquoi un antipuces pour chien est-il dangereux pour un chat ?
Parce que certains contiennent de la perméthrine, que le foie du chat ne sait pas éliminer. International Cat Care rappelle que même une toute petite quantité peut le rendre gravement malade, et qu’un chat peut s’intoxiquer en se frottant à un chien traité.
Comment savoir si mon chat ataxique a encore une bonne qualité de vie ?
International Cat Care propose de peser ses expériences positives et négatives : douleur, peur, plaisirs, environnement. Faites le point régulièrement avec votre vétérinaire.
Qu’est-ce que l’hypermétrie ?
C’est un geste trop ample, qui dépasse son but : le chat lève les pattes trop haut en marchant, ou rate sa cible en sautant. Wikipedia la cite parmi les signes de l’hypoplasie cérébelleuse chez le chat.
Mon chat a été en contact avec un produit pour le jardin et ne marche plus bien : que faire ?
Appelez le vétérinaire et apportez l’emballage du produit. Le manuel Merck décrit une intoxication aux insecticides organophosphorés qui peut provoquer une paralysie des pattes arrière une à quatre semaines après l’exposition.
Le manx est-il plus exposé aux troubles de la marche ?
Le manuel Merck signale chez le manx un défaut congénital de la colonne vertébrale, le spina bifida, lié à l’absence de queue, qui peut provoquer une faiblesse des pattes arrière et des troubles de la continence. Tous les manx ne sont pas atteints.
Un chat ataxique souffre-t-il ?
Pas forcément : le syndrome vestibulaire idiopathique et l’embolie fibrocartilagineuse ne sont pas douloureux, et un chat atteint d’hypoplasie cérébelleuse vit souvent très bien. En revanche, la thromboembolie artérielle ou une hernie discale sont douloureuses : le vétérinaire proposera alors un traitement contre la douleur.
Mon chaton tremble de la tête quand il mange : est-ce grave ?
Cela peut évoquer une hypoplasie cérébelleuse, liée au virus du typhus contracté avant ou juste après la naissance. Le manuel Merck précise que ce tremblement ne s’aggrave pas en grandissant, et que ces chats font souvent de très bons compagnons. Faites-le examiner pour confirmer le diagnostic et écarter d’autres causes.
L’ataxie du chat est-elle contagieuse ?
L’ataxie elle-même non. Mais certaines de ses causes sont infectieuses, comme le typhus chez la chatte gestante, d’où l’importance de la vaccination.
Sources (17)
- Wikipedia — Ataxie (nouvel onglet)
- Current definition, diagnosis, and treatment of canine and feline idiopathic vestibular syndrome, Frontiers in Veterinary Science, 2023 (Europe PMC) (nouvel onglet)
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