La gale du chat : les acariens en cause, les signes, et que faire

Ce que vous allez trouver16 sections
- En bref : les gales du chat
- Comment un chat attrape la gale
- La gale des oreilles
- La gale notoédrique
- La gale sarcoptique
- La démodécie
- La cheylétiellose
- Les aoûtats, ou trombiculose
- Croûtes et boutons sur les oreilles : d’autres causes que la gale
- La gale du chat et l’humain
- Ce qu’il ne faut pas faire
- Vous nourrissez des chats errants qui se grattent
- Chez le vétérinaire
- Quand consulter ?
- Prévenir
- Questions fréquentes
La gale du chat est causée par de minuscules acariens qui vivent sur sa peau ou dans ses oreilles. La forme de loin la plus courante est la gale des oreilles, due à l’acarien Otodectes cynotis : c’est la principale cause d’otite externe chez le chat, surtout chez les chatons. La gale de la tête, due à Notoedres cati, très contagieuse, est rarissime en France. D’autres acariens, comme les cheylétielles, causent des pellicules et des démangeaisons. Toutes ces gales se traitent avec des produits prescrits par le vétérinaire, en traitant aussi les autres animaux de la maison.
Ce contenu est donné à titre informatif. Il ne remplace pas la visite et l’avis d’un vétérinaire.
En bref : les gales du chat
| L’acarien | Où | Ce qu’on voit | Transmissible à l’humain ? |
|---|---|---|---|
| Otodectes cynotis (gale des oreilles) | Conduit auditif | Cérumen brun abondant, démangeaisons, grattage | Non cité par l’ESCCAP |
| Notoedres cati (gale notoédrique) | Oreilles, face, puis corps | Perte de poils, croûtes, démangeaisons intenses | Dermatite passagère possible |
| Sarcoptes scabiei (gale sarcoptique) | Rare chez le chat | Signes proches de la gale notoédrique | Dermatite passagère possible |
| Cheyletiella blakei (cheylétiellose) | Pelage, dos | Pellicules, peu de démangeaisons | Dermatite localisée possible |
| Demodex gatoi (démodécie) | Couche superficielle de la peau | Démangeaisons, léchage excessif, perte de poils | Non cité par l’ESCCAP |
| Aoûtats (Neotrombicula autumnalis) | Tête, oreilles, pattes, ventre | Lésions très irritantes, larves orange vif | Oui, mais depuis l’environnement, jamais depuis l’animal |
Comment un chat attrape la gale
La plupart des gales se transmettent par contact étroit entre animaux : toilettage mutuel, jeux, couchage partagé, bagarres. Cats Protection précise que ces acariens microscopiques, à peine visibles à l’œil nu, sont très contagieux, et passent d’un chat à l’autre par contact direct, mais aussi par un couchage ou des outils de toilettage contaminés. Tous ne survivent pas de la même façon hors du chat :
- les acariens des oreilles passent l’essentiel de leur vie dans le conduit auditif ou autour, mais International Cat Care indique qu’ils peuvent survivre de courtes périodes hors du chat, jusqu’à deux ou trois semaines ;
- les cheylétielles peuvent survivre dans l’environnement jusqu’à 10 jours pour les femelles, et jusqu’à un mois pour les nymphes quand il fait frais ;
- les Demodex, au contraire, sont des parasites permanents, qui ne peuvent pas survivre en dehors de leur hôte, précise l’ESCCAP ;
- les aoûtats ne passent pas d’un animal à l’autre : les larves attendent dans la végétation, et le chat les attrape dehors.
Le manuel vétérinaire Merck en tire la conséquence pratique : puisque les acariens peuvent survivre quelque temps hors de l’animal, il faut nettoyer soigneusement les couchages, les brosses et les objets de la maison, et traiter tous les chats et chiens du foyer.
Les chats les plus exposés
Les chatons, les chats qui vivent en groupe, en refuge, en élevage ou en colonie de chats libres, et les chats qui sortent et croisent d’autres chats sont les plus exposés. Les études citées plus bas montrent que les acariens des oreilles sont fréquents chez les chatons présentés à leur première visite, et l’ESCCAP souligne que la gale notoédrique se propage vite dans les groupes de chats et parmi les chatons. Un chat d’intérieur n’est pas à l’abri pour autant : Cats Protection rappelle que chats d’intérieur et chats qui sortent peuvent tous attraper des parasites, même si le risque est plus élevé pour ceux qui vont dehors.
La gale des oreilles
Un acarien très fréquent
L’ESCCAP décrit Otodectes cynotis comme un acarien qui vit à la surface de la peau, dans le conduit de l’oreille, où se déroule tout son cycle, en trois semaines environ. Il passe d’un animal à l’autre par contact étroit. On le trouve à tout âge, mais plus souvent chez les chatons, et plus chez le chat que chez le chien.
Un acarien très répandu
Les études de terrain montrent à quel point cet acarien est courant. En Grèce, une équipe a examiné en 2007-2008 214 chatons de moins de 6 mois amenés à leur première visite chez le vétérinaire : 14 % portaient des otodectes, et 17,6 % entre 3 et 6 mois contre 11,4 % avant 3 mois. Dans une autre étude grecque, publiée en 2001, 25,5 % de 161 chats sans signe de maladie en portaient ; leur présence allait souvent de pair avec un écoulement de l’oreille et des démangeaisons autour des oreilles. En Espagne, près de 30 % de 296 chats de la région de Murcie étaient infestés, davantage chez les adultes, en hiver et en périphérie des villes. Les auteurs rappellent que cet acarien touche aussi le chien et des carnivores sauvages.
Les signes
L’infestation s’accompagne d’une production excessive de cérumen brun. Le chat se gratte les oreilles et secoue la tête, au risque de se blesser ; les oreilles peuvent être rouges, d’un côté ou des deux. Certains chats tolèrent pourtant ces acariens sans signe. Rarement, une dermatite peut s’étendre au corps. International Cat Care rappelle que les acariens des oreilles passent facilement d’un chat à l’autre, et qu’un chat qui se gratte les oreilles ou les secoue doit être vu par le vétérinaire : d’autres causes, comme un épillet ou une infection, donnent des signes proches. Voyez notre guide des soins des yeux, des oreilles et de la peau.
Le diagnostic et le traitement
Le vétérinaire voit les acariens à l’otoscope, sous forme de petits points blancs mobiles, ou au microscope dans un prélèvement de cérumen. Le traitement repose sur des gouttes auriculaires acaricides ou un produit antiparasitaire adapté, après un nettoyage minutieux de l’oreille ; un traitement contre les bactéries ou les levures peut s’y ajouter. Dans une maison à plusieurs animaux, il faut traiter tous ceux qui sont en contact.
Les complications
Une gale des oreilles négligée ne reste pas toujours une simple démangeaison. International Cat Care explique qu’une infection de l’oreille, par des bactéries ou des levures, s’installe souvent à la suite d’un autre problème, comme les acariens. Et à force de secouer la tête et de se gratter, le chat peut rompre un petit vaisseau sous la peau du pavillon : c’est l’hématome de l’oreille. Le manuel Merck le décrit comme une oreille gonflée, molle, remplie de sang, parfois au point de fermer le conduit. Le traitement passe en général par une petite chirurgie pour vider et rincer l’hématome. Non traité, il finit par se résorber, mais en plusieurs mois, et l’oreille garde souvent une cicatrice qui la fripe, ce qu’on appelle une « oreille en chou-fleur ».
International Cat Care rappelle aussi que les maladies de l’oreille moyenne et de l’oreille interne, qui communiquent avec le conduit quand le tympan est abîmé, peuvent provoquer des troubles de l’équilibre. Parmi les signes qui doivent faire consulter, l’association cite :
- un gonflement, une rougeur, une douleur ;
- des plaies ou une peau croûteuse, ulcérée ;
- des démangeaisons ;
- un écoulement ou une mauvaise odeur de l’oreille ;
- des secouements de tête, ou une tête penchée d’un côté ;
- une démarche difficile, ou un chat qui tourne en rond ;
- des changements dans les yeux : pupille de taille différente, troisième paupière visible, paupière tombante.
Gale ou oreilles sales : comment faire la différence ?
Un peu de cérumen dans l’oreille d’un chat est normal. Ce qui doit alerter, c’est une production excessive de cérumen brun, souvent accompagnée de démangeaisons, de grattage et de secouements de tête. Mais vous ne pouvez pas trancher seul : les acariens, visibles comme de petits points blancs mobiles, ne se voient qu’à l’otoscope ou au microscope, et certains chats en portent sans aucun signe. À l’inverse, d’autres causes, comme une infection, donnent des signes proches, rappelle International Cat Care. Si les oreilles de votre chat se salissent vite, sentent mauvais ou le démangent, faites-les examiner.
La gale notoédrique
Très contagieuse, mais rarissime en France
Notoedres cati est un acarien propre au chat, qui creuse la peau. L’ESCCAP le signale dans toute l’Europe, mais de façon sporadique, et précise que la gale notoédrique est rarissime en France. Elle est très contagieuse et se propage vite dans les groupes de chats et parmi les chatons.
Les signes
Les premiers signes sont des zones sans poils et des rougeurs sur le bord des oreilles et la face, puis des croûtes sèches et des pellicules, et, dans les cas graves, une peau épaissie et plissée sur la tête. Les démangeaisons sont intenses : le chat se blesse en se grattant, la peau peut s’infecter, et les yeux peuvent être atteints. Les lésions gagnent le cou et le reste du corps. Non traités, des chats, surtout des chatons, peuvent en mourir.
Pour l’humain
L’ESCCAP indique que cet acarien peut provoquer chez les personnes en contact une dermatite passagère.
Le traitement
Le vétérinaire confirme le diagnostic au microscope. Le traitement associe un lavage pour ramollir et retirer les croûtes et un produit acaricide autorisé, renouvelé jusqu’à une nette amélioration, pendant au moins quatre semaines. Il faut aussi traiter tous les animaux en contact et remplacer le couchage.
La gale sarcoptique
Sarcoptes scabiei, l’agent de la gale sarcoptique, est bien connu chez le chien. L’ESCCAP précise que cette gale est rare chez le chat, où quelques cas ont été confirmés, avec des signes proches de ceux de la gale notoédrique.
La démodécie
Les Demodex sont des acariens très spécifiques de leur hôte ; chez le chat, l’ESCCAP en cite trois : D. cati, D. gatoi et D. felis. Ce sont des hôtes normaux de la peau, qui ne posent problème que lorsqu’ils se multiplient, en général à la faveur d’une autre maladie ou d’une baisse des défenses immunitaires. Seul D. gatoi est considéré comme transmissible d’un chat à l’autre.
La forme localisée de la démodécie guérit le plus souvent seule chez le chat, alors que la forme généralisée demande un traitement. L’ESCCAP précise, dans son guide de 2020, qu’aucun produit n’a d’autorisation de mise sur le marché pour la démodécie du chat ; le vétérinaire adapte un protocole utilisé chez le chien.
D. gatoi se distingue des autres : il vit dans la couche superficielle de la peau et non dans les follicules des poils, et il provoque des démangeaisons. En 2009, des vétérinaires finlandais l’ont décrit chez 10 chats de six foyers à plusieurs chats ; les démangeaisons intenses étaient le signe principal, avec des pellicules, des poils cassés et des zones sans poils. Dans un foyer, aucun des six chats n’avait de signe malgré la présence d’acariens. Les auteurs soulignent que le diagnostic est difficile, car les acariens sont translucides et le chat, en se toilettant, les élimine.
La cheylétiellose
Les cheylétielles sont des acariens qui vivent dans le pelage ; un brossage régulier aide à repérer les pellicules, voyez notre guide de la brosse pour chat. Chez le chat, l’ESCCAP décrit une dermatite légère, avec des pellicules et peu de démangeaisons, parfois de petites croûtes sur le dos. On les voit parfois comme de minuscules points blancs qui bougent parmi les pellicules. Elles passent facilement d’un animal à l’autre par contact, et peuvent survivre quelque temps dans l’environnement. Elles peuvent aussi provoquer une dermatite localisée chez l’humain. Le vétérinaire les recherche en brossant le pelage ou avec un ruban adhésif.
Les aoûtats, ou trombiculose
Les aoûtats ne sont pas une gale au sens strict, mais ce sont aussi des acariens, et ils touchent souvent les oreilles. Seules les larves de Neotrombicula autumnalis sont parasites. Elles deviennent actives par temps sec et ensoleillé, au-dessus de 16 °C, souvent de la fin de l’été à l’automne, d’où leur nom. Elles attendent dans la végétation, s’accrochent à l’animal et s’en nourrissent pendant 5 à 7 jours, avant de se détacher.
Les lésions apparaissent sur les zones en contact avec le sol : tête, oreilles, pattes, ventre. Elles démangent beaucoup et peuvent évoluer vers une dermatite avec des croûtes. Les larves se voient à l’œil nu, grâce à leur couleur orange vif. Le vétérinaire dispose d’antiparasitaires efficaces, mais l’ESCCAP reconnaît que la prévention est difficile, car un chat qui sort se réinfeste souvent. Les aoûtats piquent aussi l’humain, mais depuis l’environnement, jamais depuis l’animal.
Croûtes et boutons sur les oreilles : d’autres causes que la gale
Beaucoup de lecteurs arrivent ici avec une question précise : mon chat a des croûtes ou des boutons sur les oreilles, est-ce la gale ? Pas forcément. Le manuel vétérinaire Merck rappelle que de nombreuses maladies de peau touchent le pavillon de l’oreille. Voici les principales, à faire trier par le vétérinaire :
| Ce que vous voyez | Cause possible | Ce qui oriente |
|---|---|---|
| Croûtes sur le bord des oreilles et la face, démangeaisons intenses | Gale notoédrique | Très contagieuse entre chats, rarissime en France |
| Petits boutons qui croûtent sur le bout des oreilles et le nez | Piqûres d’insectes, allergie aux moustiques | Chat qui sort, saison des moustiques |
| Rougeurs, peau qui pèle puis croûtes au bout d’oreilles blanches | Dermatite solaire, puis cancer de la peau possible | Chat blanc ou à oreilles blanches, qui s’expose au soleil |
| Zones sans poils plus ou moins rondes sur la tête, les oreilles, les pattes | Teigne, une infection par un champignon | Jeune chat, chat à poil long, persan ; transmissible à l’humain |
| Larves orange vif, lésions très irritantes | Aoûtats | Fin de l’été, automne |
| Oreille gonflée, molle | Hématome de l’oreille | Souvent après des grattages ou des secouements de tête |
| Croûtes épaisses à l’intérieur du pavillon | Otite proliférative et nécrosante, maladie rare | Souvent vers 4 ans, peu de démangeaisons |
Le soleil et les oreilles blanches
Le manuel Merck décrit la dermatite solaire comme une inflammation de la peau due à une exposition prolongée au soleil, surtout chez les chats blancs ou à oreilles blanches : d’abord des rougeurs et une peau qui pèle au bout des oreilles, puis des croûtes, un suintement et des plaies qui cicatrisent mal. Des lésions précancéreuses ou cancéreuses, comme le carcinome épidermoïde, peuvent apparaître, parfois des années après l’exposition.
Le centre de santé féline de l’université Cornell explique que ce cancer de la peau, dû surtout aux rayons ultraviolets, se loge le plus souvent sur les tempes, le bout des oreilles, les paupières, les lèvres et la truffe, et qu’environ un chat atteint sur trois a plusieurs lésions. Au début, la lésion ressemble à une petite croûte ou à une égratignure, qui tombe puis revient des mois plus tard. Pris tôt, il se traite très bien ; négligé, il peut s’étendre et devenir mortel.
International Cat Care conseille, pour les chats les plus exposés, une crème solaire conçue pour les animaux et sûre pour le chat, sur le nez et le bout des oreilles, ou de limiter les sorties aux heures les plus chaudes. N’utilisez qu’une crème solaire conçue pour les animaux, précise International Cat Care, et demandez conseil au vétérinaire en cas de doute. Une croûte qui ne guérit pas sur l’oreille d’un chat blanc doit être montrée au vétérinaire.
La teigne, souvent confondue avec la gale
International Cat Care rappelle que la teigne n’a rien à voir avec un ver : c’est une infection par un champignon, le plus souvent Microsporum canis chez le chat. Elle donne des zones sans poils plus ou moins rondes, surtout sur la tête, les oreilles ou les pattes, avec des démangeaisons variables. Ses spores peuvent survivre jusqu’à deux ans dans l’environnement. Elle touche surtout les chats de moins d’un an et les chats à poil long, et elle se transmet à l’humain : portez des gants pour soigner un chat atteint, et consultez un médecin si votre peau change. Voyez aussi notre article sur le chat qui perd ses poils.
Les puces et les allergies, grandes imitatrices
Beaucoup de chats qui se grattent n’ont pas la gale. Cats Protection rappelle que la plupart des maladies de peau du chat viennent de parasites, d’allergies ou d’infections, souvent aggravées par le grattage. Les puces en tête : elles piquent et démangent, et un chat allergique aux piqûres de puces réagit fortement, par une perte de poils, un mâchonnement du pelage ou une peau abîmée à force de toilettage. L’association souligne qu’on ne trouve parfois aucune puce sur un chat allergique : ne pas voir de puces n’exclut donc pas une allergie aux puces. Chez le jeune chaton, une forte infestation peut même provoquer une anémie.
Les chats peuvent aussi être allergiques à des éléments de leur environnement, comme les pollens ou les acariens de la poussière de maison, réagir au contact de certains produits chimiques ou détergents, ou mal tolérer certains ingrédients de leur alimentation, même s’ils les mangeaient sans problème auparavant.
La perte de poils par léchage
Cats Protection explique que, le plus souvent, un chat qui perd ses poils se les arrache lui-même, en se léchant ou en se grattant, et qu’il le fait volontiers en cachette, au point de former des zones sans poils aux bords très nets. Les allergies, la teigne, mais aussi le stress ou une douleur localisée peuvent en être la cause. Une zone dégarnie, même sans croûte, mérite donc une visite.
Les autres problèmes d’oreille
International Cat Care cite d’autres causes de troubles de l’oreille, à ne pas confondre avec la gale : les plaies de bagarre, qui peuvent déchirer le pavillon ou former un abcès ; un corps étranger, comme un épillet, coincé dans le conduit, plus fréquent chez le chien mais possible chez le chat ; des polypes, excroissances bénignes de l’oreille moyenne ou de la trompe d’Eustache, plus fréquents chez le jeune adulte ; et, surtout chez le chat âgé, des tumeurs du conduit, bénignes ou, souvent, malignes. D’où l’importance de l’examen à l’otoscope, plutôt que de traiter « la gale » à l’aveugle.
L’allergie aux piqûres de moustiques
Le manuel Merck décrit une allergie aux piqûres de moustiques qui donne des plaies croûteuses, lentes à guérir, sur le bout des oreilles, le nez, et plus rarement les paupières ou les coussinets. De petits boutons croûtent, suintent puis sèchent, en laissant de petites zones sans poils ; dans les cas sévères, des nodules blanc rosé et des croûtes étendues peuvent apparaître. Les démangeaisons varient d’un chat à l’autre. Le manuel conseille de garder le chat à l’intérieur aux heures où les moustiques sont actifs, et de n’utiliser que des répulsifs prescrits par le vétérinaire et sûrs pour le chat.
L’acné du menton
Cats Protection signale une autre confusion possible : de petits points noirs ou des boutons qui persistent sur le menton évoquent l’acné du chat. Sa cause reste mal comprise, une allergie pouvant jouer chez certains chats. Elle guérit souvent seule, mais peut récidiver ou s’aggraver ; le vétérinaire peut conseiller un nettoyage adapté, et l’association note qu’on recommande souvent des gamelles en céramique, bien rincées de tout détergent.
La gale du chat et l’humain
Il faut distinguer deux choses. La gale humaine est due à une variété humaine de l’acarien Sarcoptes scabiei ; selon les Centers for Disease Control américains, elle se transmet surtout par un contact de peau à peau prolongé avec une personne atteinte. Votre chat ne vous donnera pas cette gale-là.
Les acariens du chat, eux, peuvent provoquer chez l’humain une dermatite passagère ou localisée : l’ESCCAP le signale pour la gale notoédrique, la gale sarcoptique et la cheylétiellose, et demande aux vétérinaires d’avertir les propriétaires de ce risque. Si vous avez des démangeaisons ou des boutons après avoir câliné un chat qui se gratte, parlez-en à votre médecin, et faites soigner le chat : l’ESCCAP parle, chez l’humain, d’une dermatite passagère. La teigne, elle, se transmet vraiment à l’humain.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Utiliser un antiparasitaire pour chien sur un chat. International Cat Care rappelle que la perméthrine, présente dans de nombreuses pipettes contre les puces et les tiques destinées aux chiens, est toxique pour le chat, et qu’un chat peut aussi s’intoxiquer au contact d’un chien qui vient d’être traité. Si cela arrive, contactez tout de suite le vétérinaire. L’ESCCAP précise d’ailleurs que les pyréthrinoïdes de synthèse sont réservés au chien.
- Appliquer une crème ou une pommade pour humains. Cats Protection prévient que certains produits pour la peau conçus pour les humains peuvent être toxiques pour le chat.
- Tenter un remède maison, huile, vinaigre ou complément non conseillé par le vétérinaire : Cats Protection déconseille ces traitements, qui peuvent aggraver le problème ou retarder la guérison.
- Enfoncer un coton-tige dans l’oreille : le vétérinaire nettoie l’oreille avant le traitement, et vous montrera, si besoin, comment faire sans blesser le conduit.
- Traiter un seul animal quand plusieurs vivent ensemble : les autres le réinfesteront.
Vous nourrissez des chats errants qui se grattent
Dans une colonie de chats libres ou un groupe de chats errants, une gale notoédrique ou une teigne peut passer d’un chat à l’autre très vite, et l’ESCCAP souligne que la gale notoédrique se propage rapidement dans les groupes de chats et parmi les chatons. Si plusieurs chats du groupe perdent leurs poils sur la tête et les oreilles, avec des croûtes, prévenez l’association qui s’en occupe, ou la mairie, et demandez l’avis d’un vétérinaire : c’est tout le groupe qu’il faudra traiter. Portez des gants pour les manipuler, lavez-vous les mains ensuite, et ne ramenez pas chez vous, sans examen, un chat qui se gratte si vous avez d’autres animaux.
Chez le vétérinaire
Le diagnostic repose sur l’examen et sur la recherche des acariens. L’ESCCAP décrit les prélèvements utilisés : un raclage profond de la peau pour les Demodex, les sarcoptes et les notoèdres, un brossage du pelage pour les cheylétielles, un prélèvement de cérumen pour les otodectes. International Cat Care ajoute l’examen à l’otoscope, jusqu’au tympan, et, si besoin, un prélèvement à la recherche de bactéries ou de levures. Le manuel Merck précise que les acariens sont parfois difficiles à trouver, si bien que le vétérinaire peut décider de traiter même sans les avoir vus, quand les signes sont évocateurs.
Cats Protection note que le vétérinaire vous posera des questions sur l’histoire du chat, son mode de vie, son alimentation et les signes observés, et qu’un traitement peut associer la lutte contre la cause et le soulagement des démangeaisons ou des infections associées. Certaines maladies de peau ne guérissent pas mais se contrôlent par un traitement au long cours ; la gale, elle, se traite en général complètement, à condition de traiter tous les animaux et la maison.
Pour les aoûtats, l’ESCCAP rappelle que les larves résistent bien aux conditions climatiques, que les femelles peuvent vivre plus d’un an, et qu’il y a en général une génération par an dans les régions tempérées, plusieurs dans les régions chaudes. C’est pourquoi un chat qui sort au même endroit se réinfeste d’une année sur l’autre, à la même saison. Le vétérinaire dispose d’antiparasitaires autorisés chez le chat qui tuent ces larves.
Un pelage en bonne santé
Cats Protection rappelle que l’aspect de la peau et du pelage reflète la santé générale du chat : un pelage sain est lisse et brillant, et la peau n’est ni squameuse ni bosselée. Un pelage terne, clairsemé, emmêlé, ou une peau qui pèle ou s’épaissit, doivent faire consulter, même sans démangeaison.
Donner le traitement sans stress
Mettre des gouttes dans les oreilles d’un chat qui a mal n’est pas toujours simple. Les lignes directrices de 2022 de l’AAFP et de l’ISFM sur la manipulation des chats recommandent une approche douce : peu de contention, des friandises, une serviette ou une couverture pour l’envelopper s’il le supporte, et des pauses dès qu’il s’agite. Demandez au vétérinaire de vous montrer le geste à la clinique, choisissez un moment calme, et récompensez votre chat juste après. Si vous n’y arrivez pas, dites-le : il existe parfois d’autres formes de traitement, plus faciles à administrer.
Nettoyer la maison
L’ESCCAP recommande de passer l’aspirateur tous les jours pendant le traitement, pour limiter le nombre de parasites capables de survivre dans l’environnement, comme les cheylétielles. Lavez les couchages, plaids et coussins où dort le chat, nettoyez ses brosses et ses peignes, et, pour la gale notoédrique, remplacez le couchage, comme le conseille l’ESCCAP.
Quand consulter ?
Cats Protection conseille de consulter le vétérinaire en premier dès que la peau de votre chat change : démangeaisons, léchage excessif, perte de poils, pellicules, croûtes, rougeurs. Les acariens ne sont qu’une cause parmi d’autres, avec les puces, les allergies et les infections, comme la teigne, qui peuvent donner des signes semblables. Voyez notre guide anti-puces et anti-tiques.
Prévenir
- Traiter tous les animaux de la maison en même temps, comme le recommande l’ESCCAP.
- Isoler un nouveau venu qui se gratte, le temps de le faire examiner.
- Laver ou remplacer le couchage d’un chat atteint.
- Brosser régulièrement votre chat, conseille Cats Protection : cela retire les poils morts et permet d’inspecter sa peau et son pelage.
- Maintenir un traitement antiparasitaire régulier, avec des produits prescrits par le vétérinaire, pour tous les animaux de la maison, comme le recommandent Cats Protection et International Cat Care.
- Protéger les oreilles blanches du soleil : Cats Protection conseille de garder les chats blancs, ou aux oreilles, au nez et aux paupières blancs, à l’abri du soleil entre 11 heures et 16 heures en été.
- Faire examiner les chatons adoptés, plus souvent porteurs d’acariens des oreilles : voyez notre article sur le développement du chaton et, si vous accueillez un nouveau chat, notre article sur l’adoption d’un deuxième chat.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon chat a la gale des oreilles ?
Il se gratte les oreilles, secoue la tête, et son conduit auditif contient beaucoup de cérumen brun. Le vétérinaire confirme en voyant les acariens à l’otoscope ou au microscope.
La gale du chat est-elle transmissible à l’homme ?
La gale notoédrique, la gale sarcoptique et la cheylétiellose peuvent provoquer chez l’humain une dermatite passagère ou localisée.
La gale du chat est-elle contagieuse entre chats ?
Oui : les acariens passent d’un animal à l’autre par contact étroit. Traitez tous les animaux de la maison.
Comment soigner la gale du chat ?
Avec un traitement acaricide prescrit par le vétérinaire, après un nettoyage des oreilles ou un lavage de la peau selon le type de gale, et en traitant les autres animaux.
Mon chat a des croûtes sur les oreilles : est-ce la gale ?
Pas forcément. La gale notoédrique en donne, mais aussi les piqûres de moustiques, le soleil sur des oreilles blanches, la teigne ou les aoûtats. Seul le vétérinaire peut faire la différence, par un examen et parfois un prélèvement.
Comment savoir si mon chat a les oreilles sales ou la gale ?
Un cérumen brun et abondant, avec des démangeaisons et des secouements de tête, oriente vers la gale des oreilles. Mais seuls l’otoscope ou le microscope montrent les acariens, et certains chats en portent sans signe.
Un chat peut-il transmettre la gale humaine ?
Non. La gale humaine est due à une variété humaine d’acarien, transmise entre personnes. Les acariens du chat peuvent seulement provoquer chez l’humain une dermatite passagère.
Qu’est-ce que la gale démodécique du chat ?
C’est la démodécie, due à des acariens du genre Demodex. Elle guérit souvent seule sous sa forme localisée. Demodex gatoi, transmissible entre chats, provoque des démangeaisons.
Peut-on utiliser un antiparasitaire pour chien sur un chat ?
Jamais. International Cat Care rappelle que la perméthrine, présente dans de nombreux produits pour chiens, est toxique pour le chat. Si vous en avez appliqué par erreur, ou si votre chat a été en contact avec un chien fraîchement traité, appelez tout de suite le vétérinaire.
Combien de temps l’acarien de la gale survit-il hors du chat ?
Cela dépend de l’acarien. Les acariens des oreilles peuvent survivre jusqu’à deux ou trois semaines hors du chat ; les cheylétielles jusqu’à 10 jours, voire un mois pour les nymphes ; les Demodex ne survivent pas hors de leur hôte.
Faut-il aussi traiter mon chien ?
Oui, s’il vit avec le chat atteint : le manuel Merck conseille de traiter tous les chats et chiens de la maison, avec des produits adaptés à chaque espèce, prescrits par le vétérinaire.
Mon chat a l’oreille gonflée : est-ce grave ?
C’est souvent un hématome, dû aux secouements de tête et aux grattages, par exemple à cause d’acariens ou d’une otite. Le manuel Merck indique qu’il se traite en général par une petite chirurgie ; non traité, il se résorbe en plusieurs mois et l’oreille peut rester fripée. Consultez le vétérinaire.
Mon chat se gratte mais n’a pas de puces : est-ce la gale ?
Pas forcément. Cats Protection rappelle qu’on ne trouve parfois aucune puce sur un chat allergique aux piqûres de puces, et que les allergies à l’environnement ou à l’alimentation donnent aussi des démangeaisons. Le vétérinaire fera la différence.
Peut-on soigner la gale du chat avec un remède naturel ?
Non. Cats Protection déconseille les remèdes maison, huiles ou compléments, qui peuvent aggraver le problème ou retarder la guérison. Seul un traitement acaricide prescrit par le vétérinaire élimine les acariens.
La gale des oreilles peut-elle revenir ?
Oui, surtout si tous les animaux de la maison n’ont pas été traités en même temps, ou si le chat retrouve un congénère infesté. Traitez tout le foyer, nettoyez les couchages, et suivez le traitement jusqu’au bout, même si les démangeaisons cessent avant.
Combien de temps dure le traitement de la gale notoédrique ?
Le traitement acaricide se poursuit jusqu’à une nette amélioration, pendant au moins quatre semaines, en traitant tous les animaux en contact.
Mon chat a la gale : puis-je le câliner ?
Oui, avec quelques précautions : lavez-vous les mains après l’avoir touché, ne le laissez pas dormir dans votre lit le temps du traitement, et lavez ses couchages. Tenez aussi les jeunes enfants à l’écart des soins, et évitez qu’ils portent le chat contre leur visage. Si des démangeaisons ou des boutons apparaissent sur votre peau, parlez-en à votre médecin : l’ESCCAP signale que certains acariens du chat peuvent provoquer chez l’humain une dermatite passagère.
Les aoûtats sont-ils dangereux pour mon chat ?
Ils provoquent des lésions très irritantes sur la tête, les oreilles, les pattes et le ventre, surtout de la fin de l’été à l’automne. Le vétérinaire peut prescrire un antiparasitaire efficace.
La gale des oreilles est-elle grave ?
Elle est inconfortable, et le grattage peut blesser le chat ou infecter l’oreille. L’ESCCAP précise qu’un traitement antibiotique ou antifongique peut être nécessaire si l’oreille s’infecte.
Sources (14)
- ESCCAP — Lutte contre les ectoparasites des chiens et des chats, guide de recommandations n° 3 (PDF) (nouvel onglet)
- International Cat Care — Ear problems in cats (nouvel onglet)
- Cats Protection — Skin problems in cats (nouvel onglet)
- Lefkaditis M.A., Koukeri S.E., Mihalca A.D. — Prevalence and intensity of Otodectes cynotis in kittens from Thessaloniki area, Greece, Veterinary Parasitology, 2009 (nouvel onglet)
- Sotiraki S.T. et al. — Factors affecting the frequency of ear canal and face infestation by Otodectes cynotis in the cat, Veterinary Parasitology, 2001 (nouvel onglet)
- Fanelli A. et al. — Otodectes cynotis in urban and peri-urban semi-arid areas: a widespread parasite in the cat population, Journal of Parasitic Diseases, 2020 (nouvel onglet)
- Saari S.A. et al. — Demodex gatoi-associated contagious pruritic dermatosis in cats, a report from six households in Finland, Acta Veterinaria Scandinavica, 2009 (nouvel onglet)
- Merck Veterinary Manual — Disorders of the Outer Ear in Cats (propriétaires) (nouvel onglet)
- Cornell Feline Health Center — Squamous Cell Cancer: Dangerous (nouvel onglet)
- International Cat Care — Should I use sunscreen on my cat? (nouvel onglet)
- International Cat Care — Ringworm in cats (nouvel onglet)
- CDC — About Scabies, 09/09/2024 (nouvel onglet)
- International Cat Care — Cats and poisons (nouvel onglet)
- Rodan et al., 2022 AAFP/ISFM Cat Friendly Veterinary Interaction Guidelines: Approach and Handling Techniques, Journal of Feline Medicine and Surgery, 2022 (PMC) (nouvel onglet)
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